Badami de pain

Mes chères compatriotes,
(on est à court de formules pour commencer les articles)

Nous venons de quitter une ville des plus déstabilisante dont on doit vous parler.
On nous avait dit que Mumbai n’était pas représentatif de l’Inde ; on l’avait compris pour Goa et Hampi.

Nous voici maintenant dans un autre monde : Badami.

Après 6h de trajet en bateau, à pieds puis en enchainant 3 bus, nous sommes dans ce qui nous apparaît comme le trou de cul de l’Inde (même s’il y a sûrement bien pire).

Ici les porcs côtoient les poules qui vivent entre les vaches et les chiens qui, vous l’avez compris, ne sont jamais loin des hommes.

image
Mettez tout ça dans une même rue (c’est charmant un village rue), ajoutez énormément de trafic, un bruit de klaxon continu (et horrible) et énormément de poussière (ils ne la balaient pas la terre battue par ici) ; vous avez maintenant une petite idée de la ville où nous séjournons.

Donc un village rue, sans charme, sale et bruyant. Le rêve !

Sans compter sur le fait qu’il n’y avait ni wifi (#howardjegado), ni viande dans les restaurants, vous ne voyez pas le  rapport… Nous non plus !
On va essayer de vous décrire notre impression le mieux possible.

Avez-vous vu le film Interstelar? Pour ceux qui ne l’auraient pas vu, il s’agit d’un film dans lequel la terre n’est que poussière.
Il est impossible de mettre la table plus d’une minute avant de manger sous peine d’avoir une petite plage de sable dans son assiette. Voilà le premier ressenti que nous avons eu en arrivant dans cette ville.
Un nuage géant de poussière et de klaxon, soit, un vrai plaisir.
Cette impression s’est rapidement  confirmée par la suite, lorsque nous nous sommes rendu compte que tous les habitants, soumis à une tempête de sable continuelle, avaient la fâcheuse habitude de tousser et de cracher des mollards à tous les coins de rues. Notre deuxième impression fut, logiquement, de se dire que cette ville était en fait un sanatorium géant. Et triste sort, qu’Héléna se retrouvait à nouveau entourée d’un foyer actif de tuberculeux.

On vous rassure, il n’en était rien.

imageL’Inde est décidément le pays des contraste. La beauté de la ville n’a d’égale que la gentillesse de ses habitants.
Ici tout le monde veut nous aider, ils sont tous extrêmement intéressés ; comme si on était les seuls blancs qu’ils n’avaient jamais vu (c’est vrai qu’on n’en a pas croisés beaucoup).

 

 

Quelle scène lorsque nous nous sommes « aventuré » dans les petites rues du village (en y regardant mieux il n’y a avait pas que la rue principale). Tous les enfants criant à nos trousses, puis en réunion de rue impromptue. Discussions, rires et photos, beaucoup de photos… À priori nombreux d’entre eux ne s’étaient jamais vu sur un écran.

image

image

Vous connaissez la sensibilité de madame au genre humain et son amour des enfants. On la surnomme coeur de pierre, mais lorsque qu’on s’est aventuré au milieux de ces petites ruelles et nous sommes retrouvés au milieux de dizaines de fillettes le sourire jusqu’aux oreilles, je dois vous dire que l’émotion nous a pris de court.

Même si les fillettes ont essayé de force de nous emmener dans leur maison pour déguster une banane. Ceux qui connaissent Héléna reconnaîtront sa phobie de l’ingrédient. C’était si horrible de dire non ; c’est comme si elles voulaient partager avec nous le peu qu’elles avaient  sans pouvoir comprendre qu’elle eusse préféré avaler une migale vivante que d’approcher de trop près le fruit défendu.

image

Nous avons eu tellement de joie à nous parler, à partager avec elles, à prendre des photos et à discuter avec les plus grandes qui traduisaient pour les plus petites.
Ce moment à été un véritable rayon de soleil au milieu de cette ville si épuisante.

Ils nous on fait promettre de leur envoyer les clichés, par la poste bien sûr… Helena était parfaite dans le rôle de grande soeur.

image

 

imageThib a ensuite signé son premier autographe, au Pablo Escobar local d’ailleurs. Lui qui avait l’air si dur entouré de sa clique s’est montré plus souriant qu’un gamin chez le marchand de bonbons lorsqu’il nous a abordé en plein repas. « You are stars because you are visiting Badami ! » OK.

 

imageEnfin, le clou de la visite, le but initial de notre épopée : les grottes (temples creusés dans les roches), le lac et le fort.

Calme et quiétude remplacent alors l’oppression de la grande route. Enfin, le calme jusqu’à la prochaine émeute selfies.

 

 

image

Nous avions prévu d’annuler nos visites en périphérie pour repartir plus vite de la ville. La tourista aidant, nous y avons séjourné un jour de plus …

A grande mégalopole facilitée de transport. C’est un trajet de bus de 14h qui nous permet de repartir. Pour une nuit étape à Bangalore d’abord pour une arrivée attendue à Mysore le lendemain.

Bon courage pour ce lundi matin.

image

17 réflexions sur “Badami de pain

      • Coco dit :

        Comme je te comprends Helena ! Moi c est pas seulement les bananes c est tous ces horribles fruits dégoûtants 👹
        Votre blog est super, je suis une fan assidue et inconditionnelle

        La marraine

        • get_another_life dit :

          Merci!! Il y a d’ailleurs un nouveau fruit que je viens de repérer je pensais que c’était des pomme de terre mais c’est un fruit ha-ha ça donne pas trop envie

  1. Chantal dit :

    Très émouvant ce nouveau post avec toutes ces photos d’enfant ! Je comprends quelle joie vous avez du éprouver , c’est la chaleur humaine sans artifices ! Et ce n’est que le début de votre voyage …

  2. joelle dit :

    Belle expérience de voyage.
    Ils sont trop beaux tous ces enfants et pas poussiéreux pour 2 sous.
    Prochaine étape Mysore, temple du yoga de Krishnamacharya !! Ca se mérite.
    Bon chemin jusqu’à Mysore.

  3. Cam dit :

    Que rajouter à ces commentaires , en le lisant j’avais les larmes aux yeux et je ressentais sur moi , un brin de vent et de poussière , les experiences humaines vont se suivre et seront toujours des moments forts .
    Je pense qu’Helena ne trouvera pas de fraises , on est sauvé
    Bises

  4. Cac dit :

    Vous allez revenir avec 3 petits indiens tels Brad et Angelina, le voyage viendra à bout du cœur de pierre de Manène et peut être meme de sa phobie bananesque j’en suis sure ! J’aime déjà mes petits futurs neveux et nièces, je suis déjà en quête de leurs patronyme (le Mikoku à l’indienne)

  5. ta couzine qui t'envie dit :

    Ca donne envie! Merci de faire partager tout ca c’est vraiment génial! Vous ensoleillez mes debut de journée au boulot 😉
    Et comment va la plongée?
    Pour la tourista, petit dicton de Léa en Asie: quand le smecta ne suffis pas, boit l’eau du riz

    • get_another_life dit :

      Pas de plongée pour le moment ; l’Inde n’est pas l’endroit le plus approprié pour ça à priori.
      Sinon Héléna se plaît, on a 15kg de médocs mais on a oublié le Smecta 😀 ce sera donc l’eau du riz 🙂

Les commentaires sont fermés.