La ville qu’on a failli détester

Hello les radis,
Un des « problèmes » auquel on est confronté lorsqu’on voyage, c’est qu’on ne sait jamais comment sera l’étape suivante.

La prochaine ville, le prochain pays, est-ce que ce sera mieux ou moins bien ?
Les gens, les rencontres, les paysages…

Rivière nam ou laos

Et bien c’est ce qui nous est arrivé il y a quelques jours. Après quelques jours à looser dans nos hamacs façon rosbifs en suspensions, nous voilà partis pour une nouvelle ville au nom mystérieux de Muang Khwa.

Et là, dès le départ, ça sent le poney…

Il va falloir prendre un pirogue dont la flottabilité reste à prouver, pendant 5h, descendre pendant les rapides pour escalader les rochers car l’eau est trop basse, le tout entassés entre des poussins vivants, des poissons chats morts, des touristes et des locaux.

Muang Kwa bateau

Arrivés à l’aube, nous arrivons à obtenir avec un couple de toulousains des places de choix dans la chaloupe, c’est à dire les anciens sièges d’une Renault 5 vissés sur la barquette.
Rien ne se perd, tout se transforme.
Les badauds restants s’entassent sur des planches à l’arrière.
À mi chemin, une blonde, très prochainement surnommée : la connasse, dont le fessier proéminent devait pourtant rendre la planchette aussi confortable que les sièges de la feu-Renault, se fend avec dédain d’un commentaire désobligeant : « vous auriez au moins pu proposer d’échanger les sièges, c’est le minimum« .

Partagée entre l’envie de la balancer par dessus bord et celle de lui rétorquer que « ça aurait été avec plaisir si elle l’avait demandé aimablement, mais que dans ces conditions elle pouvait se le carrer la où je pense« , je me lance dans une introspection bouddhique et nous laissons à l’opulente et ses sbires nos trônes.
Un peu plus tard, l’opulente se colle à moi sur une planchette et essaye de gratter l’amitié lorsque je parle de fondue savoyarde, sauf qu’on ne plaisante pas avec le fromage, et encore moins avec les connasses. Je pense qu’elle l’a compris.

Nous débarquons une éternité plus tard, et à la limite de l’inanition, sur les rives de Muang Khwa : la ville fantôme.
Enterrée sous une couche de nuage épaisse, entre immeubles en constructions et coulées de boue, nous n’avons qu’une envie : partir au plus vite pour la prochaine étape !
Sauf que fichtre et poils de boucs : en raison d’un nouveau barrage les bateaux ne partent plus vers notre prochaine étape, et le bus fait globalement le tour du laos avant de s’y rendre, soit plus de 12 heures de voyage !

Nous sommes faits comme des rats ! Séquestrés dans la ville , heureusement avec le couple de toulousains, nous n’avons pas d’autres choix que de rompre notre abstinence de bières.

rencontre toulouse
Nous trouvons un bar des plus local, une sorte de hangar sans mur posé sur la rivière, avec barbecue au feu de bois au milieu de la table.
Après avoir essuyé une tornade, un groupe de laos vient nous rejoindre dans ce bar dans lequel nous étions les seuls clients.

pont laos

Mais il faut savoir que le lao est très festif et porté sur la bouteille.
D’ailleurs quand un groupe de laos s’installe dans un bar on ne lui apporte pas une bière par personne mais une ou plusieurs caisses de bières qu’on pose à côté de la table.

À l’aide de Thib « l’animal social », nous voilà en deux minutes bras dessus bras dessous avec les laos et les toulousains entrain de faire des concours de culs secs en chantant Soy Soy, le « Il est des nôtres » local.

À 21h nous avons couché les derniers laos survivants et nous nous apprêtons à rentrer en ville, lorsque nous entendons de la musique… [NDLR : chose assez intrigante pour une ville sans électricité]

Ni une ni deux nous voilà incrustés dans une maison laotienne à danser au milieu de plusieurs familles. C’est parti pour une session de clubbing laotien et bataille de glaçons avec Mamie, Papi et toutes les générations !

laos soirée 3

Après quelques heures de danses, et essayant de préserver nos hommes qui se faisaient tripoter les baloches par mamie Laos et sa descendance, on remarque une petite fille qui a une grosse gastro dans la chambre d’à côté. Encore une qui me vomi sur les pieds.

thib quinn

Ni une ni deux, Thib change de casquette et se transforme en Docteur Quinn auprès de la fillette.

De mon côté je suis plus proche de l’Indien mutique mais je lègue mon gri-gri perso, ma trousse de secours  smecta-tyorfan-vogalène pour sauver la fillette.
Le chef de famille nous remercie et nous les remercions tous pour cette merveilleuse soirée !

laos soirée 2

J’aurais du mal à nous imaginer laisser entrer 4 touristes éméchés ne parlant pas français chez nous et faire la fête avec eux toute la soirée, mais ici c’est ça, et on les en remercie mille fois !

soirée laos 1

5 réflexions sur “La ville qu’on a failli détester

  1. Cam dit :

    Les meilleurs souvenirs sont toujours les plus inattendus.
    Trop de belles rencontres humaines ou tout le monde aime son prochain
    Les radis sont en effet de retour ,croquant et sympathique .

  2. joelle dit :

    Eh ouais ya des gens sympas à Toulouse ! Et les toulousains sont festifs, presque autant que les laos je pense.
    Merci pour le lien vers un autre récit de voyage, c’est super je vais pouvoir rêvasser un peu plus

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