Cochin comme cochon

C’est a Cochin (ou Kochi, voire Ernakulam ; choisissez votre nom préféré) que nous avons décidé d’écrire sur une des choses qui nous déstabilise le plus lors de nos voyages : la pollution.

Kochi donc pour la décision, mais bien plus tôt pour le constat. On attendait simplement que notre audience égale celle du Monde avant d’aborder des sujets si importants …

Que constate t’on alors en voyage dans un pays comme l’Inde (c’était aussi vrai au Cap Vert et au Sri Lanka notamment).

Et bien on constate surtout une chose : C’est dégueulasse !

Pollution dans la rue

Partout les déchets s’amassent. On croise des sacs plastiques, bouteilles et autre emballages partout dans les rues, dans les caniveaux, sur les trottoirs, dans les fossés, les cours d’eau, la foret, les lacs, partout !
Naturellement ça pue assez souvent …

Ce sont sûrement les plages qui choquent le plus. Elles centralisent pas mal de ces déchets via les cours d’eau puis les les vents, vagues et marrées qui les renvoient vers le bord.

Secret de photographe : pour prendre une photo qui vous fasse un tantinet rêver, on est quasi systématiquement obligé de réfléchir au cadrage pour éviter les ordures … Ne vous étonnez pas de voir plus de ciels que de sols…

La "face cachée" des filets de pêche de Cochin

La « face cachée » des filets de pêche de Cochin

Donc l’Indien vit dans le merde. Mais qu’est ce qui l’y pousse ?

Il y a la personne qui jette ses déchets à la poubelle mais qui ira ensuite la déverser dans la rue ou dans un champ. Il y a la personne qui ne pousse pas le raisonnement jusque là et qui jette directement tout ce qui l’importune au sol. Sans gêne, sans même se poser aucune questions ; c’est totalement « normal ».

Brûler ses déchets en Inde pour faire disparaitre la pollutionDans tous les cas, si la vue des déchets devient dérangeante, on les entasse puis on y met le feu. L’odeur de plastique brûlée devient habituelle pour nous tant elle est régulière. On croise le long de chaque rue des petits feux ou des endroits où le sol est noirci, comme pour nous rappeler cette belle pratique.
Les déchets te dérangent ? Mets y le feu : leur vision s’évapore dans l’atmosphère, comme leur caractère polluant d’ailleurs… Problem solved !

On parlera rapidement de la pollution liée aux véhicules. Ici énormément roulent au gazole et sont de plus vieux et mal entretenus. Les gaz prennent rapidement a la gorge dans la villes, rendant une petite ballade si désagréable qu’on en vient à regretter d’en avoir eu l’idée…

Ne parlons pas de l’industrie et de ses usines qui rejettent leurs polluants sans aucun filtres. D’abord les visites d’usines ne font pas partie de notre circuit touristique, ensuite la question a largement été abordée à la Cop 21 si utile et ensuite, il est difficile de se faire donneur de leçons sur ce point. (Malgré tout c’est sûrement là que l’impact global est le plus important).

On parle donc de ce qu’on voit. De la pollution urbaine et du comportement qui va avec.

Le problème, avant d’être économique, (c’est vrai qu’il faut de l’argent pour mieux gérer son impact) nous apparaît essentiellement culturel.

L’Indien, comme d’autres d’ailleurs, n’en a simplement rien à foutre. En vérité je crois qu’il n’a même pas conscience que c’est mal.

Un petit étang en Inde ? non une poubelle

Pire, là ou pourrait taxer chez nous la sensibilité à l’environnement de « problème de riche », ici c’est l’inverse. C’est par la consommation que l’on expose sa réussite. Plus on gagne, moins on marche et plus on consomme de manière ostentatoire.
Au lieu de se rapprocher de son panier bio issu de l’agriculture locale, ici le riche de base, on en a aussi, rêve de grosse bagnole, de gadgets en plastique chinois inutiles, de grosse montre et de gros portable. La richesse s’exprime dans la consommation.

C’est donc malheureusement les aspects culturels et les habitudes qui en découlent qui semblent être les plus problématiques.L’industrie c’est une chose, et pas des moindres. Malgré tout on ne voit pas comment, dans ce climat de pensées, les choses pourraient être amenées à changer …

Un personne expliquera :

– la pollution c’est naturel.
– ah bon ?
– et bien oui, la pollution émane de l’homme, l’homme est naturel donc la pollution aussi. En Inde il y a beaucoup d’hommes donc beaucoup de pollution.

Merci pour cette leçon, c’est vrai que tout devient logique maintenant …

4 réflexions sur “Cochin comme cochon

  1. Wurst dit :

    Hélas tout cela est tellement vrai , j’ai pu le constater dans tellement d’endroits , au Sénégal , même en Italie au sud de Naples où les plages étaient dans un état catastrophique. Alors en Inde j’imagine même pas !
    C’est sur que la solution ne peut passer que par l’éducation ,mais il y du boulot , car quand on vit dans la misère on ne doit pas trop penser à l’environnement .

  2. Claude dit :

    Salut les jeunes, première visite sur votre blog. J’ai l’impression de voyager un peu aussi… il faudrait vraiment que je reparte un jour.
    Merci et continuez de poster ….

    • get_another_life dit :

      Hello Claude,
      Merci pour ton commentaire encourageant. Ça fait plaisir aussi de savoir que ça te plaît.
      On va continuer des poster en faisant avec les aléas du wifi.
      Bises

  3. Ame dit :

    Je fais le même constat au Maroc. Je crois que dans les pays où la préoccupation quotidienne est de se demander comment on va nourrir sa famille, la considération environnementale passe au second
    plan… Et est même inexistante! Personne n’explique aux populations les impacts des déchets sur leur vie quotidienne, le futur de leurs enfants, la qualité de l’air, de l’eau, des cultures… C’est tellement abstrait! On peut leur jeter la pierre… Ou aussi accuser les pouvoirs publics qui ont toute la connaissance nécessaire et l’analyse des pays « développés » pour savoir ce qui les attend dans quelques années!!

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