3 jours, 2 nuits

3 jours de trek, pas de douche, deux nuits dans des huttes en bambou et 67km de marche. Voilà ce pour quoi nous nous engageons, lorsque oncle sam, une tortue birmane de 83 ans, et, à ses heures gourou des montagnes, nous expose notre trekking.

État des lieux du groupe prè-trek :
Niveau sportif : -12;
Nombre d’heures maximales endurées sans douche : 24h
Dernière marche de plus de 12h effectuée : jamais
Confiance en soi pour accomplir le trek : -12 000!!!

À tout hasard, nous choisissons de partir avec une autre famille française, Michel et Micheline, accompagnés de leur fille Jeanine (pour des raisons de confidentialité nous sommes obligés de modifier les prénoms initiaux).

Voilà pour le contexte.
Pour l’État d’esprit, figurez-vous vous que mon sac décathlon d’une valeur marchande de 3€, ne fait que 10 littre de contenance. Enlevez la place d’une bouteille d’eau et d’une liquette, il me reste globalement de la place pour 3 culottes, 2 paires de chaussettes et 10 sachets de smecta (dans le doute…).

image

À peine partie, je me visualise déjà tel le maillon faible du groupe, patte folle traînant à l’arrière, cellulite au vent et poumon en surventilation maximale au moindre dénivelé.

Mais comme le dirait docteur Alban « Sing Halleluya…. », le sort en décida autrement, car j’avais trouvé plus faible que moi.
Michel second mâle du groupe, affublé d’une demi ampoule et d’un appendice ventrale proéminent, prit de lui même la place du martyre, me déclarant ainsi, malgré lui, le Ussian Bolt du trek.
C’est vous dire la vitesse moyenne du groupe.
image

Le jour 1 se passe donc sans encombre pour notre team, et nous arrivons chez Chopi et Tony nos hôtes du soir. Le petit couple, âgé respectivement de 85 et 73 ans (et oui, Chopi est une cougar), nous accueille avec un grand sourire et une bolée de gentillesse.
Bon d’accord, leur sourire se compose d’une dent chacun, et alors, ils étaient trop mignons!
Pour vous décrire un peu plus Chopi elle ne se tenait debout qu’à 90 degrés, faute d’une vie passée dans les champs.
Et Non je ne ferai pas de blague graveleuse sur la position de Chopi et sa bouche mono-quenotte, car c’est bien une vie dans les champs qu’elle a endurée, et non une vie à satisfaire Tony…
Ok désolée je l’ai faite.

image

Nous passons une très bonne soirée accompagnée d’un bon repas cuisiné par notre cook : coco. Je me suis même risquée, dans un élan de bravoure, confortée pas ma possession en quantité indécente de smecta, à la salade de laitue et cacahuètes lavée à l’eau du puit. Thib, ce héro, partageait pendant ce temps un verre de gnôle locale avec Tony au coin du feu.

Je vous épargne la scène de Michel et Micheline soignant leurs ampoules sur la table du repas sur fond de drame conjugale « Mais Micheline tu n’as pris que 3 compresses, mais comment on aurait fait si je m’étais ouvert la jambe ».

Suite à cette délicieuse pitance, nous voilà partis pour une nuit en mode poney club chez l’habitant. Je vous avoue qu’à ce moment là une compétition internationale de shi-fu-mi se joue dans mon ventre : eau du puit – smecta – riz blanc. Les « toilettes » (le trou) étant situées à 100 mètres de la maison et au millier d’un champs de buffle, je prie très très fort pour la team Smecta-Riz.

Jour 2 :
Nous voilà repartis tels des cabris sauteurs sur les chemins de Saint Jacques.
C’est la matinée salon d’orientation pour Thibaud qui s’essaye à la récolte du blé, au sciage de bois et au tissage de panier en bambou.

image
4h de marche plus tard, et après avoir failli perdre Michel mâle une bonne dizaine de fois, avec son rythme de buflon neurasthénique, nous splitons le groupe en deux : chemin court pour les ancêtres et piste longue pour les guerriers, c’est à dire nous.
Petite pause baignade et shampoinade dans une rivière locale : « après l’effort, le réconfort ».
Je ne précise pas que le shampoing local s’appelle palmolive (pour rappel c’est notre liquide vaisselle).
Nous testons même de nouvelles pistes de randonnées avec notre guide.
Arrivé au village en fanfare, accueillis par un concerto d’enfants en train de jouer du maracas bambou, nous arrivons chez note nouvelle famille d’un soir.
Thib imperturbable tente une douche en se dirigeant dans l’enclos à buffle avec sa serviette…Personnellement je me fais bien à la saleté mon chignon tient seul sans élastique.

Jour 3 :
We did it !!!
Arrivée au lac inle avec notre sublimo chapeau pliable et 19h de randonnée dans les mollets, à ce moment là, je me sens un peu comme un héro ramazoti.

Fish Kiss
image