Time to be alone !

Ça y est, après 6 mois à partager des moments exceptionnels 24h sur 24 avec mon Adoré, il est temps pour moi de continuer le chemin seule. Il retourne à ses occupations, et comme le marché de l’emploi n’est pas des plus actifs en juillet août, )l’est-il le reste du temps ?), j’ai décidé de prolonger mon séjour de quelques semaines. Pour les étapes suivantes je serai accompagnée, mais avant ça j’ai 15 jours à passer en solitaire à Bali. L’épreuve du feu !

Quand je visualise ces 15 jours je me dis que tout peut arriver : moi seule, moi avec des gens, moi avec la tourista, moi championne de surf…mais avec des probabilités plus ou moins forte de réalisation. Il faut dire que de prime abord je ne suis pas quelqu’un de très sociable avec l’inconnu. Je pense que généralement je ne prête pas attention aux gens, voir même que par défaut je ne les aime pas. Cela risque de me compliquer les choses, mais en même temps, je ne peux pas non plus aller contre ma nature…

C’est-à-dire que je préfère amplement être seule avec un bon bouquin, ou la nouvelle saison d’Orange is the new black, que de me forcer à faire la conversation à un groupe d’ados décérébrés. Ce qui est rigolo c’est que la solitude fait peur aux gens, que ce soit mes amis ou ma famille, ou même mon lardon, leur préoccupation première est que je me fasse des amis, parce qu’ils perçoivent comme quelque chose de honteux la solitude. Et c’est vrai, il faut dire que lorsqu’on voit des gens manger seuls, ou boire une bière seuls depuis le début du voyage, on a un peu pitié d’eux. Comme le petit gros de la cour de récréation. De mon côté, je ne suis pas forcément d’accord, et de toute façon je ne compte pas me mettre la pression et faire le tour des auberges avec un panneau « veux-tu être mon ami » autour du cou. Et puis après tout si Tom Hanks à survécu 4 ans en parlant à un ballon, je peux bien tenir 15 jours.

Alors on va voir comment ça se passe, et c’est ce que je vais vous raconter.

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Après un dernier burger avalé avec Les biscuits (notre couple d’amis), il est venu le temps de la séparation. Quelques larmes coulées sur fond de bacon plus tard, je me dirige vers les taxis, et commande discrètement un Uber. Il faut savoir, que comme dans chaque pays sur cette terre, les taxis indonésiens sont des chacals…. Quoi on dit des chacaux ? Non seulement ils sont désagréables et oppressants, mais en plus, ils coûtent environ 6 fois le prix d’un Uber pour la même destination. Sauf que comme ils le savent, ils poursuivent les Uber pour les tabasser. Un problème international finalement…

Je me cache donc discrètement entre deux voitures pour attendre mon carrosse, bien décidé à ne pas payer le prix exorbitant des extirpateurs. Je guette la plaque d’immatriculation et me prépare à bondir dedans tel un cabri solitaire, lorsque je vois deux taxis, repérables à leur chemise à manches courtes hawaïenne, courir après la voiture et commencer à donner des coups de pieds et poings sur la carrosserie. Mon Uber est contraint de fuir et de m’abandonner à ma solitude. Je jette un regard haineux vers les chauffeurs de taxi en les traitant de gros débiles ; fort heureusement, ils ne me comprennent pas.

Le problème c’est que maintenant que les taxis m’ont repérée, je ne vais plus jamais pouvoir commander de Uber car ils ne me lâchent plus des yeux. Je commence à m’éloigner dans le parking en zigzagant tête baissée pour qu’ils perdent ma trace.

Une fois à l’abri de l’ennemi, je retente ma chance. Les yeux rivés sur mon téléphone, je ne vois évidemment pas la marre de boue qui se trouve devant moi. Mes flips flops dérapent dans le jus et le poids de mon sac à dos m’entraîne à quatre pattes dans la marre. Me voilà recouverte d’une boue bien épaisse sur les bras et les jambes ! Arriver à me remettre debout, avec mes deux sacs à dos d’un poids total approchant le quintal, est digne d’une épreuve de Koh Lanta. Je réussi malgré tout à me rouler jusqu’à une zone d’herbe sèche, et en cet instant, je crois avoir atteint le point maximum de la loose.

IMG_3080Malgré tout je réussi à me rendre jusqu’à mon auberge qui se trouve dans la ville de Kuta. La moyenne d’âge doit avoisiner les 18 ans et l’idée de me retrouver de nouveau dans un dortoir me rappel de lointains souvenirs de mon roadtrip en Australie. Je me dis que peut être, pour la première fois de ma vie, je vais devoir mentir sur mon âge. #DEPRIME.

Je passe une première journée plutôt tranquille à bouquiner et me baigner, jusqu’à ce qu’un orage éclate. Je suis contrainte de rejoindre ma chambrée et rencontre mes colocataires du jour. Une allemande plutôt sympathique, et deux anglaises dont l’origine est facilement reconnaissable à l’épaisseur de leur couche de fond de teint. Etant donné la tempête extérieure, l’allemande et moi décidons de rester en caserne et de nous nourrir exclusivement des pancakes gratuits fournis par l’auberge. Les anglaises quant à elles, enfilent leur micro jupon pour aller clubber. Pas de répit pour les endives.

En pleine nuit j’entends les anglaises rentrer…mais elles ne sont pas seules. J’entends une voix d’homme pré pubère. Je commence à me dire que ça sent le rosbif et prie que le passage du mâle ne soit que temporaire…. Hélas jamais deux sans trois, je sens que cette journée loose va se clôturer en apothéose. L’anglaise située exactement sous mon lit superposé commence à se reproduire avec l’inconnu, faisant fi de toutes règles de vie en communauté.

Partagée entre l’envie de leur régurgiter des pancakes depuis ma tourelle, et celle de leur proposer de continuer leur affaire sur la terrasse puisqu’ils ne semblent pas gênés par leur pudeur, je suis sauvée par le gardien de l’auberge. On ne sait par quel miracle, celui-ci à du sentir l’excès de phéromones s’échappant de la chambrée et arrive, lampe torche au poing, en braquant son faisceau sur les deux animaux en coït. Il donne à l’homme deux minutes pour s’extraire, et surtout se vêtir, sinon il appellera la police. Hallelluya, je vais peut-être faire une petite offrande à bouddha dès demain matin.

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Les jours suivants se passent sans encombre, puisque de toute façon je pense avoir essuyé tous les plâtres lors de la première journée. Lecture, shopping, massages, piscine, mer, sushis, je profite de ma solitude pour faire ce qui me fait plaisir et me reposer.

Même si je ne me suis pas ennuyée pendant ces quelques jours, je dois avouer que 15 jours seule me sembleraient très long, c’est donc avec grande joie que j’apprends que ma petite sœur va me rejoindre pour une dizaine de jour !

Parce qu’être seul, c’est bien, mais à deux, c’est mieux !

PS : Comme je ne suis pas chinoise, et que par conséquent je n’ai pas de perche à selfie, je n’ai pu illustrer cet article avec des photos de monzigue.

5 réflexions sur “Time to be alone !

  1. vaty dit :

    Un pur régal que de lire ce chapitre qui donne trop envie de découvrir la suite ! J’ai l’impression d’avoir un bon bouquin, et de craindre l’arrivée de ma station de train qui va m’obliger à le refermer …
    Faty

  2. Flanchon dit :

    Uber + Flaque + Endive Porno … t’es la meilleure … Seule ou à deux , tu n’as en tout cas pas le droit d’arrêter ces merveilleux articles, si bien écrit. Vraiment merci, je rigole seul dans mon lit. ( de type double , pas de type dormitory / #jaipasletempstulesais

  3. Tatie vavé dit :

    Quand je pense que tu rates la coupe d’Europe … Les bras m’en tombent 😂😂😂 don’t worry .. be happe ma nièce Warrior 👏🏻👏🏻👏🏻😘 j’adore votre/ ton voyage de rêve

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