Une histoire de mitraillettes

chères mères, chères grands-mères, pour votre bien, il est encore temps de refermer cet article !

Cette histoire commence lors du nouvel an laotien, Pimai.
Pimai est une fête qui dure près d’une semaine pendant laquelle l’activité principale des laos consiste à boire des bières et se jeter de l’eau les uns sur les autres dans les rues.
Une fête plutôt hilarante donc, mais qu’on aurait dû mal à imaginer en France.
Bon c’est sur que transposé un 31 décembre, par moins mille degrés, ce serait tout de suite moins drôle…

Pimai Laos

Pour affronter Pimai la règle numéro 1 pour un novice, c’est de s’équiper.
Il vous faudra : une arme d’arrosage massive (de mon côté j’ai opté pour le pistolet avec sac à dos rechargeable en pingouin rose pour une autonomie optimale), plusieurs caisses de beer Lao (là aussi pour une question d’autonomie), et un sac étanche (pour éviter les projections des deux autres)

bataille d'eau arme

La première journée de Pimai se passe sur une petite presque île asséchée au milieu du Mékong, avec une journée festive de type feria asiatique : tire à la code, concours de châteaux de sable (ici ce sont des temples), pinata…

bataille d'eau 3
À peine débarquée sur la presque île, je me retrouve transformée en churros géant entre jets d’eau, de farine, et de colorant alimentaire. Avec la chaleur globale de 42 degrés je suis pas loin d’être frit à point.

Notez que j’ai trouvé une toute nouvelle utilité à la farine qui fait un très bon déodorant corporel puisqu’elle absorbe toute la transpiration (NB : penser à revendre l’idée à Narta).

Après deux jours de guerre aquatique intensive avec toutes les générations laos, nous devons nous résoudre à quitter la ville pour nous rendre dans le sud.

bataille d'eau 1

Petite info anecdotique de l’ambassade : « Il est déconseillé sauf raison impératives d’emprunter le tronçon de route n°13 entre les villes de Vang Vieng et de Luang Prabang. Plusieurs attaques de véhicules par des agresseurs non identifiés ont eu lieu »

Je me vois déjà dormir avec tous mes précieux plaqués sur ma couenne avec du cellophane, mais je me dis que ça va aller !

Juste avant le bus, et en préparation de ces 24h de route, je me fend d’un délicieux sandwich bacon cheese avocat afin de conserver ma silhouette de rêve.
Alors que je m’apprête à passer un moment de grâce avec ma baguette, deux françaises nous abordent.
Après quelques banalités échangées sur la composition de mon smoothie, nous leur expliquons que nous descendons vers le sud.
« J’espère que vous ne prenez pas la route dangereuse » nous réplique la française aux dents noires.
« Bah si, l’avion coûte 15 fois le prix et il n’y a qu’une route, mais bon, j’espère qu’on se fera rien voler » lui répondis-je détendue comme un pape la bouche pleine de bacon.
Décidée à casser mon groove, et mon moment de grâce, elle me rétorque « Ah non mais ils en ont pas après tes affaires, ils en ont après les touristes ! Ils ont mitraillé deux touristes suédois à vélo et un groupe de chinois, il y a une attaque tous les dix jours à peu près« .
L’avocat de mon sandwich n’est pas loin de se transformer en guacamole dans mon estomac.
Je suis atteinte d’une crise de lividité cadavérique pendant que dents moisies continue son élocution, visiblement décidée à me couper définitivement l’appétit, « Oui on a rencontré pas mal d’expats et de locaux qui nous ont dit de pas la prendre, ce sont des paysans tibétains qui ont été expulsés, et ils s’attaquent aux touristes, de préférence chinois, pour faire réagir le gouvernement, donc tes affaires ils s’en foutent. En plus c’est sur un plateau dans les montagnes donc si tu te retrouves au milieu d’une attaque, t’as aucune chance« . [ndlr : en réalité on ne sait pas si ce sont des paysans, la mafia, des lao, des chinois ou ou autre puisque nous n’avons aucune source fiable sur le sujet – idem pour le nombre d’attaques, de blessés etc – on a entendu et lu au moins 10 sons de cloche différents]
Sur ce, elle se barre avec son sourire charbon me laissant dépitée comme une huître à l’idée de finir trouée comme une passoire d’ici la fin de la soirée.

Comme si ça ne suffisait pas je reçois le mail d’une amie qui prend des nouvelles et me prie de faire attention car aux alentours de son anniversaire on aurait 12% de chance de plus de mourir.

Autant vous dire qu’à cet instant j’ai autant envie de prendre le bus que d’aller faire un trek à Kaboul, mais ma foi, quand faut y aller …

Je précise à Thib que je refuse de prendre le bus si il y a des chinois, même si sans vouloir être raciste, je ne sais pas trop comment les reconnaître.

images (1)Nous allons donc prendre le bus de nuit, et je rentre dans ma petite capsule individuelle, dont la forme n’est pas sans rappeler celle d’un cercueil… Ok, j’ai un peu les idées noires …

La première partie du voyage se passe plutôt pas mal, je réussi à me détendre les artères même si thib m’a laissé soit disant pour « plus de confort « , la place près de la fenêtre !!

Au bout d’une heure ou deux le bus s’arrête au milieu de la forêt pendant près de 30 minutes. Je commence à avoir le palpitant en ébullition lorsque je me rends compte que le co-chauffeur est armé d’une mitraillette AK47 (je précise que c’est l’Américain derrière moi qui m’indique le modèle) et qu’il discute avec des hommes armés qui ont un comptoir dans la forêt et inspectent le dessous du bus.
Nous n’avons aucune idée de ce qui se trame et il nous est interdit de sortir du bus : sérénité maximale.

À l’heure qu’il est j’utilise tous les moyens de relaxation et protection mentale : répétitions de mantras, création d’une bulle protectrice mentale autour du bus…

Au bout d’un certain moment on repart comme si de rien. Je guette les fourrés à travers ma fenêtre, prête à me balancer de ma banquette supérieure en cas d’attaque.
2h plus tard, nouvel arrêt. Nous rejoignons deux autres bus, ce qui porte le nombre de mitraillettes à 3. Les chauffeurs et co chauffeurs s’enfilent quelques bières en toute quiétude, la mitraillette sur les genoux, et on repart. Je précise que les propriétaires des mitraillettes n’ont rien de militaires et que je n’ai plus aucune confiance en personne !

1h encore plus tard, alors que tout le bus est endormi, on s’arrête de nouveau… Et là, j’entends un tir !!
Personne ne réagit dans le bus ! Appelle aux mantras intérieurs, je me dis que j’ai du rêver…
Puis, quelques secondes plus tard, 4 coups de mitraillette, cette fois il n’y a plus de doute.
Je regarde thib déconfite, il a entendu aussi, il n’y a plus de doute. Je commence à méga flipper, j’imagine déjà le scénario catastrophe, le guet-appens tibétain ! Je le savais qu’il ne fallait pas monter dans le bus !
Je me risque à regarder par le pare brise, et la, qu’est ce que je vois, le co-chauffeur hilare, qui avait tiré une rafale en l’air, « pour se marrer ». Le gus complètement inconscient a failli me faire griller le palpitant. Je suis à deux doigts de lui en décoller une, s’il n’était pas armé…

Tout est bien qui fini bien le trajet se termine tranquillement, et je réussi presque à fermer une paupière
Comme l’a dit Thib : faire ce trajet, de surcroît de nuit, n’a probablement pas été notre idée la plus brillante du voyage !

selfie survivant

La ville qu’on a failli détester

Hello les radis,
Un des « problèmes » auquel on est confronté lorsqu’on voyage, c’est qu’on ne sait jamais comment sera l’étape suivante.

La prochaine ville, le prochain pays, est-ce que ce sera mieux ou moins bien ?
Les gens, les rencontres, les paysages…

Rivière nam ou laos

Et bien c’est ce qui nous est arrivé il y a quelques jours. Après quelques jours à looser dans nos hamacs façon rosbifs en suspensions, nous voilà partis pour une nouvelle ville au nom mystérieux de Muang Khwa.

Et là, dès le départ, ça sent le poney…

Il va falloir prendre un pirogue dont la flottabilité reste à prouver, pendant 5h, descendre pendant les rapides pour escalader les rochers car l’eau est trop basse, le tout entassés entre des poussins vivants, des poissons chats morts, des touristes et des locaux.

Muang Kwa bateau

Arrivés à l’aube, nous arrivons à obtenir avec un couple de toulousains des places de choix dans la chaloupe, c’est à dire les anciens sièges d’une Renault 5 vissés sur la barquette.
Rien ne se perd, tout se transforme.
Les badauds restants s’entassent sur des planches à l’arrière.
À mi chemin, une blonde, très prochainement surnommée : la connasse, dont le fessier proéminent devait pourtant rendre la planchette aussi confortable que les sièges de la feu-Renault, se fend avec dédain d’un commentaire désobligeant : « vous auriez au moins pu proposer d’échanger les sièges, c’est le minimum« .

Partagée entre l’envie de la balancer par dessus bord et celle de lui rétorquer que « ça aurait été avec plaisir si elle l’avait demandé aimablement, mais que dans ces conditions elle pouvait se le carrer la où je pense« , je me lance dans une introspection bouddhique et nous laissons à l’opulente et ses sbires nos trônes.
Un peu plus tard, l’opulente se colle à moi sur une planchette et essaye de gratter l’amitié lorsque je parle de fondue savoyarde, sauf qu’on ne plaisante pas avec le fromage, et encore moins avec les connasses. Je pense qu’elle l’a compris.

Nous débarquons une éternité plus tard, et à la limite de l’inanition, sur les rives de Muang Khwa : la ville fantôme.
Enterrée sous une couche de nuage épaisse, entre immeubles en constructions et coulées de boue, nous n’avons qu’une envie : partir au plus vite pour la prochaine étape !
Sauf que fichtre et poils de boucs : en raison d’un nouveau barrage les bateaux ne partent plus vers notre prochaine étape, et le bus fait globalement le tour du laos avant de s’y rendre, soit plus de 12 heures de voyage !

Nous sommes faits comme des rats ! Séquestrés dans la ville , heureusement avec le couple de toulousains, nous n’avons pas d’autres choix que de rompre notre abstinence de bières.

rencontre toulouse
Nous trouvons un bar des plus local, une sorte de hangar sans mur posé sur la rivière, avec barbecue au feu de bois au milieu de la table.
Après avoir essuyé une tornade, un groupe de laos vient nous rejoindre dans ce bar dans lequel nous étions les seuls clients.

pont laos

Mais il faut savoir que le lao est très festif et porté sur la bouteille.
D’ailleurs quand un groupe de laos s’installe dans un bar on ne lui apporte pas une bière par personne mais une ou plusieurs caisses de bières qu’on pose à côté de la table.

À l’aide de Thib « l’animal social », nous voilà en deux minutes bras dessus bras dessous avec les laos et les toulousains entrain de faire des concours de culs secs en chantant Soy Soy, le « Il est des nôtres » local.

À 21h nous avons couché les derniers laos survivants et nous nous apprêtons à rentrer en ville, lorsque nous entendons de la musique… [NDLR : chose assez intrigante pour une ville sans électricité]

Ni une ni deux nous voilà incrustés dans une maison laotienne à danser au milieu de plusieurs familles. C’est parti pour une session de clubbing laotien et bataille de glaçons avec Mamie, Papi et toutes les générations !

laos soirée 3

Après quelques heures de danses, et essayant de préserver nos hommes qui se faisaient tripoter les baloches par mamie Laos et sa descendance, on remarque une petite fille qui a une grosse gastro dans la chambre d’à côté. Encore une qui me vomi sur les pieds.

thib quinn

Ni une ni deux, Thib change de casquette et se transforme en Docteur Quinn auprès de la fillette.

De mon côté je suis plus proche de l’Indien mutique mais je lègue mon gri-gri perso, ma trousse de secours  smecta-tyorfan-vogalène pour sauver la fillette.
Le chef de famille nous remercie et nous les remercions tous pour cette merveilleuse soirée !

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J’aurais du mal à nous imaginer laisser entrer 4 touristes éméchés ne parlant pas français chez nous et faire la fête avec eux toute la soirée, mais ici c’est ça, et on les en remercie mille fois !

soirée laos 1

Barque à Muang Ngoi

Faisons le vide …

Salut les knacks,

Ça fait encore quelques jours qu’on ne vous a pas écrit.

Ce n’est pourtant notre rythme effréné de Koala sous eucalyptus qui nous a trop occupé.
Perdus au milieu de la campagne nord laotienne, les lardons se la coulent douce au bord de la rivière.

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Nouveau rythme, plus lent, mais plus spirituel aussi. Et oui on vous disait pourtant il y a quelques jours qu’on était pas devenus baba-cool, et bien le destin nous a mis une petite fessée pour nous punir de nos moqueries.

On marche pieds nus dans les rizières et on se baigne tout habillés dans les rivières.
On a arrêté de boire de l’alcool depuis 5 jours, on mériterait bien un petit badge AA.
L’un de nous a par ailleurs découvert pendant une balade pourquoi une feuille de papier toilette s’appelle une feuille. On vous laisse imaginer…

Des vrais castor junior en somme !

thib trekking muang ngoy

Perdus dans la pampa, c’est presque naturellement que cette halte s’est aussi révélée bien spirituelle.

Notre nouvel ami Somaé (aucun lien avec le chanteur), moine de profession, nous initie à la méditation chaque soir depuis 3 jours.
Si vous en doutiez, il est très difficile de ne penser à rien !

pont lors d'une randonnée à muang ngoi

Autour de ses instants nous échangeons beaucoup. Somaé nous décrit la pensée bouddhique et on échange sur la vie.
On en profite, il nous a prévenu, il ne sera bientôt plus disposé à partager son savoir car il prévoit un départ pour la foret. Encore trop de distractions dans ce temple de campagne. Somaé veut se faire hermite dans une grotte pour accéder à de nouveaux niveaux de concentration.

En attendant c’est fort intéressant et je dois dire qu’on y prend goût à ces visites. Il l’a bien senti et a trouvé une parade pour se débarrasser de nous… En nous invitant au petit déjeuner des moines…

Le petit déjeuner consiste a manger tout ce qui a été donné aux moines le matin même : un mélange de riz gluant froid, de billets de banques, de soupes froides de poissons ou de cartilages… le tout à 7h30 du matin. Efficace !

pont devant le temple bouddhiste de muang ngoi

Le changement, c’est maintenant

On nous a récemment demandé si l’on pensait avoir changé depuis notre départ. Arrivés à la moitié du périple (au moins pour Thib qui rentre mi juin), c’est un moment opportun pour se poser la question …

Alors OUI, on a complètement changé ! On est clairement plus les mêmes personnes qu’il y a 3 mois …

  • Baboss à 100%, on vit avec 3 € par jour, on a arrêté la viande et on ne mange quasiment plus que du riz.
  • Helena apprends la guitare et ne se déplace plus sans l’instrument. Elle envisage d’ailleurs de se la faire tatouer sur le mollet.
  • Conscients de notre empreinte écologique, on ne se lave plus que tous les deux jours ; et pour les cheveux c’est 1 fois par semaine.
  • Enfin, et surtout, plus matérialistes pour un sou et totalement humanistes, on ne pense plus jamais à notre bonheur personnel et ne nous delectons plus que de notre rapport aux autres.

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Foutaises ! En réalité, avant on aimait pas trop les gens … Maintenant on les déteste ! Et Vlan !

Soyons sérieux … Pas vraiment de changements radicaux de nos petites personnes mais malgré tout quelques évolutions notoires :

  • Héléna sait lire une carte et se repérer au soleil.
    Encore un peu et on la laisserait presque conduire un scooter.
  • On a perdu l’un envers l’autre le peu de pudeur qui nous restait. La faute aux portes de toilettes absentes dans un gite sur deux.
  • On apprend ce qu’est de partager notre vie 24h/24. Et on peut dire que ça se passe bien. On parlait d’ailleurs hier soir de la valeur du silence. Le changement en fait, plus que d’être tout le temps ensemble, c’est de ne jamais être seul. Encore une fois, on est au top.image
  • On vit avec quelques tee-shirts et on a a peu près perdu l’envie d’en avoir d’autres.
    Désormais plus d’habits blancs dans le lot, le plus clair qu’il nous reste est un vague blanc jauni.
    A ce sujet on est devenu des pro de la lessive à la main … Et du bouclage de sac quotidien.
  • D’ailleurs l’expression « on passe à la maison ? » a un peu changé de sens. La maison maintenant c’est le lieu où on a laissé notre sac a dos pour la journée.
    On se déplace sans trop de galères, c’est d’ailleurs devenu assez fluide. On glisse tranquillement et à peu près sans accrocs. Il faut dire que l’itinérance en Asie en 2016 n’est pas si difficile …
  • Sinon, ça fait 3 mois qu’on ne s’est pas fait à manger. Vive le Resto.
    On mange partout, notamment dans la rue. Plus trop de questions sur les aliments, leur cuisson, leur lavage etc.
    On a pas encore réussi à arrêter la viande, même si on aimerait bien. Pour être honnêtes, on a pas non plus tellement essayé …
    On n’a par contre toujours pas gouté de grillons, pâtes de poulets frites ou serpent.image
  • Du coup on vous passe les détails mais on a découvert de nouvelles sensations dans nos bas ventres au fil de ces quelques semaines.
    Thib s’est d’ailleurs découvert une amie, la douchette à côté des toilettes. Version asiatique du PQ, c’est plutôt pas mal quand le besoin est régulier.
  • Côté corporel c’est à peu près tout. Pas encore de tattoo ni de dread locks ; même si Héléna est sur la voie…
  • Sinon, comme vous vous en doutez, on n’a pas très envie de rentrer et encore moins de partir rebosser. On s’y fait bien à cette petite vie de vacanciers voyageurs…
    Et nos journées sont si riches 🙂
    A ce sujet, on manque de temps. Franchement, on l’aurait pas parié. Quasiment même pas le temps de lire, de glander ou de se prélasser devant un film.
  • Enfin, aussi, surtout, on se rend compte que les amis et la famille nous manquent. Qui l’eût cru d’ailleurs ?
    Mais la bouffe aussi. D’ailleurs on attends toujours notre gigot !

Bécots

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Une journée particulière

Mes petites mangues,

Ça fait trop longtemps qu’on ne vous a pas donné signe de vie.
Il faut dire qu’on était bien occupés. Changement de pays bien entendu, mais aussi et surtout des journées bien remplies.
Enfin surtout une, la dernière.

Il est de ces journées qui se distinguent des autres.
On ne les attend pas, on s’apprête à passer une petite journée paisible et calme et Paf ça vous tombe dessus, telle la Granny Smith sur Newton.
Lorsque l’on voyage, il est plus difficile de les distinguer. Forcément il y a moins de routine que d’habitude donc chaque jour est un peu particulier. Chaque jour est nouveau, singulier, unique.

Malgré tout, il reste des journées qui sortent du lot, et c’est une de celles-ci dont je vais vois parler.

Cette journée a commencé aux aurores. Nous avions rendez-vous avec les moines à 5h30 du matin ; autant vous dire que ça ne plaisante pas.
Chaque matin, les moines font le tour de la ville avec leurs auges pour que les laos, du moins ceux qui auront réussis à s’extraire de leur tatamis, leurs donnent du riz gluant. Comme dirait Simba « un peu gluant, mais appétissant ».
Il y a quelque chose d’assez intriguant chez les moines bouddhistes. Ils ne mangent que du riz et n’avalent rien le soir ; ils ont pourtant une sacrée tendance à l’enrobage maximal.
La ressemblance avec Bouddha est elle considérée comme salutaire ? Dans ce cas il faudra m’expliquer pourquoi aucun d’entre eux ne porte de chignon.
Je divague … ce moment de grâce matinal fut quelques peu perturbé par les cars de coréens et leur perches à selfies qu’ils n’étaient pas loins de fourrer dans les naseaux des religieux.

Moines

Vexés de ne pas avoir été seuls dans notre expédition, nous partons des 6h30 voir THE cascade. Cette fois, c’est la bonne, nous voilà seuls au monde face à un spectacle de la nature à couper le souffle.

Cascade 2

Cascade 1

Quelques heures plus tard, voila les coréens qui rappliquent, nous n’aurons pas réussi à les semer plus longtemps.
Facilement reconnaissable, le touriste coréen ne se déplace jamais seul.
La femelle, en permanence affublée d’un abat-jour en guise de couvre chef, est repérable par son jogging fluo dépareillé des années 80. L’homme, quant à lui, est plutôt adepte de la combinaison intégrale en matière amphibie, lui permettant de s’adapter à tout environnement hostile.
Chassés à coups d’ombrelles et de perches à selfies, nous décidons de nous aventurer « hors des sentiers battus » à la recherche d’une potentielle nouvelle cascade.

Nous abandonnons le scooter après l’avoir noyé dans une marre de boue, et par la même occasion après avoir repeint mes frusques façon constellation asteroidale. C’est à pieds que nous attaquons un trek vers l’inconnu.

Maison

*Ceci n’est pas la jungle, mais nous n’avions pas de photo

Désormais dans la jungle, seuls sur le chemin qui semble ne pas avoir été utilisée depuis plusieurs siècles, nous inventons un super jeu qui pourra peut être un jour remplacer le shi-fu-mi : préfères tu croiser un ours, un cobra ou un tigre ? Les 3 rencontres sont visiblement plausibles au Laos.
Nous n’avons pas vraiment réussi à statuer mais il semble que la distance à laquelle on se trouve de l’animal soit un facteur de choix déterminant.

pont

Nos ressources d’eaux arrivant à épuisement simultanément à mes guibolles, nous repartons pour le scooter au préalablement camouflé dans la brousse. Je me fend d’une petite sieste sur l’engin pendant que thib se prend pour Mario Bros sur la piste.

Pensant arriver innocemment à la maison après cette journée remplie d’émotions, voilà que Thib, sûrement inspiré par le physique de sa moitié, décide de faire un détour par le musée de la bombe.
Blagues mises à part, il s’agit d’un musée qui explique et sensibilise au déminage des millions de bombes encore abandonnées dans les campagnes au Laos.

Seulement voilà, pourtant avides de culture, nous tombons par hasard le jour de la fête annuelle des employés de l’association, et accessoirement jour anniversaire de son directeur Claude-Wang. Accueillant comme pas deux, les bougres nous invitent à se joindre à eux pour un après-midi d’anthologie.
Tournoi de pétanque, bières à gogo et danses de musettes, je me dis que mes étés dans le sud ouest m’auront servis à quelque chose !
Claude-Wang retrouve des bribes de français datant de l’occupation et c’est naturellement que nous nous lions d’amitié avec le doyen.

Claude
Au premier rang pour souffler le gâteau à la crème imprimé à son effigie (précisons que la photo datait de quelques décennies), poussés dans les danses et la bataille de crème fouettée géante et guest stars pour remise des trophées du tournoi de pétanques…

Gateau2

Nous passons un après-midi de franche marade qui vient clôturer en beauté cette journée.

ANNIV

Sacrément accueillants les Laos !

Nous revenons dans une dizaine de jours dans cette ville pour le nouvel an Laos. Ça promets de belles aventures, en tous cas ils nous attendent de pieds fermes pour une petite partie de boules !