Le changement, c’est maintenant

On nous a récemment demandé si l’on pensait avoir changé depuis notre départ. Arrivés à la moitié du périple (au moins pour Thib qui rentre mi juin), c’est un moment opportun pour se poser la question …

Alors OUI, on a complètement changé ! On est clairement plus les mêmes personnes qu’il y a 3 mois …

  • Baboss à 100%, on vit avec 3 € par jour, on a arrêté la viande et on ne mange quasiment plus que du riz.
  • Helena apprends la guitare et ne se déplace plus sans l’instrument. Elle envisage d’ailleurs de se la faire tatouer sur le mollet.
  • Conscients de notre empreinte écologique, on ne se lave plus que tous les deux jours ; et pour les cheveux c’est 1 fois par semaine.
  • Enfin, et surtout, plus matérialistes pour un sou et totalement humanistes, on ne pense plus jamais à notre bonheur personnel et ne nous delectons plus que de notre rapport aux autres.

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Foutaises ! En réalité, avant on aimait pas trop les gens … Maintenant on les déteste ! Et Vlan !

Soyons sérieux … Pas vraiment de changements radicaux de nos petites personnes mais malgré tout quelques évolutions notoires :

  • Héléna sait lire une carte et se repérer au soleil.
    Encore un peu et on la laisserait presque conduire un scooter.
  • On a perdu l’un envers l’autre le peu de pudeur qui nous restait. La faute aux portes de toilettes absentes dans un gite sur deux.
  • On apprend ce qu’est de partager notre vie 24h/24. Et on peut dire que ça se passe bien. On parlait d’ailleurs hier soir de la valeur du silence. Le changement en fait, plus que d’être tout le temps ensemble, c’est de ne jamais être seul. Encore une fois, on est au top.image
  • On vit avec quelques tee-shirts et on a a peu près perdu l’envie d’en avoir d’autres.
    Désormais plus d’habits blancs dans le lot, le plus clair qu’il nous reste est un vague blanc jauni.
    A ce sujet on est devenu des pro de la lessive à la main … Et du bouclage de sac quotidien.
  • D’ailleurs l’expression « on passe à la maison ? » a un peu changé de sens. La maison maintenant c’est le lieu où on a laissé notre sac a dos pour la journée.
    On se déplace sans trop de galères, c’est d’ailleurs devenu assez fluide. On glisse tranquillement et à peu près sans accrocs. Il faut dire que l’itinérance en Asie en 2016 n’est pas si difficile …
  • Sinon, ça fait 3 mois qu’on ne s’est pas fait à manger. Vive le Resto.
    On mange partout, notamment dans la rue. Plus trop de questions sur les aliments, leur cuisson, leur lavage etc.
    On a pas encore réussi à arrêter la viande, même si on aimerait bien. Pour être honnêtes, on a pas non plus tellement essayé …
    On n’a par contre toujours pas gouté de grillons, pâtes de poulets frites ou serpent.image
  • Du coup on vous passe les détails mais on a découvert de nouvelles sensations dans nos bas ventres au fil de ces quelques semaines.
    Thib s’est d’ailleurs découvert une amie, la douchette à côté des toilettes. Version asiatique du PQ, c’est plutôt pas mal quand le besoin est régulier.
  • Côté corporel c’est à peu près tout. Pas encore de tattoo ni de dread locks ; même si Héléna est sur la voie…
  • Sinon, comme vous vous en doutez, on n’a pas très envie de rentrer et encore moins de partir rebosser. On s’y fait bien à cette petite vie de vacanciers voyageurs…
    Et nos journées sont si riches 🙂
    A ce sujet, on manque de temps. Franchement, on l’aurait pas parié. Quasiment même pas le temps de lire, de glander ou de se prélasser devant un film.
  • Enfin, aussi, surtout, on se rend compte que les amis et la famille nous manquent. Qui l’eût cru d’ailleurs ?
    Mais la bouffe aussi. D’ailleurs on attends toujours notre gigot !

Bécots

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Ko Phi Phi Ko Bo Beauf

On vous avait promis du lourd concernant nos rencontres thaïlandaises, c’est le moment de tenir notre parole.

imageVous connaissez déjà René la taupe, on ne vous a pas encore parlé de ses enfants, neveux et amis beaufs croisés quelques jours plus tôt sur l’ile de Ko Phi Phi.

Ko Phi Phi c’est un petit bout de paradis d’à peine quelques kilomètres carrés.

A priori insatisfaits par sa beauté naturelle et avides de nouveaux euros tous frais, les thaï ont décidé il y a quelques années de transformer cette île en « party island » (comprendre île dédiée à la fête).

C’est là que le paradis tropical s’est transformé en paradis anthropologique …

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imageLa clientèle est énorme mais cette fois ce n’est pas du surpoids de René que l’on parle.
On a l’impression d’être dans un remake grandeur nature des Chtis à Mykonos (#makak).

Débardeur trop petit, coupe à la con, casquette ou chapeau dégeu, on reconnait vite les habitués.

Le pipien moyen s’est préparé toute l’année à la salle de muscu et c’est enduit d’huile végétale bon marché qu’il exhibe fièrement son nouveau tatoo tribal.

Perche à selfie dans la main, boxer à flammes, il entame sa parade nuptiale.

Ce soir c’est sûr, il conclût avec Jennifer !

Je nous concède quand même un point commun, moi non plus je ne suis pas très habile pour conclure lorsque 100 % sobre (désolé Mamie).

Pleine de ressources, la bête ne se laisse pas abattre pour autant (jeu de mots) ; c’est dès son réveil que Steven cherche la force à grands coup de buckets (littéralement un seau en anglais). Les verres étant sûrement trop petits sur cette île, c’est par seaux qu’on vend à l’animal ses doses de cocktails tièdes.

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Étonnamment, soleil et alcool bas de gamme ne l’aideront pas auprès de ces dames.
Pas de panique, Steven a de la ressource : il y toujours les masseuses ! Changement de robes à la tombée de la nuit, elles se sont désormais prostituées.

On vous l’avait dit que Steven allait choper !

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NB : Rendons tout de même justice à Ko Phi Phi :

Papitos et mamitos se couchent tôt en voyage. On n’était donc pas dans le trip #megabeauf mais ça nous a permis de profiter d’une autre partie de l’île :
Les paysages sont vraiment canons, les plongées sont carrément exceptionnelles et on trouve quelques bars et restos encore interdits aux animaux.
On y passe de bons moments, on peut bien manger et rencontrer des gens vraiment sympas.

Un grand merci à nos guides palmés, vous avez été au top !

Koh Lanta – on a gagné l’immunité

Hello les poulets,

Nous revoilà après deux jours passé à Koh Lanta.

Point de défis d’agilité, pas de course de sacs et encore moins de chenilles vivantes avalées. Peut être un peu d’apnée, j’admets, mais on s’est arrêté là pour les défis en tous genres.

Pour la petite histoire, l’émission éponyme de TF1 n’a d’ailleurs jamais été tournée sur cette île.

Koh Lanta - notre cabane

Cette petite île de 25 km de long sur 3 de large est ma foi fort sympathique. On nous avait vendu les touristes chinois en maillots de bain intégraux (type de burkini asiatique anti soleil) et bouées de sauvetage, que nenni !

Ici, les minuscules villages s’enchaînent au rythme des plages, de plus en plus sauvages plus on fait route vers le sud. On commence avec de petits bar-restos en « dur », on continue avec les huttes en bambou et on finit avec les singes.

Koh Lanta - le totem

imageCes sales bâtards ont d’ailleurs essayé de nous braquer. On se méfiait surtout des humains mais a tord. Une fois notre garde baissée, constatant le peu de monde sur la plage, on a eu la surprise de voir un singe tenter de nous faire les sacs. À voir son agilité, il s’était clairement déjà largement fait la main. Vous connaissez la désormais célèbre danse du bambou ? C’est une technique assez similaire qui a permis de le faire fuir.

Visite express du coup mais fort sympathique. Plage, bronzette et jeux aquatiques … Après deux mois à arpenter les rues asiatiques, la pause tombe à point nommé !

Koh Lanta - sunset

Nous voguons désormais vers notre prochaine destination : Ko Phi Phi. Plus de monde parait-il, mais aussi et surtout une vie marine et des plongées sublimes.
On vous fait le débrief très vite.

Bonnes bulles

Koh Lanta - la mer et le rocher

Birmanie Birmanus

Désolé pour le titre, je n’ai pas pu m’en empêcher.

Une des choses les plus marquante de notre visite restera sans conteste la gentillesse de ses habitants. Ça fait un peu cliché j’en conviens, mais c’est pourtant l’heureuse vérité.

Ici l’échange de sourire est la norme. Souriez et vous êtes sûrs de recevoir la pareille.
Vous aurez alors le plaisir de profiter de ces dentitions parfaites. Édenté par l’abus de Béthel, le birman sourit rouge, au sens propre du terme. *

Pas une heure se passe sans croiser des personnes qui viennent à votre rencontre pour vous saluer.

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C’est encore plus frappant avec les enfants qui sont eux carrément excités par la rencontre. Il n’est pas rare qu’ils vous courent après pour vous arracher un hello, un bonjour ou un Mingalaba. Ajoutez à la scène une dizaine d’autres enfants qui jouent de la musique et dansez avec eux, le moment restera gravée longtemps dans votre mémoire.

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L’enthousiasme se partage aussi avec les adultes.

Le contexte propice à la rencontre s’amplifie exponentiellement au fil de l’éloignement des noeuds touristiques. La différence se ressent d’un village à l’autre, il suffit de ne plus être sur le lieu de passage massif de l’amas blanchâtre.

On s’étonne souvent que le tourisme dans le pays ait « déjà » 5 ans. Souvent on a l’impression d’être le premier blanc à passer les portes du village. On créé l’événement. On attise les curiosités. Il n’est pas rare de se voir offrir un fauteuil et un thé dans la rue par de parfaits inconnus …

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Vient alors le moment de l’échange. Nos hôtes sont largement aussi curieux que nous.
C’est d’ailleurs souvent assez cocasse. Dans les villages peu sont les birmans anglophones.
On communique comme on peut. Par les mots très peu, par les gestes un peu, et par les sourires et les rires surtout. Que de moments exceptionnels !

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On ne se comprends pas vraiment mais on profite mutuellement de la présence et de la gentillesse de l’autre. D’égal à égal on se toise, on échange et on se marre !

Quel plaisir aussi de parfois passer simplement inaperçu. Arriver dans un village et se fondre dans la vie. Ne pas poser de différence c’est se faire accepter et intensifier ensuite les échanges.

IMG_0336Assister à un combat de coq dans la rue, partager un cigare et un verre de gnole au coin du feu, se marrer a travers le paravent de la « douche ». Les moments de partage ont été nombreux et ce serait vous ennuyer que de tous les lister.

Parlons quand même des visites d’entreprises et des habitations. Les gens vous arrêtent dans la rue pour vous montrer leur quotidien, fiers de leur cadre de vie et heureux de le partager.

Enfin, une petite pensée pour Eindawbar, notre nouveau pote moine bouddhiste, qui nous a fait visiter son monastère de long en large. Dommage qu’ils jeûnent chaque soir, on aurait eu plaisir à l’inviter à dîner. Tant pis, on suivra ses aventures sur Facebook. C’est pas parce qu’on est moine qu’on est pas connecté !

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On gardera malgré tout une petite frustration. Faute à la barrière de la langue, on regrettera de ne pas avoir pu discuter en profondeur, en apprendre d’avantage sur la vie, les pensées, parler de ce qui nous unie et de ce qui nous différencie. Partager notre vision mais surtout recueillir la leur.

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Ici, la drogue acceptée et utilisée quasiment à l’unanimité, c’est le bethel. Feuilles qu’on mélange avec de la poudre de cailloux et d’autres ingrédients inconnus, le bethel est chiqué par les birmans de tous âges. Résultat : dents déchaussées, gencives rouge flash et crachats continuels de ce jus rougeâtre à l’odeur forte.

Allez, en bonus, quelques dernières photos de Birmanie. À très vite, depuis la Thaïlande !

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Auroville – Harmonie, méditation, rencontres et gros sous

Auroville, la ville dont on ne sait quoi penser…

Avant toute chose, tradition oblige, un peu d’histoire !

Inaugurée en 1968, Auroville est née du rêve d’une femme française : La Mère.
Arrivée en Inde en 1914 elle rencontre Sri Aurobindo, ex figure de la lutte pour l’indépendance de l’Inde reconverti depuis en guru yogi.
Il fédère autour de lui une communauté dont la Mère prendra la charge à sa mort.

Dans un texte fondateur pour Auroville, elle décrit le besoin d’établir un lieu n’appartenant à personne, où tout homme pourrait vivre librement en n’obéissant qu’à « la seule autorité de la suprême vérité ». Elle souhaite établir « une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre ensemble en paix, dans une parfaite harmonie, audelà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités ».

 

La communauté s’installera à quelques kilomètres de la ville de Pondichéry.

imageLa cité prend forme autour du Matrimandir, bâtiment  » à la fois symbole d’Auroville et lieu dédié à la concentration.

La mère décède en 1973, le jour même où la structure principale du Matrimandir fut achevée.

Auroville aujourd’hui

Il faudrait sûrement  rester « longtemps » à Auroville pour en livrer une analyse complète. Voici nos impressions après 3 jours sur place :

La ville organisée par quartiers assez distants  ressemble a bourgade indienne « classique ». Le même type de construction, les mêmes ordures omniprésentes. Non, les « hippies éclairés » ne s’organisent pas mieux que les autres pour préserver leur environnement.

Coté altruisme, égalité et détachement vis à vis des valeurs matérielles, on repassera ! On sent bien que le roupie tient un rôle important dans ce que certains qualifient même d’énorme business.
Les inégalités ne semblent pas effacées et certains semblent profiter bien plus habillement de la manne financière que représente la ville.

On croise des indiens et beaucoup d’occidentaux (les indiens ne représenteraient que 40 ℅ de la population ; les français 15 %).
Ces proportions donnent rapidement au visiteur le sentiment d’être dans une cité balnéaire bIéna touristique.

imageC’est lorsqu’on parle aux occidentaux que les choses deviennent intéressantes. On sent que l’endroit drive tous types de profils …
On a parlé notamment à des thérapeutes de l’eau, des « médecins » en énergie subtile, des orthonomes et à d’autres personnages spécialisés dans des domaines dont on n’imaginait pas l’existence …
Prenez les pour des illuminés ou des génies incompris, dans tous les cas, leurs explications sont vraiment marrantes … quand on arrive à les suivre !

Les gens, les autres, avec qui l’on discute de sujets plus terre à terre sont généralement assez intéressants. Si la ville a dévié par rapport à son idylle initiale, elle a au moins le mérite d’attirer des visiteurs de tous horizons, souvent éclairés et parfois à la poursuite d’idéaux assez nobles.

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L’art en général est assez présent et les soirées sont souvent animées. Les artistes sont de toutes origines, comme les domaines de créations de tous horizons.

Enfin, même si l’on en a vu que peu (car peu de temps…), de nombreux projets très positifs sont initiés a Auroville et ses abords. Ainsi des individus et mini communautés sont à l’initiative de mouvements comme Sadhana Forest dont vous entendrez parler très prochainement sur le site

Et alors, on y va ou pas à Auroville ?

Auroville est une ville sympathique ou séjourner. C’est calme et boisé et les gens sont plutôt sympathiques et accueillants.

Il est par contre bien dommage que la Mère soit décédée si tôt (par rapport à la ville. Elle, elle avait quand même 95 ans). C’est comme si le souffle originel et ses belles valeurs s’étaient éteints avec elle…
Perdus, sans leader, les eurovilliens ont du se laisser aller. En pose les belles réflexions pour un monde meilleur. Les plus futés ont tâché de s’assurer une belle part du gâteau, les autres sont retournés à leur vie assez standard.

Ont l’a dit, c’est plus par les rencontres qu’on y fait, les initiatives et le calme qu’on y trouve que l’on appréciera le plus Auroville.

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Cochin comme cochon

C’est a Cochin (ou Kochi, voire Ernakulam ; choisissez votre nom préféré) que nous avons décidé d’écrire sur une des choses qui nous déstabilise le plus lors de nos voyages : la pollution.

Kochi donc pour la décision, mais bien plus tôt pour le constat. On attendait simplement que notre audience égale celle du Monde avant d’aborder des sujets si importants …

Que constate t’on alors en voyage dans un pays comme l’Inde (c’était aussi vrai au Cap Vert et au Sri Lanka notamment).

Et bien on constate surtout une chose : C’est dégueulasse !

Pollution dans la rue

Partout les déchets s’amassent. On croise des sacs plastiques, bouteilles et autre emballages partout dans les rues, dans les caniveaux, sur les trottoirs, dans les fossés, les cours d’eau, la foret, les lacs, partout !
Naturellement ça pue assez souvent …

Ce sont sûrement les plages qui choquent le plus. Elles centralisent pas mal de ces déchets via les cours d’eau puis les les vents, vagues et marrées qui les renvoient vers le bord.

Secret de photographe : pour prendre une photo qui vous fasse un tantinet rêver, on est quasi systématiquement obligé de réfléchir au cadrage pour éviter les ordures … Ne vous étonnez pas de voir plus de ciels que de sols…

La "face cachée" des filets de pêche de Cochin

La « face cachée » des filets de pêche de Cochin

Donc l’Indien vit dans le merde. Mais qu’est ce qui l’y pousse ?

Il y a la personne qui jette ses déchets à la poubelle mais qui ira ensuite la déverser dans la rue ou dans un champ. Il y a la personne qui ne pousse pas le raisonnement jusque là et qui jette directement tout ce qui l’importune au sol. Sans gêne, sans même se poser aucune questions ; c’est totalement « normal ».

Brûler ses déchets en Inde pour faire disparaitre la pollutionDans tous les cas, si la vue des déchets devient dérangeante, on les entasse puis on y met le feu. L’odeur de plastique brûlée devient habituelle pour nous tant elle est régulière. On croise le long de chaque rue des petits feux ou des endroits où le sol est noirci, comme pour nous rappeler cette belle pratique.
Les déchets te dérangent ? Mets y le feu : leur vision s’évapore dans l’atmosphère, comme leur caractère polluant d’ailleurs… Problem solved !

On parlera rapidement de la pollution liée aux véhicules. Ici énormément roulent au gazole et sont de plus vieux et mal entretenus. Les gaz prennent rapidement a la gorge dans la villes, rendant une petite ballade si désagréable qu’on en vient à regretter d’en avoir eu l’idée…

Ne parlons pas de l’industrie et de ses usines qui rejettent leurs polluants sans aucun filtres. D’abord les visites d’usines ne font pas partie de notre circuit touristique, ensuite la question a largement été abordée à la Cop 21 si utile et ensuite, il est difficile de se faire donneur de leçons sur ce point. (Malgré tout c’est sûrement là que l’impact global est le plus important).

On parle donc de ce qu’on voit. De la pollution urbaine et du comportement qui va avec.

Le problème, avant d’être économique, (c’est vrai qu’il faut de l’argent pour mieux gérer son impact) nous apparaît essentiellement culturel.

L’Indien, comme d’autres d’ailleurs, n’en a simplement rien à foutre. En vérité je crois qu’il n’a même pas conscience que c’est mal.

Un petit étang en Inde ? non une poubelle

Pire, là ou pourrait taxer chez nous la sensibilité à l’environnement de « problème de riche », ici c’est l’inverse. C’est par la consommation que l’on expose sa réussite. Plus on gagne, moins on marche et plus on consomme de manière ostentatoire.
Au lieu de se rapprocher de son panier bio issu de l’agriculture locale, ici le riche de base, on en a aussi, rêve de grosse bagnole, de gadgets en plastique chinois inutiles, de grosse montre et de gros portable. La richesse s’exprime dans la consommation.

C’est donc malheureusement les aspects culturels et les habitudes qui en découlent qui semblent être les plus problématiques.L’industrie c’est une chose, et pas des moindres. Malgré tout on ne voit pas comment, dans ce climat de pensées, les choses pourraient être amenées à changer …

Un personne expliquera :

– la pollution c’est naturel.
– ah bon ?
– et bien oui, la pollution émane de l’homme, l’homme est naturel donc la pollution aussi. En Inde il y a beaucoup d’hommes donc beaucoup de pollution.

Merci pour cette leçon, c’est vrai que tout devient logique maintenant …

Tout voyage demande patience

Mes chers amis,

Nous avons beau profiter chaque jour de nouveaux paysages splendides, il faut tout de même que l’on vous raconte le voyage qui va avec.
Tel le macaque qui épouille son congénère sans relâche, il faut s’armer de patience et de zénitude pour apprécier ces trajets interminables et ces longs moments d’attente.

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Comme dirait le Cac, à la recherche d’une idée kitch de tatouage pour sa soeur, ce n’est pas la destination qui compte, mais le voyage.

Je dois toutefois vous avouer que ce mantra, ne s’applique pas tout à fait à l’Inde.
En effet, à titre indicatif, la superficie de l’Inde est environ 6 fois supérieure à celle de la France. Autant vous dire qu’une toute petite distance en Inde, un petit bout d’index posé sur la carte, qu’innocemment vous imagineriez être un Paris – Orléans sur l’autoroute, est en fait un Paris Marseille en monocycle à travers champs. Globalement pour connaître son temps de trajet en inde il faut multiplier le nombre de kilomètres par deux. Ainsi, si vous devez faire 400km, comptez en moyenne 13h.
En bref, Il ne faut pas être pressé.

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Pour parcourir notre périple, nous avons pu tester jusqu’à présent plusieurs modes de transports, ayant chacun leurs petites particularités, pour notre plus grand plaisir!

– Le rickshaw, ou tuk-tuk
J’ai beau apprécier l’air frais que me procure une ballade en tuktuk de bon matin, je dois vous avouer que lorsque le trajet dépasse les 15 minutes, vous pouvez observer plusieurs effets de bord assez malheureux.
1- si vos lunettes de soleil ne comportent pas d’essuis-glaces, ce qui semble a priori peu courant, vous terminerez très probablement avec une constellation de nuisibles fossilisée sur vos bésicles.
2- si vous possédez des cheveux, si vous n’êtes pas russes c’est le cas (cf let’s goa), attendez vous à un graissage instantané de la perruque et à une coupe de cheveux à la Farrah Fawcett version friture.
3- enfin, les routes étant finalement plutôt des pistes, vous penserez donc avoir bien bronzé au sortir du tuk-tuk, mais rassurez vous ceci n’est que poussière !

Moralité :  Don’t take the tuktuk before clubbing
PS : je ne précise pas qu’en cas d’accident vous perdez à tous les coups. Bus vs tuktuk, voiture vos tuktuk…C’est un peu comme jouer à pierre-feuille-ciseaux avec quelqu’un qui utilise le puit.

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– le bus de nuit
L’avantage du bus de nuit est qu’il vous conduit à bon port, sans perdre de temps sur votre journée, et surtout en économisant une nuit d’hôtel. Bon ça, c’est dans la théorie bien sur.
Dans la pratique, et pour plus d’empathie, imaginez-vous allongé dans un petit caveau, qui serait accroché derrière le space-mountain, qui serait lui même conduit par un technicien sous crack. En gros même avec deux somnifères il est quasi impossible, et c’est moi la narcoleptique qui vous le dit, de s’endormir sans sourciller.

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– le train
Nous n’avons pas encore eux de déplacements très long en train, mais nous avons déjà eu une aventure des plus palpitantes à Mumbai. Pour revenir de Mumbai sud, la où il y a les petites choses touristiques, il faut prendre un train. Il peut être soit slow, qui s’arrête à toutes les stations, soit fast, qui ne s’arrête qu’à quelques stations.
Innocemment et dans l’optique de gagner du temps nous montons dans le fast. Le regard étonné et alarmiste des indiens du wagon ne nous affole pas plus que ça et nous continuons notre route.
Jusqu’à ce que nous arrivions à deux stations de l’arrivée…
Il se trouve que plus on s’éloigne du centre, plus les trains sont bondés, et plus des gens veulent monter. Je ne vous parle pas de la ligne 13 ou du RER A, mais rassemblez les deux dans un wagon et on ne sera pas loin.
Bref, nous nous rendons vite compte, qu’à moins de sauter du train en route, une fois que celui-ci serait arrivé à la station, nous ne pourrons plus sortir, bloqués par une horde d’indien hargneux bien décidés à monter dans le wagon.
Ni une ni deux, les genoux en mashmallow de stress après avoir assisté à cette scène de jungle urbaine, les indiens autour de nous s’organisent et nous coachent pour « le saut ».
À ce moment je vous avoue que je m’imaginais déjà mourir piétinée sous une montagne d’hommes en chemises à carreaux Celio (triste destinée !). Mais heureusement, grâce à tous nos petits amis indiens et leur coaching sans faille je saute tel un cabris sur le bitume et nous finissons sains et saufs 😉

Je vous écris cet article après environ 24h de voyage contenant 1h de taxi, 4h d’attentes dans un café miteux, 11h de bus et là nous attendons une chambre depuis 2h, et surtout par pitié…une douche!!
Mais nous sommes arrivés ici, et ça, ça vaut bien toute l’attente du monde !

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What’s up Goa !

Ou comment cette colonie portugaise est devenue une capitale hippie puis quelque chose d’assez différent.

Avant toute chose un peu d’histoire : les Hippies et Goa …

D’une superficie égale à la moitié de la Corse et comptant aujourd’hui environ 1,5 millions d’habitants,  Goa est passé sous contrôle portugais au début du XVI ème siècle.

Même s’ils voient d’abord Goa comme une simple colonie et une base navale, les portugais ont pour la région une vision au long terme. Pour péréniser leur présence, ils encouragent leurs hommes à s’y marier et respectent (à peu près) les traditions locales. Goa deviet rapidement un élément incontournable de l’empire portuguais, tant au niveau culturel que commercial.
L’Inde gagne son indépendante en 1947 mais ce n’est qu’en 1961, suite à une reconquête largement facilitée par l’armée portugaise, que Goa est officiellement le intégrée dans l’Union Indienne.
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C’est à la même époque que certains jeunes américains délaissent leurs coiffeurs préférés.

Les jeunes baby boomers rejettent les valeurs de leurs parents et s’opposent à la société de consommation. Ils revendiquent leurs différences notamment par leurs codes vestimentaires et coiffures atypiques et par leur vision libérale des relations amoureuses.
Contre-culture à l’état pur, le mouvement s’étend géographiquement et trouve de nouveaux adeptes à travers le monde. De nombreux français s’y retrouvent d’ailleurs (vous vous souvenez sûement de Monique ?).

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L’Inde voit les premiers chevelus s’installer sur son sol assez vite (toujours dans les années 60). Poussés par La Recherche de Soi, les jeunes hippies parcourent le monde. Après Londres, Amsterdam et Istanbul, chassés de Katmandou, c’est à Goa qu’ils trouveront leur terre promise. Outre de par sa facilié d’accès, le choix s’expliquerait essentiellement par les qualités estétiques et météorologiques de l’Etat. Les hippies colonisent tranquillement les plages et s’installent dans les villages de pêcheurs aux maisons collorées.

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C’est l’avènement du rock psychédélique, du yoga et de l’usage des psychotropes.

Dans les années 1990 c’est la culture techno / transe qui s’y impose.
L’état attire de plus en plus de monde ; indiens fortunés et clientèle étrangère aisée débarquent. Les hippies s’exilent alors vers le nord (où nous étions).

L’arrivée massive des russes venus profiter des plages et se saouler à bas côuts mettra le dernier coup de glaive dans l’empire hippie. Les derniers résistants finiront par se retirer dans le calme des montagnes.

 

Mais alors, qu’est ce que Goa aujourd’hui ?

Nous avons séjourné dans deux villages côtiers au nord de Goa : Anjuna et Arambol. Dans les deux cas la même « architecture » : des cahutes bordant la longue plage de sable fin et des rues à l’arrière formant le village.

Dans les villages vous trouverez essentiellement de quoi ravire le touriste : guesthouses, restaurants et boutiques de souvenirs, partout … Bijoux, fringues de baba, papier toilette et eau minérale.

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Sur la plage on est heureux de voir que le béton ne sert qu’aux fondations (et encore, à priori le sac de riz rempli de sable fait bien le boulot aussi). Les constructions d’un étage maximum sont faites de bambou, paille et feuilles de palmiers. Tous les shacks servent à boire et à manger. Les prix nous permettent de nous faire plaisir sans (trop) compter (comptez 1€ la bière ; 5€ le repas).

La première ville, Anjuna, a plus dévié vers le tourisme de masse. Ici vous pourrez faire du jet ski ou de la banane traqutée sur de la délicieuse techno russo-allemande. Nous ne sommes pas restés …

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A Arambol, plus calme, pas de bruit de moteurs ni de beaufs en gilets de sauvetage. C’est plutôt le calme environnant ; ce sont les rythmes transe et reggae qui vous accueillent. La population touristique est plus à cette image. Globalement, c’est bien plus Shanti Shanti (j’adore cette expression !).
Des Beach party sont organisées tous les soirs et pour peu que vous ne vous arrêtiez pas au premier Shack venu, il est à peu près sûr que vous trouverez l’ambiance qui vous convient.
La plage, éclairée de milliers de bougies et de quelques feux de bois est belle de nuit, magique …

Et alors, qui croise t-on à Goa ?

Vous l’aurez compris, l’ère des hippies et révolue. Aujourd’hui on croise surtout des touristes. Venus profiter du cadre idyllique, ils viennent seuls, en famille (on croise beaucoup d’enfants) ou entre amis. Beaucoup de russes, des anglais, très peu de français.

Les familles les plus « roots » sont belles. Le soir venu les enfants dansent avec maman devant le feu après une longue journée de châteaux de sable entre amis.

La journée on surprend de nombreux jeunes, « roots » eux aussi, s’adonner à la méditation et au yoga sur la plage. Le soir c’est à l’odeur que remarquerez que vous n’êtes pas isolé.

Jeune yogi à Goa

Enfin, on croise des indiens, beaucoup d’indiens.
Ceux qui travaillent dans les shacks bien sûr *, mais aussi d’autres indiens issus de milieux plus aisés. Ils viennent se faire plaisir dans le Saint-Tropez local. Il ne faut pas oublier les mendiants qui sillonnent la plage du lever au coucher du soleil, essayant de vendre des bijoux ou limitant l’approche à une main simple main tendue.

Jeunes indiens jouant au football a goa

A Goa nous nous sommes senti bien. Au calme, sereins. Comme si le temps s’était arrêté. On imagine facilement comment les gens finissent pas y passer des mois, sans même vraiment s’en rendre compte.
Il faut maintenant avancer et notre prochaine étape, d’où je finis cet (interminable) article. Hampi. Nous nous rapprochons des temples et d’un autre type de spiritualité.

Il est 7h30 ce matin. Je vais bientôt perdre Héléna. Après une nuit de bus mouvementés nous sommes arrivés ici vers 6h. Nous attendons notre chambre en admirant les pèlerins déjà très nombreux aux portes du temple Virupaksha.
Bonne journée.

* Ne ratez pas le portrait de Sukanta Das, Beach Boy à Goa !