Le Party Boat

Cet article a été rédigé par le biscuit en chef Aleksandra Da Silva Zuraw

Le voici, le jour tant attendu, l’accomplissement d’une vie, la raison même de ma venue sur Gili Trawangan, pour ne pas dire en Indonésie, le jour du Party Boat ! Le Party Boat est un trimaran en bois sur lequel se regroupe une centaine de voyageurs festifs pour clubber sur les flots toute une après-midi.

Je me réveille excitée comme une puce à l’idée de réaliser l’un de mes rêves. Les knacks ne sont pas du même avis que moi concernant la valeur de l’attraction, mais je réussis à les convaincre. C’est donc tous les quatre que nous nous dirigeons vers notre lieu de villégiature.

Nous commençons tranquillement aux alentours de 13h avec quelques bouteilles houblonnées au Jiggybar, pour nous échauffer avant de monter sur le Jiggyboat, le trimaran support de nos aventures. Nous découvrons la faune avec laquelle nous allons partager cette expérience, et ne sommes pas déçus. Un florilège de personnages hauts en couleur s’offre à nous…

ALLIAGEEn guest star, nous avons le groupe « Alliage », aussi surnommé « Les Partir un jour », dont les membres Russes et fanatiques de la gonflette sont vêtus de leurs plus beaux slips de bains aux couleurs d’une boîte de stabylo boss.

S’en suivent les Pussycatdolls version XXL, dont l’objectif principal est évidement de conclure avec un membre d’Alliage. On remarque aussi un groupe de femmes à barbes maoris spécialistes du twerk, le sosie de John Snow, Loana (version pré loft) et bien sur un beau lot de Stevens, Johns et Jackys…

Que la fête commence !

filetArrivés sur le catamaran, on est accueillis par de la musique commerciale à souhait. Nous commençons instantanément à nous enfiler des Jaggerbombs et autres délices pour nous mettre dans l’ambiance. Très vite l’euphorie nous prend et nous nous jetons comme des lapins crétins dans les filets du bateau garnis de poufs (dans tous les sens du terme).

Arrive ensuite la première tournée de shots annoncée par la douce sonate composée par LMFAO « Shots, Shots, Shots, Shots ». Nous nous faisons généreusement rincer la glotte par diverses biatches tout en chantant à tue-tête, l’ambiance est à son comble.

C’est lorsque nous sommes enfin entièrement recouverts de sueur et d’alcool qu’arrive l’arrêt noyade baignade tant attendu. C’est avec quelques grammes dans le sang et main dans la main que nous sautons joyeusement depuis le pont du bateau. Que c’est agréable, nous batifolions dans les eaux turquoise tels de gracieux cachalots.

cachalot

Après diverses épreuves improvisées, comme le concourt du plus beau saut depuis le toit du bateau, le parcours d’accrobranche effectué sur le filet, la remontée la plus rapide de l’échelle… Nous remontons sur le bateau pour continuer à profiter du « parté ».

Boobies

Nous sympathisons alors avec le groupe des guerrières maoris très funs, et fortes (en personnalité).
A peine avons-nous le dos tourné que les garçons manquent de déclencher une bagarre avec des australiens homophobes, se sentant agressés par une danse de Thib. Il leur en faut peu aux vegemites.

Heureusement la féroce Helena parvient à les faire fuir en promettant un coup de boule au premier qui lèverait un poil sur son adoré, et en leur assurant qu’il n’y avait aucun risque pour que Thib souhaite conclure avec l’un d’entre eux. Les australiens décident alors de s’attaquer aux femmes à barbe. Grave erreur étant donné qu’à la moindre pichenette elles pourraient les propulser hors du trimaran et leur faire ravaler leurs propos. Ils le comprennent d’ailleurs assez rapidement.

Nous continuons à danser tout en profitant du magnifique coucher de soleil, lorsque l’heure du limbo sonne. Helena remporte bien-sûr le concours haut la main et se retrouve promue Shotgirl !

Limbo 2
Je suis terriblement jalouse mais reste heureuse pour elle, c’est tout de même l’accomplissement d’années d’entrainement, elle le mérite bien.

S’ensuit donc un moment inoubliable où elle nous remplit le gosier de ce qui semble être de la vodka/orange, et où elle twerk avec les maoris pour symboliser leur victoire commune face aux australiens homophobes.

Soudain on se rends compte que la croisière est finie, qu’il fait nuit et qu’il est malheureusement temps de quitter le navire. Ce fut trop bref à mon gout mais je me rappellerais longtemps de cette petite sauterie avec mes knacks, car à moins d’être Jay-Z, ce n’est pas tous les jours qu’on fait la fête sur un bateau au milieu d’îles paradisiaques.

Shots

 

La soufrière

Qui dit Indonésie dit volcan. Je n’ai rien contre les volcans, je trouve ça plutôt joli dans le paysage, ça me rappelle les bouteilles de Volvic Citron que j’engloutissais adolescente. Je les aime bien, mais de loin, dans les nuages ou sur Nat Géo. Mais comme ce n’est pas moi qui ai organisé ce voyage mais les Biscuits, notre couple d’amis à tendance hyperactive, les volcans font partis du voyage ; un point c’est tout ! Ils ne sont pas dans le décor, non, ils sont dans le programme. C’est-à-dire qu’il m’est dû de les gravir. Certains d’entre vous connaissent mon amour pour les activités physiques et mon handicap pulmonaire mineur ; il s’agit pour moi d’un moment de torture organisé. D’une mutinerie visant ma perte.

Notre premier volcan se situe sur l’île de Java, l’ile principale de l’Indonésie, et s’appelle le mont Ijen. Pour le gravir, comme si la souffrance de l’ascension ne suffisait pas, il faut se lever à minuit trente, faire l’ascension de nuit, posséder un masque à gaz pour ne pas défaillir de l’odeur de soufre (similaire à une odeur d’œuf moisi), et posséder une arme de type perche selfique, pour se frayer un chemin parmi les chinois en rut. Tout un programme.

Commençons par le commencement. Sonnerie de réveil, 00h30, ce n’est pas une erreur, c’est l’heure du levé. Autant vous dire qu’à cette heure-ci je suis dans le même état que lorsque je fais une pause pipi nocturne. C’est-à-dire que je sens que ce n’est pas la bonne heure, qu’il me faudrait encore potentiellement 8h de sommeil pour être de bonne humeur, et 48h pour être dans la capacité mentale d’envisager l’ascension d’un sommet de type volcanique.

J’engloutis trois brioches farcies à la crème pour me donner du courage et nous partons pour le pied du volcan. Après une route en épingles à cheveux dans la jungle, nous arrivons au point de départ de cette nuit de torture. Il fait nuit noire, dix degrés Celsius (soit 20° de moins de tout ce que je connais depuis 6 mois), et le chauffeur nous distribue des masques à Gaz dignes de la série Breaking Bad.

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Je suis partagée entre l’envie de déserter et celle de rester faire la sieste dans le 4×4 de notre guide. Entrainée par la pression du groupe, je me retrouve en piste malgré moi.

La seule chose qui me maintient debout est la nuit qui m’empêche de voir le dénivelé abrupt et le reste du chemin interminable. Je suis à deux doigts de continuer l’ascension en moonwalk arrière pour me faciliter la tâche. Au fur et à mesure de la montée les vapeurs d’immondices à l’œuf deviennent de plus en plus irrespirables ; je m’équipe donc tel Heisenberg pour surmonter l’environnement d’anus de poney malade.

Parce que je suis quelqu’un de chanceux, il se trouve que j’ai choisi le masque à gaz avec un orifice bouché. Heureusement, mon Lardon Adoré se sacrifie et m’offre sa cagoule à vapeur.

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Après quelques heures de marches et une bonne suée, nous arrivons au sommet du cratère par un miracle que je ne saurais décrire.

La particularité du Mont Ijen, mis à part son odeur particulière, ce sont les immenses flammes de gaz bleues qui s’échappent du cratère pendant la nuit. Et rien que pour ça, ça valait la peine de se faire brusquer par les Biscuits. Je regrette juste de ne pas avoir de chamallows sous la pince pour les faire griller dans le brasier.

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Vers 6h, le soleil se lève sur le lac du cratère et nous offre une vue à couper le souffle dans les vapeurs mystérieuses du volcan. C’est aussi le moment où les porteurs de soufre commencent leur dur labeur. Là où ma pauvre personne avait du mal à se porter elle-même jusqu’en haut du cratère, eux passent la journée à porter des paniers de 80kg de souffre vers le sommet, le tout en claquette. On s’y reprendra à deux fois avant de se plaindre de nos gagne-pains.

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A peine l’épreuve terminée les Biscuits m’apprennent qu’Ijen n’était qu’un petit entraînement, une broutille de 500 mètres de dénivelés avalée en une paire d’heures … La broutille m’a déjà semblé insurmontable.

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Mais demain, demain c’est le Big Deal. Demain c’est le Mont Rinjani, 3 jours de marche, 8h et 1 600 mètres de dénivelés dès la première journée, ça calme ! Alors voilà, je ne suis pas sure d’en revenir, mais si c’était le cas, je vous promets un délicieux article pour partager ma souffrance. En attendant j’espère secrètement me faire piquer par une araignée mutante pendant la nuit pour me transformer en super-héros.

Bon courage à tous avec le déluge en cours, profitez-en pour vous acheter une belle petite paire de boots à fleurs.

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Le péril fécal

Mes chères fougères, nous avons dû vous abandonner quelques temps suite à une aventure des plus malencontreuses envers ma personne. Nous avons quitté le Cambodge il y a maintenant deux semaines pour nous diriger vers Java, l’île principale indonésienne, et rejoindre deux camarades, Roger et Alex, aussi surnommés les Knacks, pour continuer notre périple.

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L’aventure s’annonçait donc des plus festive et amicale mais le sort en a décidé autrement. À peine arrivée à Jakarta dans notre auberge de transit que me voilà prise d’une soudaine envie de prendre une douche bouillonnante, et ce, malgré la température extérieure proche des deux milles degrés.

De retour dans notre chambrée s’en suit une envie frigorifique de climatisation extrême de type glace pillée. L’alternance de bouffées de chaleur me fait hésiter entre la ménopause et la fièvre. Etant encore à quelques décennies de la cinquantaine j’opte pour la fièvre et décide d’effectuer un planté anal à l’aide de notre thermomètre médical pour vérifier mon hypothèse. Le couperet tombe, 39.7, c’est bien la fièvre. Je me demande alors quelle maladie tropicale j’ai bien pu attraper.

Pour ceux qui me connaissent, il faut savoir que je suis plutôt chanceuse pour attirer les bactéries les plus improbables de la planète. Je m’imagine déjà dépérir d’une méningite birmane ou d’un typhus lao et commence sur-le-champ la rédaction de mon testament. Comme je n’ai rien, la tâche est plutôt rapide : je lèguerai mon backpack à Thib qui pourra sûrement tirer quelques deniers de mes sous-vêtements Primark.

S’en suit une semaine de type fiévreuse de laquelle j’ai un souvenir plutôt trouble. Les Knacks et Thib me trimbalent sur l’île de Java de ville en île, d’avion en tuk-tuk, pour que nous puissions tout de même continuer notre périple au programme millimétré. Il faut préciser que les Knacks sont plutôt de type allemands sur l’organisation de voyage, elles nous ont préparé un superbe programme mais du coup nous n’avons pas le temps de traîner. Après 4 jours de fièvre continue, nous décidons tout de même de tester un hôpital local pour écarter les maladies potentiellement mortelles.

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Direction l’hôpital de Yogyakarta, la seconde plus grande ville de l’île de Java. Je suis reçue par un médecin qui doit bien avoir 14 ans et le brevet des collèges, et en lequel je n’ai donc absolument aucune confiance. Je lui explique tout de même mes symptômes et il est rapidement rejoint par un médecin majeur. Celui-ci ne demande aucunement mes symptômes et me propose une prise de sang en me demandant de cocher les analyses que je souhaite faire… Il est effectivement des plus logique que je choisisse moi-même sur une liste interminable, rédigée en indonésien, les bactéries et virus que je pourrai potentiellement avoir. J’ai comme l’impression de jouer à l’euro million version morbide en cochant les petites cases du feuillet.

Dix-huit litres de sang plus tard, je montre l’analyse au docteur, qui me regarde hilare en m’indiquant que je n’ai rien et en me conseillant de ne pas manger de nouilles (ce qui ne me laisse globalement uniquement la possibilité de me nourrir de riz…) Ma confiance en son diagnostic proche de zéro s’amenuise encore lorsqu’il m’indique que la fièvre peut durer plus d’une semaine. Je repars donc bredouille, traiter tel Argan l’hypocondriaque [ndlr : le malade imaginaire].

Au bout d’une semaine dans cet état fiévreux stationnaire ou chaque mouvement est une épreuve Koh Lantesque, nous partons sur une île désertique afin d’augmenter mes chances de décès. Pour continuer dans l’hilarité, nous décidons de nous rendre au dispensaire local pour tenter d’identifier de nouveau cette maladie de type persistante.

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Lorsque je parle de dispensaire, je pense que comparativement, la petite chambre de Docteur Quinn Femme médecin est un hôpital technologique de pointe. Le docteur est en train de dormir face contre le bitume à notre arrivée. Lorsqu’il sort le tensiomètre préhistorique, l’hilarité me gagne et je ne place plus aucun espoir en son aide. Après moultes conseils fort utiles de ma belle-famille toubib, nous décidons un rapatriement vers Bali, île sur laquelle se trouve potentiellement un hôpital digne de ce nom. Nous trouvons effectivement une clinique « digne de ce nom » mais surtout, digne de notre carte gold. Cette fois le médecin choisit lui-même les analyses, ; je le sens je vais enfin pouvoir guérir !! Quelques heures plus tard, le diagnostic de mon hémoglobine tombe enfin, c’est la fièvre typhoïde.

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Après une recherche express sur le site de l’institut pasteur, la joie me gagne en apprenant que cette maladie s’attrape après avoir ingéré, involontairement je le précise, de la matière fécale humaine, et qu’elle est également surnommée … le péril fécal ! Je me remémore alors avec émotion mes derniers repas au Cambodge … saupoudrés de cette délicieuse bactérie.

Bref, mis à part le dégout violent que m’inspire la fécalité de cette maladie, je suis heureuse de savoir que je serai rétablie après un petit traitement antibiotique d’une semaine, soit que nenni. Après avoir déboursé des millions de roupies je remercie le firmament d’avoir opté pour une assurance de voyage.

 

Voilà, vous connaissez maintenant toutes nos aventures, qui à défaut d’être palpitantes, vous mettrons surement en appétit de repas asiatico-excrémentiels.

From Bali, with love,

Pute Pute Pute

Je n’ai rien contre les putes.

Je me permets de le préciser en introduction, je n’ai jamais eu d’opinion particulière sur la prostitution, ou sur les prostituées.

C’est une pratique que j’ai vue de loin mais à laquelle je n’ai jamais été confrontée.
Bien sûr sur j’ai croisé des prostituées dans la rue, ou dans les vitrines d’Amsterdam, mais je ne me suis jamais vraiment posé de questions, car finalement, ça ne me concernait pas.
Même si c’est un peu lâche, on se pose toujours beaucoup moins de questions sur les choses qui ne nous concernent pas.

Je pense que mon idée principale sur la prostitution était de me dire que si c’était leur choix, et non sous la contrainte, si c’était dans de bonnes conditions, et non sur un tronc du bois de boulogne, alors pourquoi pas. Chacun est libre de gagner sa vie comme il l’entend après tout.
Bref, tout ça pour dire, qu’alors que je m’attendais à y être confronté frontalement en Thaïlande, c’est finalement au Cambodge que je l’ai vu de plus près.

Nous sommes arrivés il y a quelques jours sur l’île de Koh Rong, une île déserte encore assez préservée du tourisme de masse et des constructions bétonnées.
Le sable est blanc, l’eau est turquoise et les guesthouses sont des petits bungalows en paille, bref un coin de paradis terrestre.

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Sur les conseils d’un ami, nous nous installons à Monkey Island, une palmaillotte à une dizaine de mettre de l’océan. Nous nous accordons quelques jours de repos et de calme après le tumulte des bus chinois aux temples d’Angkor.

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Objectif principal de notre séjour : faire le pancake au soleil pour se colorer façon chicken wings, manger des pousses de bambous pour contrer le régime bière pizza de la ville précédente et retravailler nos photos pour faire une jolie rubrique sur le site.
Trois jours plus tard je peux vous dire que nous n’avons atteint aucun de ces objectifs, puisque le pancake s’est transformé en homard, le bambou en pâtes quatre fromages, et le site a dû être remis à plus tard pour cause d’absence de prises électriques sur l’ilôt paradisiaque. Mais là, je m’égare.

temple angkor wat

Tout a commencé le jour de notre arrivée sur l’île. Après nos douze heures règlementaires de bus de nuit, et comme souvent une traversée en bateau, nous voilà contraints de parcourir 300 mètres sur la plage, paquetage sur le dos, pour atteindre la guesthouse.
Entre la chaleur du sable, et celle du soleil, je me fend d’une crise d’empathie pour les paninis qui sont soumis à ce suplice quotidiennement.
Vidée par l’effort physique incommensurable de cet épopée, je m’avachie, façon lamentin, sur mon paréo pour recharger mes batteries.
Trop épuisée pour effectuer la moindre activité physique, ou intellectuelle, il ne me reste plus qu’à me livrer à l’une de mes activités favorites, le matage de badauds.
Mon œil alerte se pose alors sur un groupe dès plus dépareillé et rempli de promesses.

Longbeach koh rong

Le groupe est composé d’un homme russe d’une cinquantaine d’années, à la ressemblance frappante avec Crocodile Dundie, et deux jeunes russes, que l’on pourrait identifier comme les fils cachés, et puceaux, de Vladimir Poutine. Bref, je les imagine fort bien, tous les trois, chasser l’ours, torses-nus dans les steps glacées de Sibérie. Trois russes n’étant jamais seuls, voilà que j’apperçois trois cambodgiennes avec une absence de short leur tourner autour.
L’absence de short est un indice notoire pour une cambodgienne, puisqu’il faut savoir que la cambodgienne « de base » se ballade, malgré les 45 degrés Celsius, avec un jeans, des chaussettes sous ses tongs, un col roulé et la plupart du temps une cagoule en supplément.
L’absence de short semble donc indiquer un potentiel plutôt élevé de prostitution dans le groupe.

Alors que le petit groupe se dirige vers l’océan pour faire plus ample connaissance, je décide moi aussi de rouler ma couenne jusqu’à l’eau pour parfaire mon observation.
Visiblement, il n’y a plus de doute. Les cambodgiennes se retrouvent rapidement sans culottes, et je me retrouve rapidement forcée de m’en retourner vers le rivage si je ne veux pas assister à un coït Russo-Khmer des plus imminents. Sans compter sur les risques de me retrouver séquestrer dans une vague de semance de la descendance de Poutine.
Sans gène jusqu’au bout des ongles, les ruskovs n’hésitent pas à laisser leurs cannettes de bières directement dans la mer, accroissant ainsi mon désir de leur ascener un coup de bambou sur le casque.

Prise de nausées, je décide d’arrêter là mon observation du jour, tout en me questionnant sur la législation de la prostitution au Cambodge. C’est tout de même un pays plein de contradictions : si un homme non marié couche avec une femme il peut aller en prison pour 18 ans, mais pour les prostituées, pas de soucis !

Pour le petit fait culturel, l’apparition de la prostitution au Cambodge date de l’arrivée des casques bleus de l’ONU à Pnom Phen en 1975. Tous ces militaires, la fleur au fusil, lâchés dans une ville asiatique auraient dépensé près de 100 millions de dollars en argent de poche sexuel.
Les femmes étaient alors grassement payées, comparativement au salaire locale, et les pères se sont mis à mettre leurs filles sur le marché.

Revenons en à nos moutons. Le lendemain matin nous nous rendons dans le cabanons principal pour dévorer un bol de muesli mangues gargantuesque lorsque, surprise, qui se trouve à la table juste à côté ? Crocodile Dundee et ses deux acolytes, accompagnés de deux nouvelles petites cambodgiennes.
Je remarque alors la présence d’un autre nouveau personnage dans ce groupe atypique. Un petit Khmer rondouillard, à la moustache finement taillée et vêtu d’une chemise hawaïenne très largement ouverte sur son torse gras.
Il s’agit du maquereau, le Tony Montana du Cambodge, le magnum de la prostitution, le recruteur de courtisanes.
Sans gêne aucune, les hommes du groupe échanges des dollars avec le mac, qui indique ne pas encore connaître le prénom des filles de joies du jour. Croco demande si elles sont habituées, parce que c’est ennuyeux, les nouvelles sont toujours effrayées au début – seconde crise de nausée.
Et voilà, la même journée recommence encore et encore, à base de bières, de fessées khmer et d’attouchements publics en tous genres.

Voilà, il n’y a pas vraiment de fin à cette histoire, et je ne sais pas si elle est très intéressante, mais j’ai du mal à savoir ce que j’en pense.
Certes je peux comprendre la facilité pour ces filles qui vivent sur une île semi déserte de gagner « facilement » des dizaines, voir des centaines de dollars en quelques heures. Je viens d’ailleurs de commencer une nouvelle série – The girlfriend expérience – sur des jeunes étudiantes en droit qui deviennent call girls de luxe et facturent environ 3 000€ la soirée…
Alors oui, ça fait réfléchir sur les motivations des uns et des autres.
Mais malgré tout, je crois que j’ai beaucoup de mal à comprendre ces vieux russes répugnants, qui s’affichent sans gêne pénis et dollars au dehors comme si c’était les maîtres du monde.

Et pour moi finalement, c’est eux les putes !

Le (l)ivre de la jungle

Après nos aventures de mitraillettes il fallait bien que l’on continue à prendre quelques risques pour vous tenir en haleine … de yak.

Du coup on a décidé d’aller passer deux jours dans la jungle. Nous sommes accompagnés dans l’aventure de Nico, un acolyte des contrées parisiennes, retrouvé pour l’occasion.

Photo groupe cambodge

En préparation de ce défi en terre inconnue, nous décidons de nous réunir la nuit précédent le départ pour mettre en commun nos différentes techniques de survie autour de délicieux pastis khmer.
De mon côté je leur assure qu’il n’y a aucun problème, mon petit frère possède le coffret DVD complet des aventures de Bear Grills (man versus wild), je peux facilement nous fabriquer un hamac en bambou et manger du foie de renard cru en dessert…ou pas.

7h du matin, le chant du coq annonce le début du trek et il faut maintenant s’extraire de nos couches. Peut être aurions nous du limiter la quantité d’anis ingurgitée, le trek s’annonce difficile.

La glotte vacillante nous nous dirigeons vers notre lieu de départ pour rencontrer nos camarades de treks, qui seront, vous vous en doutez, les personnages clés de l’aventure.

Nous héritons donc dans notre équipe des personnages suivants ; il faudra composer pour les deux prochains jours :

  • Johny Walker : un éboueur irlandais aussi mutique qu’une brique carcérale et tétanisé par l’eau.
  • Sushi : une chinoise au prénom fascinant vêtue en permanence d’un imperméable solaire (cette fois c’est vraiment son nom !)
  • Ail : notre guide, ou l’homme qui ne s’arrête jamais de parler
  • Rahan : le « cuisinier » à la machette ne parlant pas un mot d’anglais

Groupe trek cambodge

Après 1h de piste avec un sac plastique sur les genoux en cas de moment de faiblesse, puis une heure en pirogue, nous arrivons au départ de notre trekking.
Petite baignade pré trek ; Jonhy Walker s’écarte du groupe pour trier des cailloux avec ses doigts de pieds… je crois que nous l’avons déjà perdu.

Après 30 minutes de marche, Ail nous propose de s’arrêter pour nous parler de « la culture de son pays ». Nous découvrons assez rapidement que la pause culturelle ne contient que les histoires de ses différentes conquêtes.
Ail nous raconte, qu’au Cambodge, il est impossible de conclure avant d’être marié, et que s’il avait le malheur de tremper sa branche, il risquerait 18 ans de prison.
Ça fait cher le coup de bambou !

À la 3ème légende urbaine d’un gus dénoncé aux autorités par les parents de sa partenaire, nous lui proposons gentillement d’avancer de quelques pas dans la brousse pour atteindre le campement à la tombée de la nuit.
De son côté, Rahan, toute machette au dehors, s’occupe de nous couper des lianes pour nous abreuver ; on se croirait sur Nat Géo.

Liane

Quelques heures plus tard nous arrivons au campement tout excités. On nous a promis une baignade sous une belle cascade…
Grosse désillusion ! La cascade est complètement asséchée et la rivière croupie, nous allons devoir garder nos odeurs de buffles pour la nuit.

Les bonnes nouvelles n’arrivent jamais seules … cette eau, croupie, est la seule disponible. Pas uniquement pour nous laver, ce serait trop beau. Rahan cuisine avec et notre guide Ail nous prévient qu’on y remplira nos gourdes le lendemain. #Yummy

Rahan

Pendant que Rahan s’affaire en cuisine (sur un rocher avec une machette), Johny Walker nous propose un jeu de carte. Ça s’avérera être le jeu de carte le plus inutile de toute l’histoire des cartes à jouer. Chacun reçoit une carte, on la retourne, et on regarde qui a gagné. Fun !

De son côté Ail n’a qu’un seul objectif : nous faire boire les 4 litres d’alcool de riz qu’il a embarqué avec lui. Tel Robinson il nous taille des verres à shot en bambou pour l’apéritif et enchaine les jeux de cartes. Il nous raconte comment il compte faire fortune avec son champs de noix de cajou.

Je fais un petit aparté pour décrire la technique fourbe du guide pour survivre à un apéro : se caler discrètement un litchi au fond de son verre en bambou pour en diminuer la contenance ; c’est discret et fort efficace.

Rahan nous apporte alors de quoi nous sustenter, et la je dois dire que j’ai autant envie de manger ce repas que de de me couper l’avant bras avec sa machette.

En entrée nous avons le droit à une délicieuse salade de bœuf cru au piment (un délicieux morceaux de viande ayant vécu 4h de trek, le bus et le bateau par 45 degrés dans un sac à dos).
On continue avec une ragoutante soupe de bambou ayant comme base l’eau croupie de la rivière.
Enfin un fish cheese (comprendre fromage de poisson – #truestory) : mettez un poisson entier dans un mixeur, laissez macérer dans un sac à dos et … voilà !
Ces délices sont évidemment arrosés de rice wine (vin de riz – ignoble et trop fort).

Salade de boeuf

À ce moment là je me visualise dans la scène finale des bronzés font du ski en me demandant lequel d’entre nous finira en premier couché sous la table ou avec un urticaire géant.

Ail nous explique ensuite quelques techniques infaillibles pour choisir le sexe de son futur enfant en fonction du calendrier. Coucher au début du cycle de Madame pour un garçon et au milieu pour une fille. Sexe vers la fin du cycle ? Attention, vous risquez un lady boy !

Nous nous délectons encore de quelques histoires sur la sexualité khmer (Ail a 27 ans et est puceau, ça a l’air de le travailler sérieusement). Il tente encore de nous forcer à boire sa gnôle par divers stratagèmes vicieux.

Nous partons nous réfugier dans nos hamacs militaires pour une nuit avec les rats et les gibbons.

hamac militaire

Jour deux : au réveil nos bouteilles d’eau sont remplis d’eau du lac vaguement bouillie, une vraie régalade. Après un succulent café à la vase, nous partons pour 5h de trek sans pause à travers la jungle.

Johny Walker et Rahan font équipe ; entre mutiques ils sont heureux. On s’imaginerait presque un début de relation.
Ail fait équipe avec Sushis. On l’a aiguillé innocemment en lui indiquant qu’ill ne risquerait pas la prison s’il arrivait à conclure avec une étrangère…

Instant Koh Lanta, Ail nous déterre une délicieuse mygale (« Il faut l’énerver pour la faire sortir de son trou« ). Maintenant qu’elle est à nos pieds, il nous explique qu’elle est mortelle. #mercipourcemoment.

Miraculeusement tout le petit groupe arrive au bout du trek sans encombre.
Comparée au contenu de nos gourdes l’eau de la rivière est si claire qu’on croirait de la Contrex. On se précipite dessus avec notre lifestraw. Un régal !

A l’arrivée, lorsque nous demandons à Johny si il ne s’est pas trop ennuyé avec Rahan, il nous répond que « Non, c’est la communication non verbale qui est importante, vous n’avez rien compris »
Pas impossible que ce soit lui qui conclu avec Rahan finalement.


Le Saviez vous ?

Nous avons visité un village aux coutumes surprenantes. C’est un plaisir pour nous de vous les partager :

Ici il est interdit de procréer pendant la première année du mariage. Comme les habitants n’ont ni contraceptifs ni préservatifs, les grossesses sont quasi systématiques. Deux choix s’offrent aux jeunes mariés :

  • Un avortement en règle à base de poison récolté dans la jungle
  • Un exil de la nouvelle famille dans cette même jungle. Pour regagner le droit de vivre au village les époux devront se dérouiller pour acquérir un beau buffle, 8 poules et 4 cochons. Ils tueront ces derniers dans un rituel horrible dont on vous passe les détails. C’est après, avoir tartiné les portes de toutes les maisons du village avec un mélange des boyaux qu’ils regagent leur place dans la communauté.

Une question nous taraude … On s’installe quand ?

Une histoire de mitraillettes

chères mères, chères grands-mères, pour votre bien, il est encore temps de refermer cet article !

Cette histoire commence lors du nouvel an laotien, Pimai.
Pimai est une fête qui dure près d’une semaine pendant laquelle l’activité principale des laos consiste à boire des bières et se jeter de l’eau les uns sur les autres dans les rues.
Une fête plutôt hilarante donc, mais qu’on aurait dû mal à imaginer en France.
Bon c’est sur que transposé un 31 décembre, par moins mille degrés, ce serait tout de suite moins drôle…

Pimai Laos

Pour affronter Pimai la règle numéro 1 pour un novice, c’est de s’équiper.
Il vous faudra : une arme d’arrosage massive (de mon côté j’ai opté pour le pistolet avec sac à dos rechargeable en pingouin rose pour une autonomie optimale), plusieurs caisses de beer Lao (là aussi pour une question d’autonomie), et un sac étanche (pour éviter les projections des deux autres)

bataille d'eau arme

La première journée de Pimai se passe sur une petite presque île asséchée au milieu du Mékong, avec une journée festive de type feria asiatique : tire à la code, concours de châteaux de sable (ici ce sont des temples), pinata…

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À peine débarquée sur la presque île, je me retrouve transformée en churros géant entre jets d’eau, de farine, et de colorant alimentaire. Avec la chaleur globale de 42 degrés je suis pas loin d’être frit à point.

Notez que j’ai trouvé une toute nouvelle utilité à la farine qui fait un très bon déodorant corporel puisqu’elle absorbe toute la transpiration (NB : penser à revendre l’idée à Narta).

Après deux jours de guerre aquatique intensive avec toutes les générations laos, nous devons nous résoudre à quitter la ville pour nous rendre dans le sud.

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Petite info anecdotique de l’ambassade : « Il est déconseillé sauf raison impératives d’emprunter le tronçon de route n°13 entre les villes de Vang Vieng et de Luang Prabang. Plusieurs attaques de véhicules par des agresseurs non identifiés ont eu lieu »

Je me vois déjà dormir avec tous mes précieux plaqués sur ma couenne avec du cellophane, mais je me dis que ça va aller !

Juste avant le bus, et en préparation de ces 24h de route, je me fend d’un délicieux sandwich bacon cheese avocat afin de conserver ma silhouette de rêve.
Alors que je m’apprête à passer un moment de grâce avec ma baguette, deux françaises nous abordent.
Après quelques banalités échangées sur la composition de mon smoothie, nous leur expliquons que nous descendons vers le sud.
« J’espère que vous ne prenez pas la route dangereuse » nous réplique la française aux dents noires.
« Bah si, l’avion coûte 15 fois le prix et il n’y a qu’une route, mais bon, j’espère qu’on se fera rien voler » lui répondis-je détendue comme un pape la bouche pleine de bacon.
Décidée à casser mon groove, et mon moment de grâce, elle me rétorque « Ah non mais ils en ont pas après tes affaires, ils en ont après les touristes ! Ils ont mitraillé deux touristes suédois à vélo et un groupe de chinois, il y a une attaque tous les dix jours à peu près« .
L’avocat de mon sandwich n’est pas loin de se transformer en guacamole dans mon estomac.
Je suis atteinte d’une crise de lividité cadavérique pendant que dents moisies continue son élocution, visiblement décidée à me couper définitivement l’appétit, « Oui on a rencontré pas mal d’expats et de locaux qui nous ont dit de pas la prendre, ce sont des paysans tibétains qui ont été expulsés, et ils s’attaquent aux touristes, de préférence chinois, pour faire réagir le gouvernement, donc tes affaires ils s’en foutent. En plus c’est sur un plateau dans les montagnes donc si tu te retrouves au milieu d’une attaque, t’as aucune chance« . [ndlr : en réalité on ne sait pas si ce sont des paysans, la mafia, des lao, des chinois ou ou autre puisque nous n’avons aucune source fiable sur le sujet – idem pour le nombre d’attaques, de blessés etc – on a entendu et lu au moins 10 sons de cloche différents]
Sur ce, elle se barre avec son sourire charbon me laissant dépitée comme une huître à l’idée de finir trouée comme une passoire d’ici la fin de la soirée.

Comme si ça ne suffisait pas je reçois le mail d’une amie qui prend des nouvelles et me prie de faire attention car aux alentours de son anniversaire on aurait 12% de chance de plus de mourir.

Autant vous dire qu’à cet instant j’ai autant envie de prendre le bus que d’aller faire un trek à Kaboul, mais ma foi, quand faut y aller …

Je précise à Thib que je refuse de prendre le bus si il y a des chinois, même si sans vouloir être raciste, je ne sais pas trop comment les reconnaître.

images (1)Nous allons donc prendre le bus de nuit, et je rentre dans ma petite capsule individuelle, dont la forme n’est pas sans rappeler celle d’un cercueil… Ok, j’ai un peu les idées noires …

La première partie du voyage se passe plutôt pas mal, je réussi à me détendre les artères même si thib m’a laissé soit disant pour « plus de confort « , la place près de la fenêtre !!

Au bout d’une heure ou deux le bus s’arrête au milieu de la forêt pendant près de 30 minutes. Je commence à avoir le palpitant en ébullition lorsque je me rends compte que le co-chauffeur est armé d’une mitraillette AK47 (je précise que c’est l’Américain derrière moi qui m’indique le modèle) et qu’il discute avec des hommes armés qui ont un comptoir dans la forêt et inspectent le dessous du bus.
Nous n’avons aucune idée de ce qui se trame et il nous est interdit de sortir du bus : sérénité maximale.

À l’heure qu’il est j’utilise tous les moyens de relaxation et protection mentale : répétitions de mantras, création d’une bulle protectrice mentale autour du bus…

Au bout d’un certain moment on repart comme si de rien. Je guette les fourrés à travers ma fenêtre, prête à me balancer de ma banquette supérieure en cas d’attaque.
2h plus tard, nouvel arrêt. Nous rejoignons deux autres bus, ce qui porte le nombre de mitraillettes à 3. Les chauffeurs et co chauffeurs s’enfilent quelques bières en toute quiétude, la mitraillette sur les genoux, et on repart. Je précise que les propriétaires des mitraillettes n’ont rien de militaires et que je n’ai plus aucune confiance en personne !

1h encore plus tard, alors que tout le bus est endormi, on s’arrête de nouveau… Et là, j’entends un tir !!
Personne ne réagit dans le bus ! Appelle aux mantras intérieurs, je me dis que j’ai du rêver…
Puis, quelques secondes plus tard, 4 coups de mitraillette, cette fois il n’y a plus de doute.
Je regarde thib déconfite, il a entendu aussi, il n’y a plus de doute. Je commence à méga flipper, j’imagine déjà le scénario catastrophe, le guet-appens tibétain ! Je le savais qu’il ne fallait pas monter dans le bus !
Je me risque à regarder par le pare brise, et la, qu’est ce que je vois, le co-chauffeur hilare, qui avait tiré une rafale en l’air, « pour se marrer ». Le gus complètement inconscient a failli me faire griller le palpitant. Je suis à deux doigts de lui en décoller une, s’il n’était pas armé…

Tout est bien qui fini bien le trajet se termine tranquillement, et je réussi presque à fermer une paupière
Comme l’a dit Thib : faire ce trajet, de surcroît de nuit, n’a probablement pas été notre idée la plus brillante du voyage !

selfie survivant

La ville qu’on a failli détester

Hello les radis,
Un des « problèmes » auquel on est confronté lorsqu’on voyage, c’est qu’on ne sait jamais comment sera l’étape suivante.

La prochaine ville, le prochain pays, est-ce que ce sera mieux ou moins bien ?
Les gens, les rencontres, les paysages…

Rivière nam ou laos

Et bien c’est ce qui nous est arrivé il y a quelques jours. Après quelques jours à looser dans nos hamacs façon rosbifs en suspensions, nous voilà partis pour une nouvelle ville au nom mystérieux de Muang Khwa.

Et là, dès le départ, ça sent le poney…

Il va falloir prendre un pirogue dont la flottabilité reste à prouver, pendant 5h, descendre pendant les rapides pour escalader les rochers car l’eau est trop basse, le tout entassés entre des poussins vivants, des poissons chats morts, des touristes et des locaux.

Muang Kwa bateau

Arrivés à l’aube, nous arrivons à obtenir avec un couple de toulousains des places de choix dans la chaloupe, c’est à dire les anciens sièges d’une Renault 5 vissés sur la barquette.
Rien ne se perd, tout se transforme.
Les badauds restants s’entassent sur des planches à l’arrière.
À mi chemin, une blonde, très prochainement surnommée : la connasse, dont le fessier proéminent devait pourtant rendre la planchette aussi confortable que les sièges de la feu-Renault, se fend avec dédain d’un commentaire désobligeant : « vous auriez au moins pu proposer d’échanger les sièges, c’est le minimum« .

Partagée entre l’envie de la balancer par dessus bord et celle de lui rétorquer que « ça aurait été avec plaisir si elle l’avait demandé aimablement, mais que dans ces conditions elle pouvait se le carrer la où je pense« , je me lance dans une introspection bouddhique et nous laissons à l’opulente et ses sbires nos trônes.
Un peu plus tard, l’opulente se colle à moi sur une planchette et essaye de gratter l’amitié lorsque je parle de fondue savoyarde, sauf qu’on ne plaisante pas avec le fromage, et encore moins avec les connasses. Je pense qu’elle l’a compris.

Nous débarquons une éternité plus tard, et à la limite de l’inanition, sur les rives de Muang Khwa : la ville fantôme.
Enterrée sous une couche de nuage épaisse, entre immeubles en constructions et coulées de boue, nous n’avons qu’une envie : partir au plus vite pour la prochaine étape !
Sauf que fichtre et poils de boucs : en raison d’un nouveau barrage les bateaux ne partent plus vers notre prochaine étape, et le bus fait globalement le tour du laos avant de s’y rendre, soit plus de 12 heures de voyage !

Nous sommes faits comme des rats ! Séquestrés dans la ville , heureusement avec le couple de toulousains, nous n’avons pas d’autres choix que de rompre notre abstinence de bières.

rencontre toulouse
Nous trouvons un bar des plus local, une sorte de hangar sans mur posé sur la rivière, avec barbecue au feu de bois au milieu de la table.
Après avoir essuyé une tornade, un groupe de laos vient nous rejoindre dans ce bar dans lequel nous étions les seuls clients.

pont laos

Mais il faut savoir que le lao est très festif et porté sur la bouteille.
D’ailleurs quand un groupe de laos s’installe dans un bar on ne lui apporte pas une bière par personne mais une ou plusieurs caisses de bières qu’on pose à côté de la table.

À l’aide de Thib « l’animal social », nous voilà en deux minutes bras dessus bras dessous avec les laos et les toulousains entrain de faire des concours de culs secs en chantant Soy Soy, le « Il est des nôtres » local.

À 21h nous avons couché les derniers laos survivants et nous nous apprêtons à rentrer en ville, lorsque nous entendons de la musique… [NDLR : chose assez intrigante pour une ville sans électricité]

Ni une ni deux nous voilà incrustés dans une maison laotienne à danser au milieu de plusieurs familles. C’est parti pour une session de clubbing laotien et bataille de glaçons avec Mamie, Papi et toutes les générations !

laos soirée 3

Après quelques heures de danses, et essayant de préserver nos hommes qui se faisaient tripoter les baloches par mamie Laos et sa descendance, on remarque une petite fille qui a une grosse gastro dans la chambre d’à côté. Encore une qui me vomi sur les pieds.

thib quinn

Ni une ni deux, Thib change de casquette et se transforme en Docteur Quinn auprès de la fillette.

De mon côté je suis plus proche de l’Indien mutique mais je lègue mon gri-gri perso, ma trousse de secours  smecta-tyorfan-vogalène pour sauver la fillette.
Le chef de famille nous remercie et nous les remercions tous pour cette merveilleuse soirée !

laos soirée 2

J’aurais du mal à nous imaginer laisser entrer 4 touristes éméchés ne parlant pas français chez nous et faire la fête avec eux toute la soirée, mais ici c’est ça, et on les en remercie mille fois !

soirée laos 1

Barque à Muang Ngoi

Faisons le vide …

Salut les knacks,

Ça fait encore quelques jours qu’on ne vous a pas écrit.

Ce n’est pourtant notre rythme effréné de Koala sous eucalyptus qui nous a trop occupé.
Perdus au milieu de la campagne nord laotienne, les lardons se la coulent douce au bord de la rivière.

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Nouveau rythme, plus lent, mais plus spirituel aussi. Et oui on vous disait pourtant il y a quelques jours qu’on était pas devenus baba-cool, et bien le destin nous a mis une petite fessée pour nous punir de nos moqueries.

On marche pieds nus dans les rizières et on se baigne tout habillés dans les rivières.
On a arrêté de boire de l’alcool depuis 5 jours, on mériterait bien un petit badge AA.
L’un de nous a par ailleurs découvert pendant une balade pourquoi une feuille de papier toilette s’appelle une feuille. On vous laisse imaginer…

Des vrais castor junior en somme !

thib trekking muang ngoy

Perdus dans la pampa, c’est presque naturellement que cette halte s’est aussi révélée bien spirituelle.

Notre nouvel ami Somaé (aucun lien avec le chanteur), moine de profession, nous initie à la méditation chaque soir depuis 3 jours.
Si vous en doutiez, il est très difficile de ne penser à rien !

pont lors d'une randonnée à muang ngoi

Autour de ses instants nous échangeons beaucoup. Somaé nous décrit la pensée bouddhique et on échange sur la vie.
On en profite, il nous a prévenu, il ne sera bientôt plus disposé à partager son savoir car il prévoit un départ pour la foret. Encore trop de distractions dans ce temple de campagne. Somaé veut se faire hermite dans une grotte pour accéder à de nouveaux niveaux de concentration.

En attendant c’est fort intéressant et je dois dire qu’on y prend goût à ces visites. Il l’a bien senti et a trouvé une parade pour se débarrasser de nous… En nous invitant au petit déjeuner des moines…

Le petit déjeuner consiste a manger tout ce qui a été donné aux moines le matin même : un mélange de riz gluant froid, de billets de banques, de soupes froides de poissons ou de cartilages… le tout à 7h30 du matin. Efficace !

pont devant le temple bouddhiste de muang ngoi