What’s up Goa !

Ou comment cette colonie portugaise est devenue une capitale hippie puis quelque chose d’assez différent.

Avant toute chose un peu d’histoire : les Hippies et Goa …

D’une superficie égale à la moitié de la Corse et comptant aujourd’hui environ 1,5 millions d’habitants,  Goa est passé sous contrôle portugais au début du XVI ème siècle.

Même s’ils voient d’abord Goa comme une simple colonie et une base navale, les portugais ont pour la région une vision au long terme. Pour péréniser leur présence, ils encouragent leurs hommes à s’y marier et respectent (à peu près) les traditions locales. Goa deviet rapidement un élément incontournable de l’empire portuguais, tant au niveau culturel que commercial.
L’Inde gagne son indépendante en 1947 mais ce n’est qu’en 1961, suite à une reconquête largement facilitée par l’armée portugaise, que Goa est officiellement le intégrée dans l’Union Indienne.
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C’est à la même époque que certains jeunes américains délaissent leurs coiffeurs préférés.

Les jeunes baby boomers rejettent les valeurs de leurs parents et s’opposent à la société de consommation. Ils revendiquent leurs différences notamment par leurs codes vestimentaires et coiffures atypiques et par leur vision libérale des relations amoureuses.
Contre-culture à l’état pur, le mouvement s’étend géographiquement et trouve de nouveaux adeptes à travers le monde. De nombreux français s’y retrouvent d’ailleurs (vous vous souvenez sûement de Monique ?).

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L’Inde voit les premiers chevelus s’installer sur son sol assez vite (toujours dans les années 60). Poussés par La Recherche de Soi, les jeunes hippies parcourent le monde. Après Londres, Amsterdam et Istanbul, chassés de Katmandou, c’est à Goa qu’ils trouveront leur terre promise. Outre de par sa facilié d’accès, le choix s’expliquerait essentiellement par les qualités estétiques et météorologiques de l’Etat. Les hippies colonisent tranquillement les plages et s’installent dans les villages de pêcheurs aux maisons collorées.

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C’est l’avènement du rock psychédélique, du yoga et de l’usage des psychotropes.

Dans les années 1990 c’est la culture techno / transe qui s’y impose.
L’état attire de plus en plus de monde ; indiens fortunés et clientèle étrangère aisée débarquent. Les hippies s’exilent alors vers le nord (où nous étions).

L’arrivée massive des russes venus profiter des plages et se saouler à bas côuts mettra le dernier coup de glaive dans l’empire hippie. Les derniers résistants finiront par se retirer dans le calme des montagnes.

 

Mais alors, qu’est ce que Goa aujourd’hui ?

Nous avons séjourné dans deux villages côtiers au nord de Goa : Anjuna et Arambol. Dans les deux cas la même « architecture » : des cahutes bordant la longue plage de sable fin et des rues à l’arrière formant le village.

Dans les villages vous trouverez essentiellement de quoi ravire le touriste : guesthouses, restaurants et boutiques de souvenirs, partout … Bijoux, fringues de baba, papier toilette et eau minérale.

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Sur la plage on est heureux de voir que le béton ne sert qu’aux fondations (et encore, à priori le sac de riz rempli de sable fait bien le boulot aussi). Les constructions d’un étage maximum sont faites de bambou, paille et feuilles de palmiers. Tous les shacks servent à boire et à manger. Les prix nous permettent de nous faire plaisir sans (trop) compter (comptez 1€ la bière ; 5€ le repas).

La première ville, Anjuna, a plus dévié vers le tourisme de masse. Ici vous pourrez faire du jet ski ou de la banane traqutée sur de la délicieuse techno russo-allemande. Nous ne sommes pas restés …

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A Arambol, plus calme, pas de bruit de moteurs ni de beaufs en gilets de sauvetage. C’est plutôt le calme environnant ; ce sont les rythmes transe et reggae qui vous accueillent. La population touristique est plus à cette image. Globalement, c’est bien plus Shanti Shanti (j’adore cette expression !).
Des Beach party sont organisées tous les soirs et pour peu que vous ne vous arrêtiez pas au premier Shack venu, il est à peu près sûr que vous trouverez l’ambiance qui vous convient.
La plage, éclairée de milliers de bougies et de quelques feux de bois est belle de nuit, magique …

Et alors, qui croise t-on à Goa ?

Vous l’aurez compris, l’ère des hippies et révolue. Aujourd’hui on croise surtout des touristes. Venus profiter du cadre idyllique, ils viennent seuls, en famille (on croise beaucoup d’enfants) ou entre amis. Beaucoup de russes, des anglais, très peu de français.

Les familles les plus « roots » sont belles. Le soir venu les enfants dansent avec maman devant le feu après une longue journée de châteaux de sable entre amis.

La journée on surprend de nombreux jeunes, « roots » eux aussi, s’adonner à la méditation et au yoga sur la plage. Le soir c’est à l’odeur que remarquerez que vous n’êtes pas isolé.

Jeune yogi à Goa

Enfin, on croise des indiens, beaucoup d’indiens.
Ceux qui travaillent dans les shacks bien sûr *, mais aussi d’autres indiens issus de milieux plus aisés. Ils viennent se faire plaisir dans le Saint-Tropez local. Il ne faut pas oublier les mendiants qui sillonnent la plage du lever au coucher du soleil, essayant de vendre des bijoux ou limitant l’approche à une main simple main tendue.

Jeunes indiens jouant au football a goa

A Goa nous nous sommes senti bien. Au calme, sereins. Comme si le temps s’était arrêté. On imagine facilement comment les gens finissent pas y passer des mois, sans même vraiment s’en rendre compte.
Il faut maintenant avancer et notre prochaine étape, d’où je finis cet (interminable) article. Hampi. Nous nous rapprochons des temples et d’un autre type de spiritualité.

Il est 7h30 ce matin. Je vais bientôt perdre Héléna. Après une nuit de bus mouvementés nous sommes arrivés ici vers 6h. Nous attendons notre chambre en admirant les pèlerins déjà très nombreux aux portes du temple Virupaksha.
Bonne journée.

* Ne ratez pas le portrait de Sukanta Das, Beach Boy à Goa !

 

4 réflexions sur “What’s up Goa !

  1. Joelle dit :

    Merci Thib pour ce moment historique sur Goa. Ça fait envie! Ce qui me plaît beaucoup c’est les petites cahutes sur la plage

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