Birmanie Birmanus

Désolé pour le titre, je n’ai pas pu m’en empêcher.

Une des choses les plus marquante de notre visite restera sans conteste la gentillesse de ses habitants. Ça fait un peu cliché j’en conviens, mais c’est pourtant l’heureuse vérité.

Ici l’échange de sourire est la norme. Souriez et vous êtes sûrs de recevoir la pareille.
Vous aurez alors le plaisir de profiter de ces dentitions parfaites. Édenté par l’abus de Béthel, le birman sourit rouge, au sens propre du terme. *

Pas une heure se passe sans croiser des personnes qui viennent à votre rencontre pour vous saluer.

IMG_0329

C’est encore plus frappant avec les enfants qui sont eux carrément excités par la rencontre. Il n’est pas rare qu’ils vous courent après pour vous arracher un hello, un bonjour ou un Mingalaba. Ajoutez à la scène une dizaine d’autres enfants qui jouent de la musique et dansez avec eux, le moment restera gravée longtemps dans votre mémoire.

IMG_0332

L’enthousiasme se partage aussi avec les adultes.

Le contexte propice à la rencontre s’amplifie exponentiellement au fil de l’éloignement des noeuds touristiques. La différence se ressent d’un village à l’autre, il suffit de ne plus être sur le lieu de passage massif de l’amas blanchâtre.

On s’étonne souvent que le tourisme dans le pays ait « déjà » 5 ans. Souvent on a l’impression d’être le premier blanc à passer les portes du village. On créé l’événement. On attise les curiosités. Il n’est pas rare de se voir offrir un fauteuil et un thé dans la rue par de parfaits inconnus …

IMG_0327

Vient alors le moment de l’échange. Nos hôtes sont largement aussi curieux que nous.
C’est d’ailleurs souvent assez cocasse. Dans les villages peu sont les birmans anglophones.
On communique comme on peut. Par les mots très peu, par les gestes un peu, et par les sourires et les rires surtout. Que de moments exceptionnels !

IMG_0331

On ne se comprends pas vraiment mais on profite mutuellement de la présence et de la gentillesse de l’autre. D’égal à égal on se toise, on échange et on se marre !

Quel plaisir aussi de parfois passer simplement inaperçu. Arriver dans un village et se fondre dans la vie. Ne pas poser de différence c’est se faire accepter et intensifier ensuite les échanges.

IMG_0336Assister à un combat de coq dans la rue, partager un cigare et un verre de gnole au coin du feu, se marrer a travers le paravent de la « douche ». Les moments de partage ont été nombreux et ce serait vous ennuyer que de tous les lister.

Parlons quand même des visites d’entreprises et des habitations. Les gens vous arrêtent dans la rue pour vous montrer leur quotidien, fiers de leur cadre de vie et heureux de le partager.

Enfin, une petite pensée pour Eindawbar, notre nouveau pote moine bouddhiste, qui nous a fait visiter son monastère de long en large. Dommage qu’ils jeûnent chaque soir, on aurait eu plaisir à l’inviter à dîner. Tant pis, on suivra ses aventures sur Facebook. C’est pas parce qu’on est moine qu’on est pas connecté !

IMG_0320

On gardera malgré tout une petite frustration. Faute à la barrière de la langue, on regrettera de ne pas avoir pu discuter en profondeur, en apprendre d’avantage sur la vie, les pensées, parler de ce qui nous unie et de ce qui nous différencie. Partager notre vision mais surtout recueillir la leur.

IMG_0326

Ici, la drogue acceptée et utilisée quasiment à l’unanimité, c’est le bethel. Feuilles qu’on mélange avec de la poudre de cailloux et d’autres ingrédients inconnus, le bethel est chiqué par les birmans de tous âges. Résultat : dents déchaussées, gencives rouge flash et crachats continuels de ce jus rougeâtre à l’odeur forte.

Allez, en bonus, quelques dernières photos de Birmanie. À très vite, depuis la Thaïlande !

IMG_0333

IMG_0325

IMG_0337

IMG_0322

IMG_0323

Pêcheur au Lac Inle en Birmanie au soleil couchant

Indiana Jones et la pirogue birmane

Nouvel article de notre guest writer Eléna.

 

Après avoir retrouvé des amis parisiens la veille, nous louons un bateau pour une journée sur le lac Inle.
Rendez-vous pris à l’embarcadère à 8h.

Déambulant tel des pèlerins dans la ville, nous sommes accostés par un birman à scooter qui nous propose ses services. Trait de caractère de la V Family, je l’envoie valser à Vienne en deux temps.
La diplomatie (légendaire) d’Helena le ramènera sur la route des négociations. Le prix est décent, il veut bien faire toutes nos étapes, il sera notre pilote du jour !

Première difficulté monter et descendre de ce bateau de fortune.
Bateau étroit = tangage assuré
N’ayant pas pris l’option bouée et maillot dans la formule, on essaye d’éviter de finir dans les eaux vaseuses du lac.

Maisons sur le lac Inle en birmanie

Un tour de lac, premier arrêt sur l’un des marchés « flottants »… il se passe sur la terre ferme.
Nous évitons gaiement les nombreuses échoppes pour touristes en manque de bibelots pour arriver sur le marché local. Piments, poulets et jouets à gogo.

Femmes au marché sur le lac Inle

Thib et Julien se font recoudre leurs pantalons en direct. Ils enfilent un longiy, tissu pour homme à nouer autour de la taille et c’est parti pour une réparation express.

Lac Inle Birmanie marchand
S’en suivent des visites quasi interminables de différents ateliers de fabrique locale.
Les tissus en lotus, les cigares, l’orfèvrerie… À chaque fois guidés par notre batelier qui espère bien faire une petite commission sur nos achats.
Les ateliers sont des Disneyland locaux pour touristes en manque de « vraie vie birmane ». Ils se délectent de voir ces gens « si pauvres et si peu équipés en machinerie motorisée ». Les acteurs tisserands partent en pause thé dès le dernier touriste sorti de l’atelier.
Bien sûr, on aurait pu en visiter de nombreux autres. Mais trop c’est trop et nous mettons le holà sur les ambitions pécuniaires du batelier.

Lac Inle Birmanie cigares
Nous prenons la direction de Inthein pour aller jouer les Indiana Jones entre les stuppas.
Long trajet en bateau pour y arriver. Heureusement mes ronflements étaient couverts par ceux du moteur ! Deux petits réveils en chemin :
– la montée d’écluses (sans portes) en essayant de faire décoller la barque le plus haut possible ; remix des bûches à Europa Park
– La croisée avec une famille de buffles se prélassant tranquillement dans les eaux de la rivière. Finalement, on aurait peut être dû prendre l’option bikini !

A destination, nous échangeons avec des marchands qui nous proposent une boisson à base de lait concentré, de perles de tapioca, de gélatine et de sirop rouge … Hmmm un aller simple pour la tourista qui se révèlera finalement agréable au palais.

Montée à travers les ruines : pagodes, temples et stuppas par centaines. Le tout envahit par la végétation, des arbres poussant à même les ruines.

Inthein lac Inle Birmanie

Derniers arrêts sur le retour au « monastère des chats sauteurs ». Peu de moines et des chats plus ronfleurs que sauteurs !
Cela nous laissera le loisir de grimper à nouveau sur un pont bien bancal. Mon vertige légendaire n’apprécie pas trop les petites blagues de notre chauffeur : il nous dépose toujours plus loin des sites visités ; toujours un « pont » à traverser. Thib se moque gentillement mais Helena me prend en pitié. Elle me tend ses menottes pour m’accompagner et me guider sur les planches les moins bancales.

Vie sur le lac Inle en Birmanie

Trajet retour au soleil couchant. Des pêcheurs jettent leurs filets sur les eaux rougies et créent ainsi le paysage d’une carte postale. Nous sommes un peu loin pour la photo parfaite mais on vous laisse apprécier.

Lac Inle en Birmanie au soleil couchant

 

Bagan en roue libre

Après l’effort, le réconfort ! Nous passons quelques nuits de repos bien mérité au lac inle et une après le trek et une dernière soirée bien arrosée.
Initialement, nous avions innocemment prévu de nous sustenter d’un petit plat birman avec un couple d’amis français… mais lorsque vous trouvez un restaurant dans le routard, attendez quelques heures, et vous êtes sûrs que les derniers clients sont français, et ivres, et là, ça part en noisettes. Les propriétaires du restaurant nous jettent des regards désespérés après la commande d’une énième bouteille de pif, nous ne sommes pas loin d’avoir écoulé le stock du pays.

Le lendemain nous partons en bus de nuit pour Bagan, la ville des temples Birmans.
Plus de 2 000 temples construits par un roi qui avait la folie des grandeurs… Encore un qui avait des complexes ! On nous fait croire dans les guides que les stûpas ressemblent à des bols inversés, mais je suis sûre que Sigmund y verrait la même chose que moi.

image

Bref, après une nuit de toute fraîcheur dans le bus, nous arrivons à 4h du matin à Bagan.
Sans abris autres que nos sacs, dans lesquels nous ne pouvons malheureusement pas nous réfugier tel l’escargot au beurre aillé, nous décidons de partir admirer le lever du soleil depuis le sommet d’un temple.
Et la, c’est le gros hic. Il va falloir conduire…UN SCOOTER !
Autant vous dire que je suis déjà assez moyennement stable sur mes pieds, encore moins sur un vélo, je n’ose donc pas imaginer la version deux roues motorisées.
Pas le choix, il faut vaincre ses peurs, j’enjambe la machine tel Lucky Luke sur son fidèle destrier, même si je ne suis pas sûre qu’une carotte le fasse avancer. Je file comme le vent avec les pattes tendues façon trépieds pour éviter la chute.

image
Par un miracle que je ne m’explique pas, nous arrivons entiers au temple.
De nuit nous escaladons le temple à la Indiana Jones, affublés de nos lampes frontales, nous slalomons entre les indésirables : mygales, serpents et touristes chinois.
Je vous laisse profiter de la vue.

image

Une fois le soleil levé, nous décidons de nous rendre au petit déjeuner. Quoi de mieux qu’un petit plat de nouilles sautées à 8h du matin.
Seulement voilà, entre le moment où nous avions garé nos montures en bas du temples, et maintenant, des centaines de scooter se sont garés derrières nous. L’extraction va être difficile.
Ne maîtrisant pas tout à fait les subtilités de l’engin, je tourne maladroitement la poignée qui s’avère être l’accélérateur … La sentence est immédiate ! Je fonce dans la pile de scooters adverse à la manière d’une auto-tamponneuses lâchée dans un domino express.

Un birman affolé me coupe le contact pour éviter de plus amples dégâts.

Je me retrouve tel Johnny sans micro, K2000 sans Kit, Pamela sans son maillot…
Adieu monture de mes rêves.

Des pierres si précieuses

Special Guest Eléna que nous accueillons avec plaisir sur la partie birmane de notre voyage

Premiers pas sur le sol birman en sortie d’aéroport. Deux semaines off avec les loulous en commençant à Yangon. Pour les ignorants comme moi c’est le nouveau nom de Rangoon depuis environ 1985… Hmmm naissance -1 an, on aurait pu m’apprendre le vrai nom direct !

Pour me souhaiter la bienvenue, Thibaud est stucked au fin fond de notre hôtel avec son exam de droit. Par chance il y a la clim avec les 38 degrés locaux.

Nous en profitons pour une sortie infiniment culturelle avec Helena. Direction le musée de pierres précieuses.
(Cela pourrait aussi etre une astuce du ThibThib pour ne pas nous offrir de jolies pierres cet exam !)

Banlieue de yangon, 3eme étage d’un immeuble peu rénové. Jades, rubis, saphirs à foison dans une pièce un peu miteuse et sans trop d’explication. Tout cela avec une taxe blanche pour l’entrée, on repassera sur la culture. On apprend quand même qu’il y a des saphirs de toutes les couleurs et non pas que des bleus.

imageDes shops au rez-de-chaussée nous font de l’œil. Jetons un regard sur les bagues, les bagues en jade tant qu’à faire. Trop de choix… Les vendeuses nous en amènent des centaines. Petites, moyennes, grosses à petite pierre, fines mais avec pierre giga. Un chaland ne saurait que choisir. Helena trouve finalement assez vite sa bague de fiançailles. C’est vraiment dommage que Thib ne soit pas là pour la CB.

 

En deux coups de ciseaux la bague est à la bonne taille, nous partons découvrir Yangon au soleil couchant.

Grosse balade le lendemain dans la moiteur de la capitale et petit à petit le doute s’installe. Le doigt prend la couleur de la pierre. Est-ce logique d’avoir du vert-orangé au majeur ?

Le musée se trouve sur le chemin du bus. Allons-y faire un tour. Thib sort ses gros bras, Helena sa verve. Ils inquiètent ensemble la marchande.
Sûre de sa bonne foi, celle-ci n’en démord pas, ce n’est pas du toc sa camelote.
La couleur verdâtre viendrait juste du manque de polissage après la remise à la taille de la bague.
Un autre marchand nous propose de nous amener à l’atelier pour faire briller tout cela.
Ni une ni deux, notre bus ne nous attendra pas, on saute dans son 4×4.

Et là, un de ces moments de pure découverte en voyage. Loin des sentiers battus nous découvrons l’atelier de fabrique des bijoux birmans.
Un atelier pas comme les autres, non pas pour montrer aux touristes mais pour travailler à l’ancienne de belles pierres précieuses.
Un seul obstacle sur la route la porte d’entrée qui après avoir défoncé le crâne d’Hélèna, a vaincu le mien à la deuxième entrée.

image

Une découverte de part et d’autres. Un bébé amadoué à coup d’arlequin – certains diront que c’était une technique pour le tuer. Et quelques minutes après, la pierre fut !

Fissa fissa, un gros tour de 4×4 et nous attrapons notre bus pour Kalaw juste à temps.

image

3 jours, 2 nuits

3 jours de trek, pas de douche, deux nuits dans des huttes en bambou et 67km de marche. Voilà ce pour quoi nous nous engageons, lorsque oncle sam, une tortue birmane de 83 ans, et, à ses heures gourou des montagnes, nous expose notre trekking.

État des lieux du groupe prè-trek :
Niveau sportif : -12;
Nombre d’heures maximales endurées sans douche : 24h
Dernière marche de plus de 12h effectuée : jamais
Confiance en soi pour accomplir le trek : -12 000!!!

À tout hasard, nous choisissons de partir avec une autre famille française, Michel et Micheline, accompagnés de leur fille Jeanine (pour des raisons de confidentialité nous sommes obligés de modifier les prénoms initiaux).

Voilà pour le contexte.
Pour l’État d’esprit, figurez-vous vous que mon sac décathlon d’une valeur marchande de 3€, ne fait que 10 littre de contenance. Enlevez la place d’une bouteille d’eau et d’une liquette, il me reste globalement de la place pour 3 culottes, 2 paires de chaussettes et 10 sachets de smecta (dans le doute…).

image

À peine partie, je me visualise déjà tel le maillon faible du groupe, patte folle traînant à l’arrière, cellulite au vent et poumon en surventilation maximale au moindre dénivelé.

Mais comme le dirait docteur Alban « Sing Halleluya…. », le sort en décida autrement, car j’avais trouvé plus faible que moi.
Michel second mâle du groupe, affublé d’une demi ampoule et d’un appendice ventrale proéminent, prit de lui même la place du martyre, me déclarant ainsi, malgré lui, le Ussian Bolt du trek.
C’est vous dire la vitesse moyenne du groupe.
image

Le jour 1 se passe donc sans encombre pour notre team, et nous arrivons chez Chopi et Tony nos hôtes du soir. Le petit couple, âgé respectivement de 85 et 73 ans (et oui, Chopi est une cougar), nous accueille avec un grand sourire et une bolée de gentillesse.
Bon d’accord, leur sourire se compose d’une dent chacun, et alors, ils étaient trop mignons!
Pour vous décrire un peu plus Chopi elle ne se tenait debout qu’à 90 degrés, faute d’une vie passée dans les champs.
Et Non je ne ferai pas de blague graveleuse sur la position de Chopi et sa bouche mono-quenotte, car c’est bien une vie dans les champs qu’elle a endurée, et non une vie à satisfaire Tony…
Ok désolée je l’ai faite.

image

Nous passons une très bonne soirée accompagnée d’un bon repas cuisiné par notre cook : coco. Je me suis même risquée, dans un élan de bravoure, confortée pas ma possession en quantité indécente de smecta, à la salade de laitue et cacahuètes lavée à l’eau du puit. Thib, ce héro, partageait pendant ce temps un verre de gnôle locale avec Tony au coin du feu.

Je vous épargne la scène de Michel et Micheline soignant leurs ampoules sur la table du repas sur fond de drame conjugale « Mais Micheline tu n’as pris que 3 compresses, mais comment on aurait fait si je m’étais ouvert la jambe ».

Suite à cette délicieuse pitance, nous voilà partis pour une nuit en mode poney club chez l’habitant. Je vous avoue qu’à ce moment là une compétition internationale de shi-fu-mi se joue dans mon ventre : eau du puit – smecta – riz blanc. Les « toilettes » (le trou) étant situées à 100 mètres de la maison et au millier d’un champs de buffle, je prie très très fort pour la team Smecta-Riz.

Jour 2 :
Nous voilà repartis tels des cabris sauteurs sur les chemins de Saint Jacques.
C’est la matinée salon d’orientation pour Thibaud qui s’essaye à la récolte du blé, au sciage de bois et au tissage de panier en bambou.

image
4h de marche plus tard, et après avoir failli perdre Michel mâle une bonne dizaine de fois, avec son rythme de buflon neurasthénique, nous splitons le groupe en deux : chemin court pour les ancêtres et piste longue pour les guerriers, c’est à dire nous.
Petite pause baignade et shampoinade dans une rivière locale : « après l’effort, le réconfort ».
Je ne précise pas que le shampoing local s’appelle palmolive (pour rappel c’est notre liquide vaisselle).
Nous testons même de nouvelles pistes de randonnées avec notre guide.
Arrivé au village en fanfare, accueillis par un concerto d’enfants en train de jouer du maracas bambou, nous arrivons chez note nouvelle famille d’un soir.
Thib imperturbable tente une douche en se dirigeant dans l’enclos à buffle avec sa serviette…Personnellement je me fais bien à la saleté mon chignon tient seul sans élastique.

Jour 3 :
We did it !!!
Arrivée au lac inle avec notre sublimo chapeau pliable et 19h de randonnée dans les mollets, à ce moment là, je me sens un peu comme un héro ramazoti.

Fish Kiss
image

Et là, je mets quoi?

Il y a une question qui me taraude souvent depuis le début du voyage : Comment je m’habille aujourd’hui ? Non pas que j’ai beaucoup le choix entre mes deux shorts et 3 jupes … Ce n’est pas un comment s’habiller basique du lundi matin « qu’est ce que je vais mettre avec mon jeans noir », mais un comment s’habiller culturel, un comment je peux m’habiller ?

Est-ce que je peux mettre un short en Inde, sachant qu’il fait mille degrés celsius, est ce que je peux me découvrir les épaules en Birmanie quand je suis en jupe longue…
Jusqu’où puis-je aller en respectant l’autre, et pour qu’il me respecte ?

Est-ce moi qui manque de respect si je mets mes épaules à l’air en Birmanie, ou est-ce aux Birmans d’accepter mes différences culturelles ?

C’est une question que je me pose souvent, car finalement en France nous sommes assez libre, et nous ne ferrons pas de remarque (sauf gros cons) ni à la bimbo en micro short, ni à la jeune musulmane voilée. Tout est passe-partout, et tout est accepté.

En revanche, en voyage, j’ai l’impression que c’est toujours au voyageur de s’adapter. Attention, ce n’est pas une critique, mais plutôt un étonnement.
Il y certes les pays dans lesquels c’est régit par la loi, comme en Arabie Saoudite, ou nous n’irions pas nous trimballer la perruque au dehors. Mais même dans les autres pays, il semble qu’il faille toujours s’adapter.

D’un coté je comprends, car j’imagine que si c’était la coutume en Ouzbékistan de marcher les seins nus, et que des femmes arrivaient à Paris de la sorte, cela me choquerait un peu (j’aurais surtout peur qu’elles attrapent froid).
Mais d’un autre côté, je ne comprends pas. Par exemple, une femme en Saari indien a complètement le ventre à l’air, ce qui est presque « choquant » en France ; alors qu’un short chez nous c’est normal.

Le plus facile serait évidement de faire des concessions et de s’habiller de la manière attendue par les locaux. Mais en même temps, je ne vois pas pourquoi je me priverais d’un short en inde alors que je n’empêcherais pas un indien d’être en Saarong (jupe pour homme) en France.

Je ne pense pas qu’il y ait vraiment de réponse à ce questionnement finalement… Je pense qu’il convient de voir comment on se sent dans un pays et de s’adapter aux réactions des habitants.

Mais vous noterez que (malheureusement?) ce problème est exclusivement féminin. Car à ma connaissance, il n’y a pas de pays dans lesquels on demandera à un homme de ne pas mettre de short ou de se couvrir le torse sur la plage. Et peut être que c’est pour ça finalement que cette question me taraude.
Car au delà de la différence culturelle, que j’accepte volontiers, il y’a là une légère marque d’inégalités qui me dérange.

Et vous, vous en pensez quoi?