Auroville – Harmonie, méditation, rencontres et gros sous

Auroville, la ville dont on ne sait quoi penser…

Avant toute chose, tradition oblige, un peu d’histoire !

Inaugurée en 1968, Auroville est née du rêve d’une femme française : La Mère.
Arrivée en Inde en 1914 elle rencontre Sri Aurobindo, ex figure de la lutte pour l’indépendance de l’Inde reconverti depuis en guru yogi.
Il fédère autour de lui une communauté dont la Mère prendra la charge à sa mort.

Dans un texte fondateur pour Auroville, elle décrit le besoin d’établir un lieu n’appartenant à personne, où tout homme pourrait vivre librement en n’obéissant qu’à « la seule autorité de la suprême vérité ». Elle souhaite établir « une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre ensemble en paix, dans une parfaite harmonie, audelà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités ».

 

La communauté s’installera à quelques kilomètres de la ville de Pondichéry.

imageLa cité prend forme autour du Matrimandir, bâtiment  » à la fois symbole d’Auroville et lieu dédié à la concentration.

La mère décède en 1973, le jour même où la structure principale du Matrimandir fut achevée.

Auroville aujourd’hui

Il faudrait sûrement  rester « longtemps » à Auroville pour en livrer une analyse complète. Voici nos impressions après 3 jours sur place :

La ville organisée par quartiers assez distants  ressemble a bourgade indienne « classique ». Le même type de construction, les mêmes ordures omniprésentes. Non, les « hippies éclairés » ne s’organisent pas mieux que les autres pour préserver leur environnement.

Coté altruisme, égalité et détachement vis à vis des valeurs matérielles, on repassera ! On sent bien que le roupie tient un rôle important dans ce que certains qualifient même d’énorme business.
Les inégalités ne semblent pas effacées et certains semblent profiter bien plus habillement de la manne financière que représente la ville.

On croise des indiens et beaucoup d’occidentaux (les indiens ne représenteraient que 40 ℅ de la population ; les français 15 %).
Ces proportions donnent rapidement au visiteur le sentiment d’être dans une cité balnéaire bIéna touristique.

imageC’est lorsqu’on parle aux occidentaux que les choses deviennent intéressantes. On sent que l’endroit drive tous types de profils …
On a parlé notamment à des thérapeutes de l’eau, des « médecins » en énergie subtile, des orthonomes et à d’autres personnages spécialisés dans des domaines dont on n’imaginait pas l’existence …
Prenez les pour des illuminés ou des génies incompris, dans tous les cas, leurs explications sont vraiment marrantes … quand on arrive à les suivre !

Les gens, les autres, avec qui l’on discute de sujets plus terre à terre sont généralement assez intéressants. Si la ville a dévié par rapport à son idylle initiale, elle a au moins le mérite d’attirer des visiteurs de tous horizons, souvent éclairés et parfois à la poursuite d’idéaux assez nobles.

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L’art en général est assez présent et les soirées sont souvent animées. Les artistes sont de toutes origines, comme les domaines de créations de tous horizons.

Enfin, même si l’on en a vu que peu (car peu de temps…), de nombreux projets très positifs sont initiés a Auroville et ses abords. Ainsi des individus et mini communautés sont à l’initiative de mouvements comme Sadhana Forest dont vous entendrez parler très prochainement sur le site

Et alors, on y va ou pas à Auroville ?

Auroville est une ville sympathique ou séjourner. C’est calme et boisé et les gens sont plutôt sympathiques et accueillants.

Il est par contre bien dommage que la Mère soit décédée si tôt (par rapport à la ville. Elle, elle avait quand même 95 ans). C’est comme si le souffle originel et ses belles valeurs s’étaient éteints avec elle…
Perdus, sans leader, les eurovilliens ont du se laisser aller. En pose les belles réflexions pour un monde meilleur. Les plus futés ont tâché de s’assurer une belle part du gâteau, les autres sont retournés à leur vie assez standard.

Ont l’a dit, c’est plus par les rencontres qu’on y fait, les initiatives et le calme qu’on y trouve que l’on appréciera le plus Auroville.

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Good bye Kerala

Good-bye Kerala,

Munnar était la dernière étape de notre périple keralais (vous connaissez bien entendu l’État du Kerala).

Munnar c’est la vallée du thé, mais perchée à 1600m d’altitude, c’est avant tout une vallée frisquette. Jusqu’à présent nos pulls n’avaient servi que d’oreillers dans les bus de nuit ou de combinaison anti-moustique. Mais ici ils sont devenus bien appréciables !

Le thé donc… Munnar est entourée de milliers d’hectares de thé. C’est simple, il y en a partout, sur tous les flancs de montagne (la montagne étant elle aussi partout).
Le décor s’en ressent. Dès qu’on s’éloigne de la ravissante route principale, on est émerveillé par ce que l’on voit autour de nous. Un vert éclatant et contrastant avec le bleu du ciel.

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C’est donc naturellement que l’idée d’un petit trek s’est imposée. Enfin naturellement, sauf pour Helena qui se voyait déjà rouge vif, le chignon voguant au rythme de ces battements de coeur dés les premiers 100 mètres de dénivelé. Heureusement, l’idée de pouvoir, le soir venu, avaler deux fois plus de nourriture pour se récompenser, lui permit d’arriver au bout !

Partis pour 6h (forcés par le gus dictateur) nous avons fini l’itinéraire en 4, pause parota (sorte de petite crêpe) inclue.
Choisissez votre camp : considérez enfin les athlètes que nous sommes, ou taxez l’employé de l’office de tourisme de menteur …

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imageNotre guide au nom imprononçable, appelons le Claude-Suresh, n’en était pas moins sympathique. Une fois la tentation passée de semer Héléna pour pouvoir raccourcir la rando et aller jouer au cricket avec ses copins en short-sari, il nous a expliqué en détails la culture du thé et le biotope local …

En fin de trek, et pour nous mettre en appétit, nous avons assisté, de loin, à une fête locale religieuse. Les festoyeurs en paréo, étaient alors en pleine pendaison de chèvre, en vue de la préparation du dîner. La pauvre bête, dévêtue de son cuir et suspendue par les zarpions, était en train de se faire découper en format kebab. Le guide, hilare, se bisquait déjà nous voir tourner de l’oeil, mais c’était mal nous connaître, étant des fans inconditionnel du best-sellers Martine à la ferme.
Une fois l’animal débité en côtelettes, Helena remarqua la peau de l’animal reléguée dans un bosquet, et visiblement ignorée des autochtones. L’idée de la mission « SUS AU NUBUCK » lui traversa vite l’esprit. Initier une mission commando puis s’en faire une paire de boots…

Après deux jours au régime riz-curry et eau gazeuse, nous avons enfin découvert le Graal. Un buffet gargantuesque en open orgie de nourriture ! A nous salades, colleslaw, poulet au safran et autres délices ! Après 5 allers-retours au buffet, ayant pitié des regards dépités des serveurs qui voyaient venir la faillite, nous allions nous coucher, dans ce que nous pensions être un douillet lit de montagne. Grave erreur !

S’apprêtant à se glisser sous les draps, Thib tombe nez à nez avec une famille d’asticots logée confortablement dans NOS DRAPS. Il hésite une seconde à les stocker dans le cas d’une future disette alimentaire, ou dans le but de pêcher notre prochain repas. Héléna, elle, prépare déjà sa culotte méga couvrante en fer forgé et ses boules Quies pour éviter toute incursion de l’animal pendant la nuit. Elle n’est pas contre un petit vers solitaire pour se débarrasser des kilos superflus mais ne voit alors aucune utilité à l’asticot.

Après cette belle nuit protéinée, le trajet de bus vers Madurai fût rebaptisé le Club Med Gym. La route de montagne, avec virages à 180° et vide de centaines de mètres à portée de roues, nous a permis de contracter nos muscles 3h durant. Les adbos pour ne pas tomber du siège à chaque virage, le périnée pour éviter de salir ces mêmes sièges …

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Voilà donc pour le Kerala ! En bonus, pour finir plus cultivés, voici quelques éléments forts intéressants sur le thé, sa culture et sa transformation :

L’arbre à thé a une durée de vie de 100 ans. On le coupe à son pieds tous les 20 ans. Seules les 3-4 rangs de feuilles supérieures sont utilisées pour les boissons. Elles sont récoltées tous les 15 à 20 jours.

C’est la feuille sélectionnée qui déterminera le type de thé. Parmi celles coupées, les feuilles inférieures sont utilisées pour le thé noir, les feuilles supérieures pour le thé vert et le bourgeon pour le thé blanc.

À thé bientôt !

 

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Cochin comme cochon

C’est a Cochin (ou Kochi, voire Ernakulam ; choisissez votre nom préféré) que nous avons décidé d’écrire sur une des choses qui nous déstabilise le plus lors de nos voyages : la pollution.

Kochi donc pour la décision, mais bien plus tôt pour le constat. On attendait simplement que notre audience égale celle du Monde avant d’aborder des sujets si importants …

Que constate t’on alors en voyage dans un pays comme l’Inde (c’était aussi vrai au Cap Vert et au Sri Lanka notamment).

Et bien on constate surtout une chose : C’est dégueulasse !

Pollution dans la rue

Partout les déchets s’amassent. On croise des sacs plastiques, bouteilles et autre emballages partout dans les rues, dans les caniveaux, sur les trottoirs, dans les fossés, les cours d’eau, la foret, les lacs, partout !
Naturellement ça pue assez souvent …

Ce sont sûrement les plages qui choquent le plus. Elles centralisent pas mal de ces déchets via les cours d’eau puis les les vents, vagues et marrées qui les renvoient vers le bord.

Secret de photographe : pour prendre une photo qui vous fasse un tantinet rêver, on est quasi systématiquement obligé de réfléchir au cadrage pour éviter les ordures … Ne vous étonnez pas de voir plus de ciels que de sols…

La "face cachée" des filets de pêche de Cochin

La « face cachée » des filets de pêche de Cochin

Donc l’Indien vit dans le merde. Mais qu’est ce qui l’y pousse ?

Il y a la personne qui jette ses déchets à la poubelle mais qui ira ensuite la déverser dans la rue ou dans un champ. Il y a la personne qui ne pousse pas le raisonnement jusque là et qui jette directement tout ce qui l’importune au sol. Sans gêne, sans même se poser aucune questions ; c’est totalement « normal ».

Brûler ses déchets en Inde pour faire disparaitre la pollutionDans tous les cas, si la vue des déchets devient dérangeante, on les entasse puis on y met le feu. L’odeur de plastique brûlée devient habituelle pour nous tant elle est régulière. On croise le long de chaque rue des petits feux ou des endroits où le sol est noirci, comme pour nous rappeler cette belle pratique.
Les déchets te dérangent ? Mets y le feu : leur vision s’évapore dans l’atmosphère, comme leur caractère polluant d’ailleurs… Problem solved !

On parlera rapidement de la pollution liée aux véhicules. Ici énormément roulent au gazole et sont de plus vieux et mal entretenus. Les gaz prennent rapidement a la gorge dans la villes, rendant une petite ballade si désagréable qu’on en vient à regretter d’en avoir eu l’idée…

Ne parlons pas de l’industrie et de ses usines qui rejettent leurs polluants sans aucun filtres. D’abord les visites d’usines ne font pas partie de notre circuit touristique, ensuite la question a largement été abordée à la Cop 21 si utile et ensuite, il est difficile de se faire donneur de leçons sur ce point. (Malgré tout c’est sûrement là que l’impact global est le plus important).

On parle donc de ce qu’on voit. De la pollution urbaine et du comportement qui va avec.

Le problème, avant d’être économique, (c’est vrai qu’il faut de l’argent pour mieux gérer son impact) nous apparaît essentiellement culturel.

L’Indien, comme d’autres d’ailleurs, n’en a simplement rien à foutre. En vérité je crois qu’il n’a même pas conscience que c’est mal.

Un petit étang en Inde ? non une poubelle

Pire, là ou pourrait taxer chez nous la sensibilité à l’environnement de « problème de riche », ici c’est l’inverse. C’est par la consommation que l’on expose sa réussite. Plus on gagne, moins on marche et plus on consomme de manière ostentatoire.
Au lieu de se rapprocher de son panier bio issu de l’agriculture locale, ici le riche de base, on en a aussi, rêve de grosse bagnole, de gadgets en plastique chinois inutiles, de grosse montre et de gros portable. La richesse s’exprime dans la consommation.

C’est donc malheureusement les aspects culturels et les habitudes qui en découlent qui semblent être les plus problématiques.L’industrie c’est une chose, et pas des moindres. Malgré tout on ne voit pas comment, dans ce climat de pensées, les choses pourraient être amenées à changer …

Un personne expliquera :

– la pollution c’est naturel.
– ah bon ?
– et bien oui, la pollution émane de l’homme, l’homme est naturel donc la pollution aussi. En Inde il y a beaucoup d’hommes donc beaucoup de pollution.

Merci pour cette leçon, c’est vrai que tout devient logique maintenant …

Mysore Palace

Hello world,

Après nos péripéties à Badami city, le voyage est largement revenu à la normale.
Le petit déjeuner englouti, enfin ce que nous avons pu trouver, un samosa à la pomme de terre et un jus d’ananas coupé à l’eau de pluie, nous voilà partis.

Arrivés à notre nouvelle adresse, Mysore, après un modeste trajet de 3h en train pendant lequel Thib a pu échanger à son voisin le journal local contre des cacahuètes, nous arrivons enfin de nouveau dans une ville sympathique !

Juste par petit plaisir voici notre page favorite du journal en question, les petites annonces de rencontre, par caste religion ou profession. Le Meetic local en somme.

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Après avoir posé nos affaires dans l’hôtel le plus propre que nous n’ayons jamais eu, il y avait même un rouleau de PQ, nous sommes partis en ville pour une petite ballade.
L’intérêt principal de la ville est le sublime Palais. S’éclairant uniquement le dimanche soir de 19h à 19h30, nous avons été forcés de patienter avec quelques bières sur un rooftop. Malheureusement, aucune bière n’était inférieur à 650ml, ou à plus de 2€…

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Rationnée en nourriture par Thib le comptable de l’épopée, mais jamais en bière, je fus autorisée à 3 bières avant dépassement du budget quotidien.
Avec seul un modeste samosa avalé à 9h du matin pour tenir debout, nous quittons le bar sur nos tongs à roulettes.
Je file à l’hôtel enfiler ma burka du soir, un pantalon, pour éviter l’attroupement hindou autour de mes giboles couleur cheese naan.

Et enfin le palais ! Moultes émotions en voyant apparaître ce Palais des milles et une nuits au milieu de la ville, éclairé par des milliers d’ampoules (97 000 tout de même).
Malgré nos précautions nous n’avons pas échappé à l’attroupement.
Thib accaparé par un nain-dien souhaitant devenir son meilleur ami, je me retrouve coincée avec un autre, pas du tout nain cette fois, qui veut m’emmener découvrir la ville.
Sauvée pas le gong, qu’on appellera Thibaud, celui-ci me rejoint avant qu’Aladin ne m’embarque sur son tapis pas volant. Visiblement déçu que mon boyfriend ne soit pas une pure invention, il dit à Thib « You look like a smart guy, smarter than me ». Était-ce pour lui signifier sa victoire ? Le coq à vaincu le boeuf.

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Après le Palais, nous empruntons un tuktuk qui nous propose de découvrir une fabrique d’huiles essentielles et d’encens. Le patron nous explique les processus de fabrication de l’encens, en gros bambou-charbon-poudredetrucquisentbon et des huiles. Il nous tartine ensuite les bras de toutes ces huiles contre les maux les plus improbables.
Il y en a même une pour faire pousser les seins !
Bref, évidemment, il essaye de nous vendre la boutique, mais forts de notre expérience au Sri-Lanka, où nous nous étions déjà fait pigeonner, nous résistons et réalisons que les huiles sont encore plus chères qu’en France.
Nous réussissons à nous extraire avec un bras senteur candy-up fraise et le deuxième au Lotus double épaisseur. Cette odeur nous suivra jusqu’au lendemain.

imageDirection la dernière expérience de la journée, le Mc Do indien !!
Après avoir tenu 15 jours entiers avec naans et plats en sauce, nos papilles trépignent déjà d’impatience face aux photos du Mac Maharaja.
Première surprise en arrivant sur place, il n’y a qu’un seul burger ! En version végétarienne ou non veg.
Mais où sont les Big Mac, double cheese, Big Tasty et autres douceurs tellement espérées ?! Au moins un Mac Chicken ?!
Trop tard pour faire demi-tour, de toute façon mes cannes ne me porteraient pas plus loin. Nous commandons donc les Mac Maharajah, aussi appelés The Social Burger.
Au premier croc je sens qu’il y a anguille sous roche, ou plutôt piment sous pain. Il s’agit là, et sans exagérer, du plat le plus pimenté que nous n’ayons jamais mangé en Inde ! Le Mac Maharajah est farci de piments !
Ça c’est bien les indiens : tu leurs files un truc délicieux, et ils ne peuvent pas s’empêcher de rajouter du curry dans la sauce et des piments sur la viande !
Mais enfin, nous on ne met pas des escargots dans nos burgers en France ! Bon ok, parfois peut être un peu de fromage à raclette…
Bref, ça nous a tout de même fait chaud au coeur ce petit bout d’Amérique version Masala.

Nous allons nous coucher full Raoul avec un super livre, Je suis Pilgrim, que l’on vous conseille fortement.

Bisous au lotus

Badami de pain

Mes chères compatriotes,
(on est à court de formules pour commencer les articles)

Nous venons de quitter une ville des plus déstabilisante dont on doit vous parler.
On nous avait dit que Mumbai n’était pas représentatif de l’Inde ; on l’avait compris pour Goa et Hampi.

Nous voici maintenant dans un autre monde : Badami.

Après 6h de trajet en bateau, à pieds puis en enchainant 3 bus, nous sommes dans ce qui nous apparaît comme le trou de cul de l’Inde (même s’il y a sûrement bien pire).

Ici les porcs côtoient les poules qui vivent entre les vaches et les chiens qui, vous l’avez compris, ne sont jamais loin des hommes.

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Mettez tout ça dans une même rue (c’est charmant un village rue), ajoutez énormément de trafic, un bruit de klaxon continu (et horrible) et énormément de poussière (ils ne la balaient pas la terre battue par ici) ; vous avez maintenant une petite idée de la ville où nous séjournons.

Donc un village rue, sans charme, sale et bruyant. Le rêve !

Sans compter sur le fait qu’il n’y avait ni wifi (#howardjegado), ni viande dans les restaurants, vous ne voyez pas le  rapport… Nous non plus !
On va essayer de vous décrire notre impression le mieux possible.

Avez-vous vu le film Interstelar? Pour ceux qui ne l’auraient pas vu, il s’agit d’un film dans lequel la terre n’est que poussière.
Il est impossible de mettre la table plus d’une minute avant de manger sous peine d’avoir une petite plage de sable dans son assiette. Voilà le premier ressenti que nous avons eu en arrivant dans cette ville.
Un nuage géant de poussière et de klaxon, soit, un vrai plaisir.
Cette impression s’est rapidement  confirmée par la suite, lorsque nous nous sommes rendu compte que tous les habitants, soumis à une tempête de sable continuelle, avaient la fâcheuse habitude de tousser et de cracher des mollards à tous les coins de rues. Notre deuxième impression fut, logiquement, de se dire que cette ville était en fait un sanatorium géant. Et triste sort, qu’Héléna se retrouvait à nouveau entourée d’un foyer actif de tuberculeux.

On vous rassure, il n’en était rien.

imageL’Inde est décidément le pays des contraste. La beauté de la ville n’a d’égale que la gentillesse de ses habitants.
Ici tout le monde veut nous aider, ils sont tous extrêmement intéressés ; comme si on était les seuls blancs qu’ils n’avaient jamais vu (c’est vrai qu’on n’en a pas croisés beaucoup).

 

 

Quelle scène lorsque nous nous sommes « aventuré » dans les petites rues du village (en y regardant mieux il n’y a avait pas que la rue principale). Tous les enfants criant à nos trousses, puis en réunion de rue impromptue. Discussions, rires et photos, beaucoup de photos… À priori nombreux d’entre eux ne s’étaient jamais vu sur un écran.

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Vous connaissez la sensibilité de madame au genre humain et son amour des enfants. On la surnomme coeur de pierre, mais lorsque qu’on s’est aventuré au milieux de ces petites ruelles et nous sommes retrouvés au milieux de dizaines de fillettes le sourire jusqu’aux oreilles, je dois vous dire que l’émotion nous a pris de court.

Même si les fillettes ont essayé de force de nous emmener dans leur maison pour déguster une banane. Ceux qui connaissent Héléna reconnaîtront sa phobie de l’ingrédient. C’était si horrible de dire non ; c’est comme si elles voulaient partager avec nous le peu qu’elles avaient  sans pouvoir comprendre qu’elle eusse préféré avaler une migale vivante que d’approcher de trop près le fruit défendu.

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Nous avons eu tellement de joie à nous parler, à partager avec elles, à prendre des photos et à discuter avec les plus grandes qui traduisaient pour les plus petites.
Ce moment à été un véritable rayon de soleil au milieu de cette ville si épuisante.

Ils nous on fait promettre de leur envoyer les clichés, par la poste bien sûr… Helena était parfaite dans le rôle de grande soeur.

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imageThib a ensuite signé son premier autographe, au Pablo Escobar local d’ailleurs. Lui qui avait l’air si dur entouré de sa clique s’est montré plus souriant qu’un gamin chez le marchand de bonbons lorsqu’il nous a abordé en plein repas. « You are stars because you are visiting Badami ! » OK.

 

imageEnfin, le clou de la visite, le but initial de notre épopée : les grottes (temples creusés dans les roches), le lac et le fort.

Calme et quiétude remplacent alors l’oppression de la grande route. Enfin, le calme jusqu’à la prochaine émeute selfies.

 

 

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Nous avions prévu d’annuler nos visites en périphérie pour repartir plus vite de la ville. La tourista aidant, nous y avons séjourné un jour de plus …

A grande mégalopole facilitée de transport. C’est un trajet de bus de 14h qui nous permet de repartir. Pour une nuit étape à Bangalore d’abord pour une arrivée attendue à Mysore le lendemain.

Bon courage pour ce lundi matin.

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Happy Hampi

Bim bam boum, nous sommes à Hampi.

Hampi est une ville qui a été construite par des rois indiens il y a fort longtemps, et il y a donc pleins de temples partout. La ville à été abandonnée entre les 16eme et 19eme siècles et la jungle à repris le dessus jusqu’à ce qu’un anglais, probablement Harisson Ford, ne la redécouvre.

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imageLe malus des temples, c’est qu’il faut laisser ses chaussures à l’entrée. Jusque là pas de drame, je mettais mes espadrilles dont seule l’odeur suffisait à rebuter les potentiels pillards, mais aujourd’hui, avec mes new balance toutes fraîches au milieux des tatatanes à lanières, j’avoue que j’ai croisé les doigts très fort pour les retrouver à la sortie ! Heureusement Ganesh, ou Ganache pour les intimes, le dieux du chocolat fondu, a exaucé mes prières.

La particularité de cette ville, c’est qu’elle est coupée en deux par une rivière sacrée. Vous ne pouvez la traverser que par mini barque, entre 6h et 18h. Après finito ! Et vous êtes coincé sur l’autre rive jusqu’au lendemain…
Si vous osez, il est possible de prendre un panier pour rentrer. En effet, quand la petite barque ne circule plus, ils mettent sur la rivière des paniers géants en osier pour traverser. Nous n’avons pas testé, mais à mon avis il vaut mieux ramer très vite si vous voulez regagner l’autre rive avant que le panier ne sombre.

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L’autre particularité, c’est qu’il n’y a pas de route en bitume, mais uniquement des chemins ensablés le long desquels s’alignent des échoppes. Vous penseriez que les habitants se seraient habitués à cette poussière ambiante, mais non, ils s’acharnent à la balayer.
Imaginez vous essayer de balayer une plage…
En arrivant à 6h du matin, Thib m’a sorti un grandiose « mais ils en ont pas marre de balayer de la poussière ! »

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Le soir, plutôt bonne ambiance. Nous allons dans un reggae bar avec deux anglais rencontrés dans le bus de nuit (ça crée des liens). Les bars n’ont pas de carte d’alcool, mais vous servent en fufu derrière le comptoir des godets de rhum frelatés #mystomachremembers.
Nous avions choisi ce bar car il y avait une soirée « Chinese man » (un super groupe français). Dans la réalité indienne, il s’agissait de mettre sur YouTube une musique de l’artiste en boucle toute la soirée.

imageMais nous avons bien rigolé, surtout quand nous nous sommes rendus compte que nous avions la même passion que les british.
A savoir, prendre les toilettes indiennes en photo pour trouver les plus sales possibles.

Je vous prépare un petit vote pour élire la number 1 !

Voilà nos nouvelles aventures, je dois vous dire que les indiens sont  tellement gentils , les femmes vous proposent de partager leur repas dans les parcs, les enfants vous font des danses dans les parcs aquatiques et ils ont tout le temps le sourire aux lèvres.

See you later !!!

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Masala kiss!

Sukanta Das – Beach Boy à Goa

Nous avons rencontré Sukanta Das sur la plage d’Arambol dans l’état de Goa.
Sukanta est « Beach Boy » ; il installe les transats et la terrasse, accueille les clients, les sert et veille à leur bien-être.
Touchés par sa grande sympathie et son sens du service, nous avons fait du Meston (Beach Shack – bar de plage) notre QG en journée. Nous avons très vite sympathisé.

Voici l’histoire de Sukanta.

imageGet another Life : Peux tu te présenter ?
Sukanta Das : Je m’appelle Sukanta Das, j’ai 20 ans et ai grandi à Calcuta.

GaL : Quand es-tu parti vers Goa et pour quelles raisons ?
Sukanta : J’ai quitté ma famille il y a 4 ans pour venir trouver du travail ici à Goa. Je suis parti seul. Avant le service de plage, j’ai travaillé 3 ans comme assistant barman en night-clubs.

 

 

GaL : Pourquoi Goa ?
Sukanta : L’équation était simple : Goa => tourisme => travail => argent

GaL : Quelles sont tes conditions de vie ici ?
Sukanta : Je travaille 7j/7 de 8h à 23h. J’ai deux pauses de 5 minutes chaque jour pour les repas.
Après le service je dors directement dans la payotte. Les nuits étant mouvementées sur la plage, le sommeil n’est pas toujours évident à trouver.

GaL : Puis-je te demander combien tu gagnes ?
Sukanta : 4 000 roupies par mois (+/- 60 €). J’envoie la quasi totalité de cette somme à ma famille restée à Calcuta.

GaL :  Que penses-tu de ton travail ?
Sukanta : Je n’aime pas beaucoup mon boulot. Le soleil tape très fort toute la journée, le travail est fatiguant, les horaires à rallonges et je suis très mal payé.
Les clients sont par contre généralement assez sympathique avec nous.
NDLR : ce n’est pourtant pas l’impression que nous ont donné nos voisins russes. On ne nageait pas vraiment dans le respect et l’amour de son prochain …

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GaL : Tu as des amis ici à Goa ? Des passions ?
Sukanta : Oui j’ai des amis. Mais avec mes horaires, difficile de trouver du temps pour les voir. Je n’ai pas de temps pour les loisirs ici.
Il en va de même pour le djembé que j’aime pratiquer. D’abord je n’ai pas le temps de jouer, en plus je n’ai pas les moyens de m’acheter un instrument pour pratiquer et progresser.

GaL : Et à Calcuta, comment se passe la vie de famille, et les amis ?
Sukanta : Ma sœur est mariée. Elle vit désormais dans la famille de son mari. Ma femme vit avec mes parents dans l’attente de mon retour. Les relations sont bonnes.

GaL : Parlons de ta femme justement. Tu peux nous en dire un peu plus ?
Sukanta : Nous sommes amoureux depuis l’enfance et mariés depuis 5 mois. Nous attendons un enfant d’ici 5 mois. C’est l’amour de ma vie. J’ai de la chance d’avoir pu épouser la femme que j’aime.

GaL : Jolie histoire ! Comment vois-tu ta vie de famille évoluer dans les années à venir ?
Sukanta : Je compte travailler ici encore 3 ans pour économiser un maximum. Si j’y arrive, je compte ouvrir une petite échoppe à Calcuta où je pourrais à la fois nourrir ma famille et être à leurs côtés.

GaL : Ton plus grand rêve ?
Sukanta : Avoir passeport et visas pour pouvoir voyager et découvrir le monde. Ensuite, je voudrais retourner auprès des miens et de mon magasin à Calcuta.

Nous n’avons pas eu le temps de demander à Sukanta ce qu’il pensait de l’injustice de la vie. Cette si petite chose qui l’a fait naître dans une famille pauvre de Calcuta plutôt que dans une famille plus aisée dans une autre partie du monde. Cette petite différence qui fait qu’aujourd’hui c’est nous qui voyageons et lui qui s’occupe de nous…

Nous n’avons pas échangé ensemble sur cette question mais une chose est sûre, nous n’avons pas fini d’y penser.

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Propos recueillis sur la plage par tranches de 5mn. Sukanta avait assez peur que son patron remarque ce que l’on faisait …

Tout voyage demande patience

Mes chers amis,

Nous avons beau profiter chaque jour de nouveaux paysages splendides, il faut tout de même que l’on vous raconte le voyage qui va avec.
Tel le macaque qui épouille son congénère sans relâche, il faut s’armer de patience et de zénitude pour apprécier ces trajets interminables et ces longs moments d’attente.

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Comme dirait le Cac, à la recherche d’une idée kitch de tatouage pour sa soeur, ce n’est pas la destination qui compte, mais le voyage.

Je dois toutefois vous avouer que ce mantra, ne s’applique pas tout à fait à l’Inde.
En effet, à titre indicatif, la superficie de l’Inde est environ 6 fois supérieure à celle de la France. Autant vous dire qu’une toute petite distance en Inde, un petit bout d’index posé sur la carte, qu’innocemment vous imagineriez être un Paris – Orléans sur l’autoroute, est en fait un Paris Marseille en monocycle à travers champs. Globalement pour connaître son temps de trajet en inde il faut multiplier le nombre de kilomètres par deux. Ainsi, si vous devez faire 400km, comptez en moyenne 13h.
En bref, Il ne faut pas être pressé.

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Pour parcourir notre périple, nous avons pu tester jusqu’à présent plusieurs modes de transports, ayant chacun leurs petites particularités, pour notre plus grand plaisir!

– Le rickshaw, ou tuk-tuk
J’ai beau apprécier l’air frais que me procure une ballade en tuktuk de bon matin, je dois vous avouer que lorsque le trajet dépasse les 15 minutes, vous pouvez observer plusieurs effets de bord assez malheureux.
1- si vos lunettes de soleil ne comportent pas d’essuis-glaces, ce qui semble a priori peu courant, vous terminerez très probablement avec une constellation de nuisibles fossilisée sur vos bésicles.
2- si vous possédez des cheveux, si vous n’êtes pas russes c’est le cas (cf let’s goa), attendez vous à un graissage instantané de la perruque et à une coupe de cheveux à la Farrah Fawcett version friture.
3- enfin, les routes étant finalement plutôt des pistes, vous penserez donc avoir bien bronzé au sortir du tuk-tuk, mais rassurez vous ceci n’est que poussière !

Moralité :  Don’t take the tuktuk before clubbing
PS : je ne précise pas qu’en cas d’accident vous perdez à tous les coups. Bus vs tuktuk, voiture vos tuktuk…C’est un peu comme jouer à pierre-feuille-ciseaux avec quelqu’un qui utilise le puit.

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– le bus de nuit
L’avantage du bus de nuit est qu’il vous conduit à bon port, sans perdre de temps sur votre journée, et surtout en économisant une nuit d’hôtel. Bon ça, c’est dans la théorie bien sur.
Dans la pratique, et pour plus d’empathie, imaginez-vous allongé dans un petit caveau, qui serait accroché derrière le space-mountain, qui serait lui même conduit par un technicien sous crack. En gros même avec deux somnifères il est quasi impossible, et c’est moi la narcoleptique qui vous le dit, de s’endormir sans sourciller.

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– le train
Nous n’avons pas encore eux de déplacements très long en train, mais nous avons déjà eu une aventure des plus palpitantes à Mumbai. Pour revenir de Mumbai sud, la où il y a les petites choses touristiques, il faut prendre un train. Il peut être soit slow, qui s’arrête à toutes les stations, soit fast, qui ne s’arrête qu’à quelques stations.
Innocemment et dans l’optique de gagner du temps nous montons dans le fast. Le regard étonné et alarmiste des indiens du wagon ne nous affole pas plus que ça et nous continuons notre route.
Jusqu’à ce que nous arrivions à deux stations de l’arrivée…
Il se trouve que plus on s’éloigne du centre, plus les trains sont bondés, et plus des gens veulent monter. Je ne vous parle pas de la ligne 13 ou du RER A, mais rassemblez les deux dans un wagon et on ne sera pas loin.
Bref, nous nous rendons vite compte, qu’à moins de sauter du train en route, une fois que celui-ci serait arrivé à la station, nous ne pourrons plus sortir, bloqués par une horde d’indien hargneux bien décidés à monter dans le wagon.
Ni une ni deux, les genoux en mashmallow de stress après avoir assisté à cette scène de jungle urbaine, les indiens autour de nous s’organisent et nous coachent pour « le saut ».
À ce moment je vous avoue que je m’imaginais déjà mourir piétinée sous une montagne d’hommes en chemises à carreaux Celio (triste destinée !). Mais heureusement, grâce à tous nos petits amis indiens et leur coaching sans faille je saute tel un cabris sur le bitume et nous finissons sains et saufs 😉

Je vous écris cet article après environ 24h de voyage contenant 1h de taxi, 4h d’attentes dans un café miteux, 11h de bus et là nous attendons une chambre depuis 2h, et surtout par pitié…une douche!!
Mais nous sommes arrivés ici, et ça, ça vaut bien toute l’attente du monde !

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What’s up Goa !

Ou comment cette colonie portugaise est devenue une capitale hippie puis quelque chose d’assez différent.

Avant toute chose un peu d’histoire : les Hippies et Goa …

D’une superficie égale à la moitié de la Corse et comptant aujourd’hui environ 1,5 millions d’habitants,  Goa est passé sous contrôle portugais au début du XVI ème siècle.

Même s’ils voient d’abord Goa comme une simple colonie et une base navale, les portugais ont pour la région une vision au long terme. Pour péréniser leur présence, ils encouragent leurs hommes à s’y marier et respectent (à peu près) les traditions locales. Goa deviet rapidement un élément incontournable de l’empire portuguais, tant au niveau culturel que commercial.
L’Inde gagne son indépendante en 1947 mais ce n’est qu’en 1961, suite à une reconquête largement facilitée par l’armée portugaise, que Goa est officiellement le intégrée dans l’Union Indienne.
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C’est à la même époque que certains jeunes américains délaissent leurs coiffeurs préférés.

Les jeunes baby boomers rejettent les valeurs de leurs parents et s’opposent à la société de consommation. Ils revendiquent leurs différences notamment par leurs codes vestimentaires et coiffures atypiques et par leur vision libérale des relations amoureuses.
Contre-culture à l’état pur, le mouvement s’étend géographiquement et trouve de nouveaux adeptes à travers le monde. De nombreux français s’y retrouvent d’ailleurs (vous vous souvenez sûement de Monique ?).

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L’Inde voit les premiers chevelus s’installer sur son sol assez vite (toujours dans les années 60). Poussés par La Recherche de Soi, les jeunes hippies parcourent le monde. Après Londres, Amsterdam et Istanbul, chassés de Katmandou, c’est à Goa qu’ils trouveront leur terre promise. Outre de par sa facilié d’accès, le choix s’expliquerait essentiellement par les qualités estétiques et météorologiques de l’Etat. Les hippies colonisent tranquillement les plages et s’installent dans les villages de pêcheurs aux maisons collorées.

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C’est l’avènement du rock psychédélique, du yoga et de l’usage des psychotropes.

Dans les années 1990 c’est la culture techno / transe qui s’y impose.
L’état attire de plus en plus de monde ; indiens fortunés et clientèle étrangère aisée débarquent. Les hippies s’exilent alors vers le nord (où nous étions).

L’arrivée massive des russes venus profiter des plages et se saouler à bas côuts mettra le dernier coup de glaive dans l’empire hippie. Les derniers résistants finiront par se retirer dans le calme des montagnes.

 

Mais alors, qu’est ce que Goa aujourd’hui ?

Nous avons séjourné dans deux villages côtiers au nord de Goa : Anjuna et Arambol. Dans les deux cas la même « architecture » : des cahutes bordant la longue plage de sable fin et des rues à l’arrière formant le village.

Dans les villages vous trouverez essentiellement de quoi ravire le touriste : guesthouses, restaurants et boutiques de souvenirs, partout … Bijoux, fringues de baba, papier toilette et eau minérale.

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Sur la plage on est heureux de voir que le béton ne sert qu’aux fondations (et encore, à priori le sac de riz rempli de sable fait bien le boulot aussi). Les constructions d’un étage maximum sont faites de bambou, paille et feuilles de palmiers. Tous les shacks servent à boire et à manger. Les prix nous permettent de nous faire plaisir sans (trop) compter (comptez 1€ la bière ; 5€ le repas).

La première ville, Anjuna, a plus dévié vers le tourisme de masse. Ici vous pourrez faire du jet ski ou de la banane traqutée sur de la délicieuse techno russo-allemande. Nous ne sommes pas restés …

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A Arambol, plus calme, pas de bruit de moteurs ni de beaufs en gilets de sauvetage. C’est plutôt le calme environnant ; ce sont les rythmes transe et reggae qui vous accueillent. La population touristique est plus à cette image. Globalement, c’est bien plus Shanti Shanti (j’adore cette expression !).
Des Beach party sont organisées tous les soirs et pour peu que vous ne vous arrêtiez pas au premier Shack venu, il est à peu près sûr que vous trouverez l’ambiance qui vous convient.
La plage, éclairée de milliers de bougies et de quelques feux de bois est belle de nuit, magique …

Et alors, qui croise t-on à Goa ?

Vous l’aurez compris, l’ère des hippies et révolue. Aujourd’hui on croise surtout des touristes. Venus profiter du cadre idyllique, ils viennent seuls, en famille (on croise beaucoup d’enfants) ou entre amis. Beaucoup de russes, des anglais, très peu de français.

Les familles les plus « roots » sont belles. Le soir venu les enfants dansent avec maman devant le feu après une longue journée de châteaux de sable entre amis.

La journée on surprend de nombreux jeunes, « roots » eux aussi, s’adonner à la méditation et au yoga sur la plage. Le soir c’est à l’odeur que remarquerez que vous n’êtes pas isolé.

Jeune yogi à Goa

Enfin, on croise des indiens, beaucoup d’indiens.
Ceux qui travaillent dans les shacks bien sûr *, mais aussi d’autres indiens issus de milieux plus aisés. Ils viennent se faire plaisir dans le Saint-Tropez local. Il ne faut pas oublier les mendiants qui sillonnent la plage du lever au coucher du soleil, essayant de vendre des bijoux ou limitant l’approche à une main simple main tendue.

Jeunes indiens jouant au football a goa

A Goa nous nous sommes senti bien. Au calme, sereins. Comme si le temps s’était arrêté. On imagine facilement comment les gens finissent pas y passer des mois, sans même vraiment s’en rendre compte.
Il faut maintenant avancer et notre prochaine étape, d’où je finis cet (interminable) article. Hampi. Nous nous rapprochons des temples et d’un autre type de spiritualité.

Il est 7h30 ce matin. Je vais bientôt perdre Héléna. Après une nuit de bus mouvementés nous sommes arrivés ici vers 6h. Nous attendons notre chambre en admirant les pèlerins déjà très nombreux aux portes du temple Virupaksha.
Bonne journée.

* Ne ratez pas le portrait de Sukanta Das, Beach Boy à Goa !

 

Let’s goa !

My dear friends the hippies are gone !

Plage de GoaChassés à coup de techno allemande et de ruskov cocaïnés, les hippies ont fuis les plages de Goa pour se réfugier dans les montages. Plus proches de la nature, et surtout du pavot, nous n’en avons pas croisés beaucoup sur notre route.

Fun fact la première hippie installée à Goa était française et s’appelait Monique, Momo pour les intimes.

L’État de Goa est le plus petit d’Inde mais il reste très grand! Les villes s’enchaînent le long de la côte, certaines très festives et d’autres plus shanti shanti [poséeees]

Sur la plage, quelque soit la ville dans laquelle vous vous trouvez, on vous proposera plusieurs services plutôt insolites.
Goa - Inde - Nettoyeur d'oreilleMon favori, le numéro 1 : le nettoyeur d’oreilles. L’homme armé d’un cure dent géant, et d’un chiffon ayant probablement servis à cirer deux ou trois mocassins avec la cire précédemment récoltée, tentera alors de vous récurer jusqu’au tympan.

Mon numéro 2 : les vendeurs de miel aphrodisiaque. Une petite lampée et vous vous transformez alors en « tiger power ».
Mon numéro 3 : Les vendeuses de bijoux, jusque là rien d’incroyable, mais elles ont surnommé Thibaut « chicken lollipops » (sucette au poulet). Rien que pour ça elles font parti du top 3!

Actuellement nous sommes dans la ville la plus au nord de goa, Arambol. C’est la ville la plus hippie que nous ayons trouvé sur les conseils d’un joueur de hand pan (mon instrument préféré à écouter absolument).

Détente sur la plage de Goa en IndeIci c’est roots à gogo et personne n’a les cheveux au dessus des fesses, à part les russes qui n’en ont pas. Le pantalon est large, vous pouvez allègrement y stocker deux ou trois étrons. Il y a également un magasin de dreadlocks. J’avoue que la, j’ai eu une petite tentation sur la dread, mais même sans magasin je ne suis plus très loin du compte.

Free massage à GoaJe vous passe les échoppes de reiki, les massages groupés sur la plage ou encore les annonces du guru Jean Michel (j’ai oublié son nom) nu comme un vers en posture du lotus.

Bon seul bémol, la hippie est mince, très mince même (#jalousie). Je pense qu’elle doit se nourrir de spiritualité…et donc non, elle ne s’enquille pas cheese nan et Pina colada.

Mais ma foi, chacun son bonheur !

Sea, drink and sun à GoaJust enjoy Goa