Le Party Boat

Cet article a été rédigé par le biscuit en chef Aleksandra Da Silva Zuraw

Le voici, le jour tant attendu, l’accomplissement d’une vie, la raison même de ma venue sur Gili Trawangan, pour ne pas dire en Indonésie, le jour du Party Boat ! Le Party Boat est un trimaran en bois sur lequel se regroupe une centaine de voyageurs festifs pour clubber sur les flots toute une après-midi.

Je me réveille excitée comme une puce à l’idée de réaliser l’un de mes rêves. Les knacks ne sont pas du même avis que moi concernant la valeur de l’attraction, mais je réussis à les convaincre. C’est donc tous les quatre que nous nous dirigeons vers notre lieu de villégiature.

Nous commençons tranquillement aux alentours de 13h avec quelques bouteilles houblonnées au Jiggybar, pour nous échauffer avant de monter sur le Jiggyboat, le trimaran support de nos aventures. Nous découvrons la faune avec laquelle nous allons partager cette expérience, et ne sommes pas déçus. Un florilège de personnages hauts en couleur s’offre à nous…

ALLIAGEEn guest star, nous avons le groupe « Alliage », aussi surnommé « Les Partir un jour », dont les membres Russes et fanatiques de la gonflette sont vêtus de leurs plus beaux slips de bains aux couleurs d’une boîte de stabylo boss.

S’en suivent les Pussycatdolls version XXL, dont l’objectif principal est évidement de conclure avec un membre d’Alliage. On remarque aussi un groupe de femmes à barbes maoris spécialistes du twerk, le sosie de John Snow, Loana (version pré loft) et bien sur un beau lot de Stevens, Johns et Jackys…

Que la fête commence !

filetArrivés sur le catamaran, on est accueillis par de la musique commerciale à souhait. Nous commençons instantanément à nous enfiler des Jaggerbombs et autres délices pour nous mettre dans l’ambiance. Très vite l’euphorie nous prend et nous nous jetons comme des lapins crétins dans les filets du bateau garnis de poufs (dans tous les sens du terme).

Arrive ensuite la première tournée de shots annoncée par la douce sonate composée par LMFAO « Shots, Shots, Shots, Shots ». Nous nous faisons généreusement rincer la glotte par diverses biatches tout en chantant à tue-tête, l’ambiance est à son comble.

C’est lorsque nous sommes enfin entièrement recouverts de sueur et d’alcool qu’arrive l’arrêt noyade baignade tant attendu. C’est avec quelques grammes dans le sang et main dans la main que nous sautons joyeusement depuis le pont du bateau. Que c’est agréable, nous batifolions dans les eaux turquoise tels de gracieux cachalots.

cachalot

Après diverses épreuves improvisées, comme le concourt du plus beau saut depuis le toit du bateau, le parcours d’accrobranche effectué sur le filet, la remontée la plus rapide de l’échelle… Nous remontons sur le bateau pour continuer à profiter du « parté ».

Boobies

Nous sympathisons alors avec le groupe des guerrières maoris très funs, et fortes (en personnalité).
A peine avons-nous le dos tourné que les garçons manquent de déclencher une bagarre avec des australiens homophobes, se sentant agressés par une danse de Thib. Il leur en faut peu aux vegemites.

Heureusement la féroce Helena parvient à les faire fuir en promettant un coup de boule au premier qui lèverait un poil sur son adoré, et en leur assurant qu’il n’y avait aucun risque pour que Thib souhaite conclure avec l’un d’entre eux. Les australiens décident alors de s’attaquer aux femmes à barbe. Grave erreur étant donné qu’à la moindre pichenette elles pourraient les propulser hors du trimaran et leur faire ravaler leurs propos. Ils le comprennent d’ailleurs assez rapidement.

Nous continuons à danser tout en profitant du magnifique coucher de soleil, lorsque l’heure du limbo sonne. Helena remporte bien-sûr le concours haut la main et se retrouve promue Shotgirl !

Limbo 2
Je suis terriblement jalouse mais reste heureuse pour elle, c’est tout de même l’accomplissement d’années d’entrainement, elle le mérite bien.

S’ensuit donc un moment inoubliable où elle nous remplit le gosier de ce qui semble être de la vodka/orange, et où elle twerk avec les maoris pour symboliser leur victoire commune face aux australiens homophobes.

Soudain on se rends compte que la croisière est finie, qu’il fait nuit et qu’il est malheureusement temps de quitter le navire. Ce fut trop bref à mon gout mais je me rappellerais longtemps de cette petite sauterie avec mes knacks, car à moins d’être Jay-Z, ce n’est pas tous les jours qu’on fait la fête sur un bateau au milieu d’îles paradisiaques.

Shots

 

La soufrière

Qui dit Indonésie dit volcan. Je n’ai rien contre les volcans, je trouve ça plutôt joli dans le paysage, ça me rappelle les bouteilles de Volvic Citron que j’engloutissais adolescente. Je les aime bien, mais de loin, dans les nuages ou sur Nat Géo. Mais comme ce n’est pas moi qui ai organisé ce voyage mais les Biscuits, notre couple d’amis à tendance hyperactive, les volcans font partis du voyage ; un point c’est tout ! Ils ne sont pas dans le décor, non, ils sont dans le programme. C’est-à-dire qu’il m’est dû de les gravir. Certains d’entre vous connaissent mon amour pour les activités physiques et mon handicap pulmonaire mineur ; il s’agit pour moi d’un moment de torture organisé. D’une mutinerie visant ma perte.

Notre premier volcan se situe sur l’île de Java, l’ile principale de l’Indonésie, et s’appelle le mont Ijen. Pour le gravir, comme si la souffrance de l’ascension ne suffisait pas, il faut se lever à minuit trente, faire l’ascension de nuit, posséder un masque à gaz pour ne pas défaillir de l’odeur de soufre (similaire à une odeur d’œuf moisi), et posséder une arme de type perche selfique, pour se frayer un chemin parmi les chinois en rut. Tout un programme.

Commençons par le commencement. Sonnerie de réveil, 00h30, ce n’est pas une erreur, c’est l’heure du levé. Autant vous dire qu’à cette heure-ci je suis dans le même état que lorsque je fais une pause pipi nocturne. C’est-à-dire que je sens que ce n’est pas la bonne heure, qu’il me faudrait encore potentiellement 8h de sommeil pour être de bonne humeur, et 48h pour être dans la capacité mentale d’envisager l’ascension d’un sommet de type volcanique.

J’engloutis trois brioches farcies à la crème pour me donner du courage et nous partons pour le pied du volcan. Après une route en épingles à cheveux dans la jungle, nous arrivons au point de départ de cette nuit de torture. Il fait nuit noire, dix degrés Celsius (soit 20° de moins de tout ce que je connais depuis 6 mois), et le chauffeur nous distribue des masques à Gaz dignes de la série Breaking Bad.

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Je suis partagée entre l’envie de déserter et celle de rester faire la sieste dans le 4×4 de notre guide. Entrainée par la pression du groupe, je me retrouve en piste malgré moi.

La seule chose qui me maintient debout est la nuit qui m’empêche de voir le dénivelé abrupt et le reste du chemin interminable. Je suis à deux doigts de continuer l’ascension en moonwalk arrière pour me faciliter la tâche. Au fur et à mesure de la montée les vapeurs d’immondices à l’œuf deviennent de plus en plus irrespirables ; je m’équipe donc tel Heisenberg pour surmonter l’environnement d’anus de poney malade.

Parce que je suis quelqu’un de chanceux, il se trouve que j’ai choisi le masque à gaz avec un orifice bouché. Heureusement, mon Lardon Adoré se sacrifie et m’offre sa cagoule à vapeur.

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Après quelques heures de marches et une bonne suée, nous arrivons au sommet du cratère par un miracle que je ne saurais décrire.

La particularité du Mont Ijen, mis à part son odeur particulière, ce sont les immenses flammes de gaz bleues qui s’échappent du cratère pendant la nuit. Et rien que pour ça, ça valait la peine de se faire brusquer par les Biscuits. Je regrette juste de ne pas avoir de chamallows sous la pince pour les faire griller dans le brasier.

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Vers 6h, le soleil se lève sur le lac du cratère et nous offre une vue à couper le souffle dans les vapeurs mystérieuses du volcan. C’est aussi le moment où les porteurs de soufre commencent leur dur labeur. Là où ma pauvre personne avait du mal à se porter elle-même jusqu’en haut du cratère, eux passent la journée à porter des paniers de 80kg de souffre vers le sommet, le tout en claquette. On s’y reprendra à deux fois avant de se plaindre de nos gagne-pains.

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A peine l’épreuve terminée les Biscuits m’apprennent qu’Ijen n’était qu’un petit entraînement, une broutille de 500 mètres de dénivelés avalée en une paire d’heures … La broutille m’a déjà semblé insurmontable.

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Mais demain, demain c’est le Big Deal. Demain c’est le Mont Rinjani, 3 jours de marche, 8h et 1 600 mètres de dénivelés dès la première journée, ça calme ! Alors voilà, je ne suis pas sure d’en revenir, mais si c’était le cas, je vous promets un délicieux article pour partager ma souffrance. En attendant j’espère secrètement me faire piquer par une araignée mutante pendant la nuit pour me transformer en super-héros.

Bon courage à tous avec le déluge en cours, profitez-en pour vous acheter une belle petite paire de boots à fleurs.

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Le péril fécal

Mes chères fougères, nous avons dû vous abandonner quelques temps suite à une aventure des plus malencontreuses envers ma personne. Nous avons quitté le Cambodge il y a maintenant deux semaines pour nous diriger vers Java, l’île principale indonésienne, et rejoindre deux camarades, Roger et Alex, aussi surnommés les Knacks, pour continuer notre périple.

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L’aventure s’annonçait donc des plus festive et amicale mais le sort en a décidé autrement. À peine arrivée à Jakarta dans notre auberge de transit que me voilà prise d’une soudaine envie de prendre une douche bouillonnante, et ce, malgré la température extérieure proche des deux milles degrés.

De retour dans notre chambrée s’en suit une envie frigorifique de climatisation extrême de type glace pillée. L’alternance de bouffées de chaleur me fait hésiter entre la ménopause et la fièvre. Etant encore à quelques décennies de la cinquantaine j’opte pour la fièvre et décide d’effectuer un planté anal à l’aide de notre thermomètre médical pour vérifier mon hypothèse. Le couperet tombe, 39.7, c’est bien la fièvre. Je me demande alors quelle maladie tropicale j’ai bien pu attraper.

Pour ceux qui me connaissent, il faut savoir que je suis plutôt chanceuse pour attirer les bactéries les plus improbables de la planète. Je m’imagine déjà dépérir d’une méningite birmane ou d’un typhus lao et commence sur-le-champ la rédaction de mon testament. Comme je n’ai rien, la tâche est plutôt rapide : je lèguerai mon backpack à Thib qui pourra sûrement tirer quelques deniers de mes sous-vêtements Primark.

S’en suit une semaine de type fiévreuse de laquelle j’ai un souvenir plutôt trouble. Les Knacks et Thib me trimbalent sur l’île de Java de ville en île, d’avion en tuk-tuk, pour que nous puissions tout de même continuer notre périple au programme millimétré. Il faut préciser que les Knacks sont plutôt de type allemands sur l’organisation de voyage, elles nous ont préparé un superbe programme mais du coup nous n’avons pas le temps de traîner. Après 4 jours de fièvre continue, nous décidons tout de même de tester un hôpital local pour écarter les maladies potentiellement mortelles.

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Direction l’hôpital de Yogyakarta, la seconde plus grande ville de l’île de Java. Je suis reçue par un médecin qui doit bien avoir 14 ans et le brevet des collèges, et en lequel je n’ai donc absolument aucune confiance. Je lui explique tout de même mes symptômes et il est rapidement rejoint par un médecin majeur. Celui-ci ne demande aucunement mes symptômes et me propose une prise de sang en me demandant de cocher les analyses que je souhaite faire… Il est effectivement des plus logique que je choisisse moi-même sur une liste interminable, rédigée en indonésien, les bactéries et virus que je pourrai potentiellement avoir. J’ai comme l’impression de jouer à l’euro million version morbide en cochant les petites cases du feuillet.

Dix-huit litres de sang plus tard, je montre l’analyse au docteur, qui me regarde hilare en m’indiquant que je n’ai rien et en me conseillant de ne pas manger de nouilles (ce qui ne me laisse globalement uniquement la possibilité de me nourrir de riz…) Ma confiance en son diagnostic proche de zéro s’amenuise encore lorsqu’il m’indique que la fièvre peut durer plus d’une semaine. Je repars donc bredouille, traiter tel Argan l’hypocondriaque [ndlr : le malade imaginaire].

Au bout d’une semaine dans cet état fiévreux stationnaire ou chaque mouvement est une épreuve Koh Lantesque, nous partons sur une île désertique afin d’augmenter mes chances de décès. Pour continuer dans l’hilarité, nous décidons de nous rendre au dispensaire local pour tenter d’identifier de nouveau cette maladie de type persistante.

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Lorsque je parle de dispensaire, je pense que comparativement, la petite chambre de Docteur Quinn Femme médecin est un hôpital technologique de pointe. Le docteur est en train de dormir face contre le bitume à notre arrivée. Lorsqu’il sort le tensiomètre préhistorique, l’hilarité me gagne et je ne place plus aucun espoir en son aide. Après moultes conseils fort utiles de ma belle-famille toubib, nous décidons un rapatriement vers Bali, île sur laquelle se trouve potentiellement un hôpital digne de ce nom. Nous trouvons effectivement une clinique « digne de ce nom » mais surtout, digne de notre carte gold. Cette fois le médecin choisit lui-même les analyses, ; je le sens je vais enfin pouvoir guérir !! Quelques heures plus tard, le diagnostic de mon hémoglobine tombe enfin, c’est la fièvre typhoïde.

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Après une recherche express sur le site de l’institut pasteur, la joie me gagne en apprenant que cette maladie s’attrape après avoir ingéré, involontairement je le précise, de la matière fécale humaine, et qu’elle est également surnommée … le péril fécal ! Je me remémore alors avec émotion mes derniers repas au Cambodge … saupoudrés de cette délicieuse bactérie.

Bref, mis à part le dégout violent que m’inspire la fécalité de cette maladie, je suis heureuse de savoir que je serai rétablie après un petit traitement antibiotique d’une semaine, soit que nenni. Après avoir déboursé des millions de roupies je remercie le firmament d’avoir opté pour une assurance de voyage.

 

Voilà, vous connaissez maintenant toutes nos aventures, qui à défaut d’être palpitantes, vous mettrons surement en appétit de repas asiatico-excrémentiels.

From Bali, with love,