Tout voyage demande patience

Mes chers amis,

Nous avons beau profiter chaque jour de nouveaux paysages splendides, il faut tout de même que l’on vous raconte le voyage qui va avec.
Tel le macaque qui épouille son congénère sans relâche, il faut s’armer de patience et de zénitude pour apprécier ces trajets interminables et ces longs moments d’attente.

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Comme dirait le Cac, à la recherche d’une idée kitch de tatouage pour sa soeur, ce n’est pas la destination qui compte, mais le voyage.

Je dois toutefois vous avouer que ce mantra, ne s’applique pas tout à fait à l’Inde.
En effet, à titre indicatif, la superficie de l’Inde est environ 6 fois supérieure à celle de la France. Autant vous dire qu’une toute petite distance en Inde, un petit bout d’index posé sur la carte, qu’innocemment vous imagineriez être un Paris – Orléans sur l’autoroute, est en fait un Paris Marseille en monocycle à travers champs. Globalement pour connaître son temps de trajet en inde il faut multiplier le nombre de kilomètres par deux. Ainsi, si vous devez faire 400km, comptez en moyenne 13h.
En bref, Il ne faut pas être pressé.

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Pour parcourir notre périple, nous avons pu tester jusqu’à présent plusieurs modes de transports, ayant chacun leurs petites particularités, pour notre plus grand plaisir!

– Le rickshaw, ou tuk-tuk
J’ai beau apprécier l’air frais que me procure une ballade en tuktuk de bon matin, je dois vous avouer que lorsque le trajet dépasse les 15 minutes, vous pouvez observer plusieurs effets de bord assez malheureux.
1- si vos lunettes de soleil ne comportent pas d’essuis-glaces, ce qui semble a priori peu courant, vous terminerez très probablement avec une constellation de nuisibles fossilisée sur vos bésicles.
2- si vous possédez des cheveux, si vous n’êtes pas russes c’est le cas (cf let’s goa), attendez vous à un graissage instantané de la perruque et à une coupe de cheveux à la Farrah Fawcett version friture.
3- enfin, les routes étant finalement plutôt des pistes, vous penserez donc avoir bien bronzé au sortir du tuk-tuk, mais rassurez vous ceci n’est que poussière !

Moralité :  Don’t take the tuktuk before clubbing
PS : je ne précise pas qu’en cas d’accident vous perdez à tous les coups. Bus vs tuktuk, voiture vos tuktuk…C’est un peu comme jouer à pierre-feuille-ciseaux avec quelqu’un qui utilise le puit.

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– le bus de nuit
L’avantage du bus de nuit est qu’il vous conduit à bon port, sans perdre de temps sur votre journée, et surtout en économisant une nuit d’hôtel. Bon ça, c’est dans la théorie bien sur.
Dans la pratique, et pour plus d’empathie, imaginez-vous allongé dans un petit caveau, qui serait accroché derrière le space-mountain, qui serait lui même conduit par un technicien sous crack. En gros même avec deux somnifères il est quasi impossible, et c’est moi la narcoleptique qui vous le dit, de s’endormir sans sourciller.

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– le train
Nous n’avons pas encore eux de déplacements très long en train, mais nous avons déjà eu une aventure des plus palpitantes à Mumbai. Pour revenir de Mumbai sud, la où il y a les petites choses touristiques, il faut prendre un train. Il peut être soit slow, qui s’arrête à toutes les stations, soit fast, qui ne s’arrête qu’à quelques stations.
Innocemment et dans l’optique de gagner du temps nous montons dans le fast. Le regard étonné et alarmiste des indiens du wagon ne nous affole pas plus que ça et nous continuons notre route.
Jusqu’à ce que nous arrivions à deux stations de l’arrivée…
Il se trouve que plus on s’éloigne du centre, plus les trains sont bondés, et plus des gens veulent monter. Je ne vous parle pas de la ligne 13 ou du RER A, mais rassemblez les deux dans un wagon et on ne sera pas loin.
Bref, nous nous rendons vite compte, qu’à moins de sauter du train en route, une fois que celui-ci serait arrivé à la station, nous ne pourrons plus sortir, bloqués par une horde d’indien hargneux bien décidés à monter dans le wagon.
Ni une ni deux, les genoux en mashmallow de stress après avoir assisté à cette scène de jungle urbaine, les indiens autour de nous s’organisent et nous coachent pour « le saut ».
À ce moment je vous avoue que je m’imaginais déjà mourir piétinée sous une montagne d’hommes en chemises à carreaux Celio (triste destinée !). Mais heureusement, grâce à tous nos petits amis indiens et leur coaching sans faille je saute tel un cabris sur le bitume et nous finissons sains et saufs 😉

Je vous écris cet article après environ 24h de voyage contenant 1h de taxi, 4h d’attentes dans un café miteux, 11h de bus et là nous attendons une chambre depuis 2h, et surtout par pitié…une douche!!
Mais nous sommes arrivés ici, et ça, ça vaut bien toute l’attente du monde !

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6 réflexions sur “Tout voyage demande patience

  1. Joelle dit :

    Je vois que vous commencez à entrer dans le vif du sujet : le CHEMIN ! !
    Profitez-en bien car c »est en revenant à Paris que vous allez avoir un choc. Mais au moins vous serez au point pour les jours d’affluence dans le métro.
    Toujours aussi sympa vos articles. Je me régale à chaque fois et j’attends avec impatience le suivant. Je viens de me rendre compte que j’ai raté celui d’hier alors je vais vite le lire.

  2. Herve dit :

    Vous trouvez que les Indiens klaxonnent assez ? Je trouve que ça va, environ toutes les 5 secondes c’est correct (n’oublions pas qu’un rappel « Horn Please » est parfois inséré à l’arrière des camions !).
    J’avoue le bus c’est assez terrible, je me souviens d’un voyage Pondichery vers Trichy, le conducteur s’arrêtait à peine sur les ralentisseurs, et bien sûr les amortisseurs sont morts sur ces bus, donc j’ai cru à chaque fois que mon crâne allait exploser ! 😀
    Enjoy. 🙂

    • get_another_life dit :

      Arrete tu me fais bader d’avance. On nous a parlé d’un trajet de 40h. Deux nuits et une journée complète. L’horreur !

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